DES MAMMIFÈRES RUMINANTS
OU yachf est nourri en domesticité dansleThibet; sa queue fait l'ornement des pachas, qui en font porter un certain nombre devant eux, suivant le rang qu'ils occupent dans l'État. Ces queues sont ordinairement blanches , garnies de très-longs crins. Enfin, les buffles, qu'on rencontre en Asie, en Afrique, et qu'on élève aussi en domesticité , sont de couleur noire , et leurs cornes, couchées sur les côtés de la tête , sont très-larges à la base.
4265. Les chèvres ne diffèrent guère des brebis que parce qu'elles ont une barbe sous le menton. Leurs mâles s'appellent boucs ; ils portent une odeur très-désagréable. Les chèvres préfèrent les montagnes, elles sautent très-adroitement dans les lieux les plus escarpés, elles sont très-vives. On les élève en domesticité , principalement pour en avoir le lait , avec lequel on fait un fort bon fromage. Certaines variétés ont un poil soyeux et très-long, dont on fait diverses étoffes. Le poil dit de cachemire provient d'une variété de chèvre du Thibet. La chèvre dite d'angora, fournit une sorte de lainage doux ; on en fait des camelots et d'autres étoffes de laine d'un tissu très-fm. Leur peau est mince et solide; on la tanne pour en couvrir les souliers, et pour en faire du maroquin. Le bouquetin est une espèce de chèvre sauvage; on en rencontre quelques-uns sur les Alpes ; les cornes sont beaucoup plus grosses et plus longues que celles des chèvres (PI. V, fig. 24).
1266. Le mâle de la brebis se nomme bélier (fig. 9), quand il n'a point été châtré, car alors il prend le nom de mouton. Les jeunes béliers et brebis se nomment des a^necrtw:. On ne connaît plus cette espèce dans son état sauvage. On l'élève en troupeaux nombreux pour en obtenir la toison , qu'on tond tous les ans, et dont les poils fiisés se nomment laine. Après avoir trié, lavé ces poils avec une sorte de savon pour les dépouiller d'une matière grasse et sale, qu'on nomme le suint , et qui en augmente quelquefois le poids de moitié, on en fait des étoffes, des draps; on en bourre les matelas. Leur graisse, blanche et cassante, sert principalement à faire de la chandelle; leurs intestins nettoyés, roulés et desséchés, font des cordes à boyaux. Les brebis à laine très-fine sont nommées mérinos. Autrefois leurexporlationétaitdéfendue en Espagne. On nourrit
%M DBS MAMIOFERgS PACBTDERMSS.
en Barbarie et en Egypte une espèce de brebis dont la queue est très-grosse et la laiue peu frisée» mais dont la chair est agréable au goût. Un bélier ordinaire suffit à cent femelles; il u*y en a ordinairement qu'un seul pour chaque tioupeau. Ces animaux passent pour stupides ; ils ne vivent qu*une quinzaine d'années : leur voix se nomme bêlement; elle est très-mono- U>ne; On connaît six ou sept variétés distinctes ou races de brebis. Les unes ont des cornes; les autres en sont privées; quelquefois il n'y a que les mâles qui en ont, c'est même le cas le plus ordinaire. Les moutons de Perse el d'Asie ont en général une très-grosse queue, à la base de laquelle il se développe une énorme pelotte de graisse. Dans les Indes et en Guinée une aulre variété a la queue très-longue, les oreilles pendantes ; leurs poils ne sont pas de la laine et ils n'ont pas de cornes. En général , les moutons du Midi , et surtout la variété espagnole , dite mérinos^ ont une laine plus Ane et plus frisée que ceux du Nord.
iWl. Sous le nom de Pachydermes (PI. IV et Y), qui signifie cuir épais, on a réuni tous les mammifères qui ont plus de deux doigts, dont chacun est protégé à son extrémité parus sabot de corne. La plupart ont des incisives à l'une et à l'autre mâchoire; souvent de longues laniaires et des molaires plates. Ils se nourrissent le plus ordinairement de substances végétales, mais leur estomac est simple ; ils ne ruminent pas; leur ventre, comme dans tous les autres animaux à sabots, est trèsgros, et renferme des intestins longs et volumineux. Le nombre et la position de leurs mamelles varient. On les a distribués en cinq genres, d'après le nombre des sabots qu'on remarque autour de leure pieds. Tous ne comprennent que très-peu d'espèces : les éléphants ont cinq sabots à tous les pieds (PI. IV, Hg. 15, ce); les hippopotames et les cochons n'en ont que quatre (PL V, fig. 2); et dans ce dernier genre deux doigts seuleraent posent sur la terre ; les tapirs en ont quatre devant et trois derrière (fig. I, a, 6); enfin, les rhinocéros n'en ont que trois à chaque pied.
1268. On ne connaît maintenant que deux espèces d*é!é^ phants, l'un d'Asie ou des Indes, et l'autre d'Afrique. Elles ont beaucoup de ressemblance, et ne diffèrent guère que par les preilles et les dents molaires ( PI. IV, fig. 15^ d'Asie, et Pi. V,
DES MAimiFÈRES PACW0ER1IE$. 9d$
fig. 14 d'Afrique). Ces animaux se distinguent de tous ceux de cet ordre, parce qu*ils n*out pas d^incisives proprement dites, car les deux défenses qui en tiennent lieu , par la manière dont elles sont implantéesdaus la mâchoire supérieure, se recourbant en haut , ne servent point du tout à diviser les aliments (PI. IV, fig. 16). Les éléphants ont le cou trop court pour pouvoir atteindre leurs aliments avec la tète. La nature semble avoir pourvu à cet inconvénient, en prolongeant leur nez, ou les tuyaux de leurs deux narines, très-llexibles, par un appendice faisant Toffice d'un doigt. C'est une trompe charnue, mobile et sensible, qui leur tient lieu de main , et avec laquelle ils peu* vent satisfaire à tous leurs besoins (PI. VI, fig. 15, a). La peau de Télépbant est de couleur grisâtre, garnie d'un petit nombre de poils; elle est rude au toucher, grenue, comme gercée et très-épaisse : sa queue est longue, conique, sans poils (PI IV, fig. 13, (). Ces animaux ne perpétuent que très-rare* ment leur espèce lorsqu'ils sont en domesticité. On les dompte lorsqu'on les saisit jeunes; Us deviennent alors assez dociles pour être employés aux transports. On les charge d'un poids de cent myriagrammes, et on leur fait parcourir, sans trop les Êttiguer, un trajet de soixante à quatre-vingts kilomètres. Ces animaux nagent très-bien ; ils vivent à peu près deux cents ansu On n'est point encore parvenu à dompter l'espèce d'Afrique. Ce sont les dents d'éléphant qui fournissent le véritable ivoire^ on le reconnaît aux lignes courbes losangiques que présente ]^ tranche lorsqu'elle est polie. On nomme ivoire vert celui qui a été obtenu de l'animal immédiatement après sa mort; il est plus estimé que l'autre qui provient de défenses trouvées longtemps après avoir été séparées de l'animal. On dit que le premier est moins sujet à jaunir. L'ivoire ou les morceaux de cette substance osseuse, brûlés sans le contact.de l'air, fournissent un charbon animal du plus beau noir, qui est employé avec succès par les peintres.
1269. Le nom d'hippopotame, qui signifie cheval de fleuve, a été donné à une espèce de mammifère que les Grecs paraissent avoir décrit. Cet anim;il a quatre incisives arrondies à l'une etàTautre mâchoire, et deux ianiaires, dont les inférieures sont plus longues et courbées en dedans (PI. V, fig. 5). On se sert