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de Tivoire que fournissent ses dents pour les sculpter et leur donner la forme des dents humaines; on les préfère même parce qu'elles jaunissent moins et sont plus dures que les autres dents artiflcielles. Ses mamelles sont inguinales, comme celles des iniminants, et son estomac est aussi composé de plusieurs loges. Il se trouve sur les bords des grandsfleuves du sud de l'Afrique, et il se nourrit de végétaux; aussi Ta-t-on désigné sous le nom de vaeh$ du Nil ; il est aussi gros que Téléphant , mais beaucoup plus bas sur ses jambes ; ses pieds n'ont que quatre sabots. Son poids s'élève à près de deux cent cinquante myriagrammes. On ne l'a point encore dompté.
1270. On reconnaît les cochons à leurs quatre sabots, dont deux seulement portent sur la terre lorsque l'animal marche , et qu'il n'est point fatigué (PI. Y, lig. 2}. Tous ont un groin ou un museau mobile et tronqué qui leur sert à fouir la terre. La plupart ont des dents incisives, dont le nombre varie, et des laniaires qui souvent sortent de la bouche, et servent de défenses (PI. y, flg. 7). Les principales espèces sont le sanglier ou le cochon sauvage, dont la femelle s'appelle laie, et les jeunes marcamns. Dans l'état de domesticité, cet animal change de forme ; ses oreilles surtout de viennent pendantes. On en connaît plusieurs variétés. On appelle le mâle verrat, la femelle truie^ et les individus de l'un et l'autre sexe, lorsqu'ils sont châtrés, sont nommés porcs. Il y a encore dans ce genre le pécari, le sanglier d^ Ethiopie, le hàbiroussaoxSi cochon-cerf, ainsi nommé parce que ses laniaires supérieures sont recourbées sur le front, et ressemblent, en quelque manière, au bois d'un cerf (flg.7).
1271. Le tapir ordinaire vit en Amérique : il ressemble beaucoup aux cochons; mais il marche sur quatre doigts en devant, et sur trois derrière. Son museau se prolonge en une sorte de trompe : il a dix incisives à l'une et à l'autre mâchoire, et point de laniaires saillantes (P. V, fig. 6). 11 vit en domesticité, et procure aux habitants de l'Amérique une nourriture trèssucculente. Il détruit les reptiles, et principalement les serpents venimeux. Il atteint la grosseur d'une génisse de quinze mois, et il pèse jusqu'à seize myriagrammes. On a découvert dernièrement aux Indes, dans les forêts de l'ile de Sumatra, une autre
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espèce de tapir plus grande, qui en diffère par la couleur dé la peau qui est d*un gris blanc sur le dos, tandis que le reste est noir.
1272. Le nom de rhinocéros, qui signifie nez cornu, a été donné à des animaux dont le nez est en effet armé d'une corne très-solide (PI. V, fig. 3), et dont les doigts de devant et de derrière portent trois sabots seulement. Ce sont de très-gros mammifères, moins élevés sur les jambes que les éléphants, mais presque aussi pesants. On n'en connaît que deux espèces : toutes deux sont sauvages. On n*est pas encore parvenu à les dompter. Ils aiment les lieux humides, et se nourrissent de végétaux. Ils ont une force extrême dans la corne, avec laquelle ils déracinent de très-gros arbres. Leur cuir est très-épais, presque nu, il forme des replis. Les deux espèces sont distinguées entre elles par le nombre des cornes. L'une, qu'on trouve en Afrique, en porte deux, dont celle derrière est plus courte. Elle n'a pas de dents incisives , ni de laniaires. L'autre espèce est d'Asie; elle n'a qu'une seule corne et quatre incisives (PL V, fig. 4). La substance de la corne est la même que celle des poils dont elle semble formée : il n'y a point de creux ni d'os dans son intérieur. On en fîiit des vases ornés de sculptures, des boites destinées à renfermer des parfums, des cannes, des montures de sabres : cette corne ressemble beaucoup à la matière des fanons de baleine. 11 en est de jaunâtres, de grises, à peu près transparentes, c'est une matière très-solide, souvent employée en France pour en faire des pommeaux de cannes, de cravaches et d'ombrelles.
1273. Presque tous les autres mammifères ont, comme nous l'avons vu, les doigts terminés par des ongles crochus; mais ils diffèrent entre eux par la forme et le nombre des dents. On a nommé Tardigràdes (PI. IV, fig. iO) les espèces qui n'ont point du tout d'incisives (fig. 11 et 12), et dont les doigts sont réunis jusqu'aux ongles, ordinairement très-allongés et en forme de crochets (PI. V, fig. 9, a,b). Leurs pattes de devant sont beaucoup plus longues que celles de derrière; leurs mamelles sont situées sur la poitrine; et, quoique leur estomac soit divisé en quatre poches, on dit qu'ils n'ont point la faculté de ruminer les végétaux doat ils se nourrissent. Ils ne forment
M* BBS MàlOai^RBS teSNTiS.
qu*ua seul genre, c*est celui des paresseux, qui ne comprend que deux espèces. On les trouve toutes deux en Amériqud. L*uDe a trois ongles à chacune des pattes, sa queue est trèscourte, et se nomme Vaï{iïg. 10); Tautre n*a que deux ongles aux pattes de devant; on ne lui voit aucune trace extérieure de la queue, et elle est appelée unau. Ces animaux grimpent sur les arbres, et se nourrissent de feuilles : ils ont beaucoup de pein0 à marcher sur la terre; on prétend même qu*ils ne peuvent faiim qu*une cinquantaine de pas en une journée. On a vu à Londres un individu endormi sous uire branche d'un arbre fort élevé , ayant le corps pendant et retenu par les pattes de devant et de derrière dans une position oblique. Leur voix est forte et lii*gubre. Leur tête arrondie ressemble un peu à celle des singes. Souvent ils s'accroupissent et croisent les bras sur la poitrine^ ils ont alors uue figure fort grotesque. On a trouvé au Pan^-r puay, près de Buénos-Ayres, les débris d'un très-grand anipial, voisin du paresseux, qu'on a nommé mégalhérium.
1274. Les ÉDENTÉs (PI. IV, fig. 1 à 8) ont reçu leur nom éie Fabsence totale des dents incisives et laniaires. On n'en trouve ^cune espèce en Europe; ils habitent l'Afrique, l'Amérique et la Nouvelle-Hollande. La plupart se nourrissent de fourmis pu d'autres petits animaux très-mous. Il en est qui n'ont point de dents du tout (PL IV, fig. 3), et qui font sortir de la bouche uap langue allongée, cylindrique, enduite d'une humeur visqueuse, sur laquelle les termites, les fourmis, les abeilles, et les autres insectes qui vivent en société, viennent se coller lorsque l'aai* mal plonge cet oi^ane au milieu d'eux. Voilà pourquoi, en gé-< néral , on a nommé ces animaux fourmiliers. Ensuite on a fait autant de genres qu'il y a de sortes différentes de téguments. Ainsi on appelle phatagins ou pangolins les fourmiliers dont le corps est couvert d'écaillés cornées, tranchantes, que l'anir mal peut redresser à volonté (PL IV. fig. 8 ). On n'en a encore observé qu'aux Indes et en Asie. On a laissé le nom de fourmi* tiers, proprement dits, aux espèces à museau prolongé qui ont le corps couvert de poils, et dont on a observé des individus en Asie, en Afrique et en Amérique. Cette dernière espèce, qu'on nomme tamanoir^ est un gros animal allongé, à pattes courtes, à pelage brun, avec une ligne oblique, noire, largs,
étendue de chaque côté sur les épaules, et une très-longue queue à poils pendants (PI. IV, ilg. 4). On a nommé oryelé" tope une espèce dont les ongles sont plats, et le corps couvert de poils; et on a appelé tatom (PI. IV, fig. S) et ckîamydophorês d'autres animaux qu*on trouve principalement dans TAménque méridionale, qui se creusent des galeries sous la terre, et dont le corps est revêtu d'une sorte de test osseux, divisé par bandes et par compartiments, comme un ouvrage de mosaïque. Tels sont ïevcouberl et Varmadillo.
1275. Deux genres bien singuliers par leur organisation, et qui n'ont été observés encore qu'à la Nouvelle-Hollande, doivent être rapportés ici sous le nom de Monotrèmes, qu'on leur a donné parce qu'ils n'ont qu'un seul oriiice pour la sortie des excréments, de l'urine et des organes génitaux. Ce sont les échidnés et les ornithorhynques. Les premiers, qu'on a nommés aussi fourmiliers épineux, parce qu'ils ressemblent par la tête à ces animaux, ont le corps couvert de poils et d'épines semblables à celles du hérisson ; ils ont comme eux la faculté de se rouler en boule. Leurs pattes sont courtes et à cinq ongles crochus, et propres à creuser le sol ( PI. IV, fig. 5, a, 6). Le second genre, celui de ï ornithorynque, n'a été placé que pro^ visoirement encore parmi les mammifères. Son nom, qui signifie bec d'oiseau, indique assez bien la forme du museau de ranimai (PI. IV, fig- 6, a, (). Il est aplati, couvert d une peau molle, comme dans les oies et les canards : ses pattes de devant sont très-palmées (PI. IV. fig. 5, a), celles de derrière le sont moins (b). Sa queue est très grosse, aplatie, couverte de poils (fig. 7J. Cet animal habite les eaux douces de la Nouvelle-Hollande. D'autres ont des piquants sur le corps, à peu près comra# les hérissons : on en connaît aussi deux espèces; elles sont de la Nouvelle-Hollande; on les désigne sous le nom d'échidnéê (PL IV, fig. 1, a, 6).
1 276. La famille des Rongeurs ( PL III, fig. 1 , 3 à 24 ) se compose de beaucoup de genres, qu'il est facile de reconnaître au premier coup d'œil, car le plus grand nombre présentent en ^vantdeux dents incisives tranchantes à l'une des mâchoires (PL Ui, fig. 3, 4, 5, 8), puis un intervalle sans laniaires, el des dents molaires plates (PL lU, fig. 9, 9\ 40). Leurs pieds 4s
derrière sont, en général, plus longs que les antérieurs. Ils se nourrissent principalement de matières végétales, et leur estomac est simple, quoique leur ventre soit trèç-gros et leurs intestins volumineux. Ils forment sept genres principaux, dont voici les caractères essentiels : les uns ont six incisives à la mâchoire supérieure (PI. III, ilg. i5), ce sont les kanguroos; les autres n*en ont jamais que deux, comme à Finférieure. Ceux qui o,nt le corps couvert de piquants sont appelés porcs-épics, les autres sont velus. Parmi ceux-là on nomme lièvres les espèces dont la queue est courte, très- velue, redressée (fig. 7) ; les dents incisives supérieures sont doubles, et elles sont seules dans ce cas. Ensuite on appelle castors les rongeurs qui ont la queue écailleuse , aplatie horizontalement; tous les autres ayant la queue autrement conformée. Ainsi les cabxais n'en ont point du tout, ou n'en ont qu'une très-courte, tandis qu'elle est longue dans les deux autres genres. Les écureuils^ par exemple, l'ont aplatie, très-velue dans toute la longueur, et leurs dents incisives inférieures sont comprimées, tandis que les rats présentent des caractères opposés.
i277. Les kanguroos sont des animaux de la Nouvelle-Hollande ; ils n'appartiennent à l'ordre des rongeurs que par la mâchoire inférieure (PI. III, fig. 12) et par l'absence des dents laniaires , car ils ont six larges incisives à la mâchoire d'en haut (PI. II[, fig. 13). Tous ont les jambes de devant si courtes, qu'elles servent très-peu à la marche (PI. XUI, fig. 18, a, b). On y voit cinq doigts garnis d'ongles anguleux et crochus; mais leurs pattes postérieures n'ont que quatre doigts; elles sont d'une grande longueur et ont beaucoup de force, ainsi que leur queue, qui leur sert comme d'une cinquième patte. Les femelles ont sous le ventre une sorte de poche où sont placées leurs mamelles; elles y déposent leurs petits aussitôt qu'elles les mettent au monde. On en connaît maintenant plusieurs espèces; l'une est nommée kanguroo géant ou mouton sauteur : sa tète ressemble à celle d'une biche ; sa queue e^i presque aussi longue que son corps : l'animal s'appuie dessus, et s'en sert comme d'un pied ( PI. III, fig. 16 )• Les autres espèces sont plus petites» il y en a même une qui n'est pas plus grosse que notre lapin ordinaire; on l'a nommée philandre.
1278. Le seul nom de porcs épies ou porle-épines indique le caractère de ces rongeurs. On en connaît plusieurs espèces. On nomme Tune à crinière; elle vit dans les régions tempérées de Tancien continent , et principalement dans le midi de l'Europe; tout son corps est couvert de long piquants , annelés alternatif ment de brun et de blanc ( PI. III , fig. 24 ) , dont les peintres se servent pour faire des entes à leurs pinceaux; sa queue est courte et supporte des tuyaux vides, tronqués, portés sur un pédicule élastique. Lorsque l'animal meut cette queue, il fait sonner les tuyaux, et lance souvent à une grande distance Turine qui y pénètre. Une autre espèce, qu'on nomme coendau ou coendou, se trouve principalement au Brésil. Sa queue, qui est très-longue, sert à l'animal pour s'accrocher aux branches. Les piquants de son corps sont courts. La chair de ces deux rongeurs est très-bonne à manger.
1279. Le genre cabiais comprend plusieurs espèces qui toutes ont le corps ramassé, le poil court, luisant, les oreilles presque nues, arrondies, les cabiais ne grimpent point, et ils courent sans sauter. Quelques-uns paraissent avoir plutôt des sabots que des ongles (PI. III, fig. 15, a, b). On les a divisés en deux sous-genres. Les cabiais proprement dits, qui n'ont point de queue, et les agoutis qui en ont une, mais très-courte. Ils sont tous originaires d'Amérique. Celui qu'on nomme vulgairement cochon d'Inde vient aussi du Brésil : on l'élève en domesticité. Il est ordinairement de trois couleurs, blanche, noire et rousse, distribuées par grandes taches. La femelle est très-féconde; elle fait des petits tous les quarante jours. Un mâle suffît à douze femelles; leur voix est une sorte de piaulemeni ou de sifflement.
1280. On trouve des espèces du genre lièvre dans toutes les parties du monde, et on les reconnaît à leurs dents incisives supérieures, qui sont comme doublées par d'autres destinées à remplacer les premières lorsque celles-ci viennent à se rompre (PI. IIl, fig. 8). On les a aussi divisées en deux sousgenres : celles qui ont les pattes de derrière beaucoup plus longues que les antérieures, conservent le nom de lièvres (PI. lil, fig. 19) ; et celles dont les pattes sont à peu près égales en longueur, sont nommées lagomys. Le lièvre timide^ dont la fe-
%î^ W& MAMMIFÈRES AONGEdR^.
melle s'appelle hase y et les jeunes, levrauts^ est un animal de plaine. Il reste couché, pendant le jour, dans un creux, à la surface de la terre : c'est ce qu'on nomme son gite. 11 ne mange guère que de nuit : il a la vue et Toule excellentes. Le lapin est une autre espèce qui vit dans les bois, où elle se creuse des terriers. On élève cet animal en domesticité : on en voit de toutes couleurs; la variété dite é* Angora a le poil long et soyeux. Les poils des animaux de ce genre servent à faire des feutres ou <|es chapeaux : la peau elle-même est recherchée pour la réduire, par la cuisson , en une sorte de colle commune employée dans la peinture des bâtiments. La chair du lapin est trè^estimée; on la mange avec le sang : c«lle du lièvre est noire, celle du lapin est blanche (i).
1281. Le caêlor ou bièvre était autrefois, à ce qu'il parait, fort commun en Europe; mais on en a presque détruit l'espèce. On reconnaît facilement cet animal à ses pattes de derrière palmées (PI. III, fig. 17}et à sa queue déprimée ou aplatie horizontalement, comme couverte d'écaillés (PI. III, fig. 20). Il est relégué dans les parties les plus froides des deux continents : il recherche principalement les bords des lacs et des fleuves dont le courant est peu rapide; il se nourrit de racines et d'écorces; il nage et plonge très-bien. Ordinairement, et lorsqu'ils ne sont pas trop inquiétés par les hommes, ces animaux vivent en société : ils construisent en commun des habitations souterraines dont l'architecture est admirable : sûreté contre l'attaque, solidité intérieure, distribution commode de^ pièces, tout paraît avoir été prévu dans ces sortes de villes souterraines construites par les castors; mais on leur fait une guerre continuelle de destruction pour se nourrir de leur chair, qui est excellente, surtout celle de la queue, et pour obtenir leur fourrure, dont les poils soyeux, quoique courts, et cachés comme un duvet sous d'autres plus longs et trop roides, sont
(t) Les lapins blancs ont les yeui routes : ils sont dans un éiat de maladie qoi se propage par la génération. On connaît beaucoup d'exemples analogues chez les animaux : ainsi, parmi les oiseaux , il n'est p<is rare de voir de ce> variétés, principalement chei las hirondelles , les pies, les merles, les alouettes, etc.; tels sont encore les souris blanches, les Tureis. Enlin, les albinos, les dondos, les chacrelats, les nègres blancs, sont, pour l'espèce d« rhomme^ des individus semblables.
DEà MAMiUlFÈRËS RONGEUR^. Slt
principalement recherchés par les chapeliers, qui en font des feutres fins et solides. Le mâle et la femelle portent en outre une sorte d'onguent musqué dans une poche particulière située sous la queue ; c*est ce qu'on nomme le casiormm : autrefois on s'en servait beaucoup en médecine.
1282. Les écureuils forment un genre très-nombreux en espèces; on en trouve dans toutes les parties du monde. Ce sont de }olis petits animaux, très-remarquables par leur propreté, leur adresse et la finesse de leurs poils. La plupart vivent sur les arbres; ils se nourrissent de fruits et de graines, dont ils font des provisions; leurs dents incisives inférieures sont pointues, étroites et comme comprimées, et leur queue est garnie de poils longs, disposés sur deux rangs (PI. III, fig. 22). On les a séparés en deux sous-genres : ceux qui ont des membranes telues, étendues de chaque côté entre les pattes, et servant comme de parachutes lorsqu'ils se précipitent du haut des arbres , se nomment polaiouches ; et ceux qui ont les flancs arrondis sont les véritables écureuils. C'est parmi ces derniers qu'on a placé l'écureuil ordinaire ; sa couleur est d'un roux foncée mais celle de la queue est toujours semblable au dos, et ses oreilles sont terminées par un pinceau de poils. La fourrure qu'on appelle pe/if-flfm, et qui nous vient d'Amérique, a été enlevée à un animal de ce genre.
1283. Linné avait réuni, sous le nom de rats, toutes les espèces qui n'avaient pu entrer dans les genres précédents; mais depuis on les a divisées en cinq ou six groupes , principalement d'après la forme des dents. Ainsi on a nommé marmoltes les espèces qui ont des molaires presque plates, tuberculées (PI. III, fig. li), le corps ramassé et la queue très-courte : campagnols et ondatras^ celles qui ont les molaires sillonnées et la queue longue. Toutes les autres espèces ont les dents molaires échancrées; mais les unes portent une queue longue; d'autres en ont une très-courte, ou n'en ont point du tout, comme les hamsters et les ratS'laupes ou aspafaœ. Ceux de ces animaux qui ont une queue longue sont appelés rats^ loi-sque leur queue est écailleuse, presque sans poils (PI. IH, fig. 21, 21', a); quand leur queue est très-velue, on les nomme loirs, si leurs pattes sont à peu près égales; et gerboises si celles de devant sont
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excessivement courtes, en proportion de celles de derrière.
1284. Les gerboises, qu'on a aussi nommées dipodes ou rais à deux pieds^ ressemblent un peu aux kanguroos par la forme générale du corps, et par la singulière disproportion des membres (PI. III, fig. 18, a, b); mais ce sont de véritables rongeurs. Leur longue queue est garnie d'une touffe de poils à la pointe : elles ne marchent que par sauts ; elles se creuseot des trous sous la terre, et ne sortent que de nuit. Les principales espèces ont été observées en Afrique. Les loirs, ou rats d nés pointu^ ne diffèrent des gerboises que parce que leurs pattes sont égales : ils grimpent parfaitement aux arbres, et se nourrissent de fruits, qu'ils portent à la bouche avec les pattes de devant; ils s'engourdissent l'hiver. Les principales espèces connues en France sont le loir proprement dit, qui est tout à fait gris en dessus et blanc en dessous; le lérot, qui est aussi de couleur grise, mais avec une tache noire autour de l'œil et derrière l'oreille ; et le muscardin ou croque-noisette , qui n'est guère plus gros qu'une souris, et dont la couleur est rousse en dessus et blanchâtre en dessous. On l'élève souvent en captivité pour s'amuser de son adresse et de sa vivacité.
1285 C'est parmi les rats à queue rase et écailleuse qu'on a rangé : 1» le rat a' eau , dont les oreilles sont très-courtes , la couleur grise, le poil fin : il a les mêmes mœurs que le castor; sa chair est très-bonne à manger; S*" le rat ordinaire, dont le corps est noir et les oreilles allongées, presque nues; 3<> la souris, dont la couleur est grise, et qui recherche l'habitation de l'homme, avec lequel elle vit en parasite; ^i*" le mulot, dont la couleur est rousse en dessus, blanche en dessous, et qui vit ordinairement sous terre, dans les champs, dans les bois, sur les bords de la mer.
1286. Les hamsters ont dans la bouche des poches ou sacs qu'on nomme abajoues; leurs yeux sont très-grands; ils n*ont presque point de queue. Ces animaux sont fort communs dans le Nord, surtout en Pologne et en Sibérie; ils se nourrissent de blé, ils enfouissent sous terre leurs provisions. Une espèce, qu'on nomme lemming dans ces mêmes contrées, voyage souvent en troupes de plus de quatre cents; ces animaux font beaucoup de dégâts dans les lieux où ils passent à la ûle les uns
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des autres. Les aspalax ou spalaœ paraissent ôtre les taupes décrites par les anciens; ils n'ont pas d'yeux du tout à l'extérieur ; cependant on trouve ces organes sous la peau : mais ils n'y sont pas développés; ils vivent toujours sous terre. L'espèce la mieux connue, qu'on nomme zemni, et qui n'a point d'aba* joues, se trouve principalement en Russie.
iâ87. Vondatra, qu'on appelle aussi rat musqué, est facile à reconnaître par sa queue longue et comprimée; il a les mêmes habitudes que le castor; ses oreilles sont courtes; il porte sous la queue un follicule qui contient une humeur très-odorante : on le trouve en Amérique. Les campagnols ont la queue courte, arrondie; les oreilles à peine saillantes. On les trouve dans les champs et dans les bois; ils se nourrissent de blé, de faines, de glands, de noisettes. Les marmottes (PI. III, fig. 6) ont le corps ramassé, large; une queue très-courte ; des dents molaires, tuberculées; cinq de chaque côté à la mâchoire d'en haut, et quatre seulement à celle d'en bas. L'espèce la plus commune se trouve dans les Alpes; elle se nourrit d'herbes et de racines, qu'elle porte à la bouche avec les pattes ; elle vit en petites tmupes qui amassent pendant l'été une grande quantité de foin, dans des terriers à plusieurs issues, où elles s'engourdissent l'hiver; leur chair est fort estimée; leur fourrure ne donne qu'une pelleterie commune. Le monax est une marmotte d'Amérique. Le boback et le soulick sont d'autres espèces du Nord. Les chasseurs de zibelines recherchent beaucoup leurs terriers pour prendre le foin et les racines succulentes qu'elles y emmagasinent.
1288. Tous les animaux qui nous restent à étudier sont carnassiers; ils ont les trois sortes de dents formant, sur l'une et l'autre mâchoire, une série non interrompue; elles sont en général plus étroites et plus serrées sur l'inférieure. Les doigts de ces animaux sont armés d'ongles crochus; leur canal intestinal est court, et leur estomac simple. Tous sont organisés de manière à pouvoir se porter facilement sur leur proie; et le plus souvent un de leurs sens est plus perfectionné que les autres. Aucune espèce n'a les pouces séparés aux pieds de devant, à moins que les autres doigts ne soient réunis entre eux. Ces animaux sont en si grand nombre, que, pour les étudier
314 MSS MAMMIFÈRES PÉDIMÂNEil.
airec plus de facilité, on a été obligé de les diviser en ordres secondaires^ ainsi que nous Tavons vu (1154]. Un petit genre» ibrmé jusqu^ici d'une seule espèce de Madagascar qu'on nomme ëye^ye ou ehiromys, semble lier la famille des quadrumanes carnassiers à celle des rongeurs. Cet animal est très bizarre : il a deux grandes incisives à chaque mâchoire, comme les rongeurs, cinq doigts à chaque patte (PI. III, ilg. 25) ; mais à celleç de devant les doigts sont grêles et allongés, surtout celui du milieu, et le pouce des pattes postérieures est libre et opposable. L'animal est gros comme un chat : Sonnerat dit qu'il marche la nuit et qu'il se nourrit d'insectes.
i289. La famille des Pédimares (PI. III, fig. 1, 2] est peu non^ l»«use. Les animaux qu'elle renferme sont tous delà Nouvelle^ Hollande ou de l'Amérique méridionale : on les reconnaît facilement à leur organisation. Tous ont le pouce séparé aux pieds de dernère; ils s'en serventcomme d'une main pour saisir les objets, et surtout pour grimper aux arbres (PI. III, fig. 2) Ils ont sous le ventre, comme leskanguroos, une poche dans laquelle leurs mamelles sont placées, et où ils déposent leurs petits, qu'ils mettent au monde longtemps avant qu'ils soient assez forts pour subvenir à leurs besoins. Voilà pourquoi on les avait d'abord appelés (itdW/]rAe«, nom qui signifie double matrice, et marsu^ piaux ou animaux à bourse. On a laissé celui de sarigaes ou de didelphesdMJi espèces qui peuvent s'accrocher avec la queue, &t qui l'ont, en général , dénuée de poils, au moins d'un côté. On a nommé dasyares les espèces qui ont la queue très-velue, et enfin tarsiers ou mieux phalangùtes les espèces dont la queue se termine par un flocon de poils, et dont les pieds de derrière sont grêles et allongés.
i290. Les Digitigrades (PI. II, fig. i6 à 20) se nourrissent principalement d'autres animaux vivants : aussi la nature les à-t-elle doués de courage, de force, de ruse et d'adresse. Tous ont un tube digestif très-court, le ventre allongé, les doigts armés d'ongles crochus. Ils ne marchent absolument que sur les doigts. Ils forment quatre genres. Ceux qui ont le museau court, arrondi, la langue couverte d'aspérités, et les ongles redressés quand ils marchent; ce sont les chaU (PI. II, fig. 20), D'autres, comme les civettes ^ ont des ongles à demi rétrac-
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tiles, le museau pointu, la langue hérissée de petites pointes * et un follicule qui renferme une humeur odorante. Les matHa et les chiens n'ont pas les ongles rétractiles (PI. II , fig. 16). Le corps des premières est très-allongé, bas sur jambes, et ley dents incisives intermédiaires sont rentrées en dedans ( Pli If , fig. i8); les chiens^ au contraire, ont les incisives latérales échancrées ( PI. II, fig. 17 ), et le corps trapu ou élevé sur jambes.
1291. Oo trouve des espèces de martes sur les deux eonti* nents. Elles se nourrissent principalement d'oeufs, du sang et 4e la cervelle des petits animaux qu'elles étranglent. On les a divisées en trois sous-genres. Les loutres, qui ont les doigts de derrière palmés (PI. II, fig. 19), les pattes courtes, la queue grosse à la base, le museau arrondi , la tête plate. Elles nageât et plongent surtout tiès-bien; elles se nourrissent de poissons, et leur fourrure est très-précieuse. Les belettes ont les doigts libres, les ongles courts, le corps et le cou allongés , le dos voûté (1). On connaît un grand nombre d'espèces dans ce genre : telles sont la belette ordinaire, le furet y \e putois, la fouine, la marte, la zibeline, Xhermine. On recherche priQ»çipalcment, comme fourrures, les peaux de ces dernières esîr pèces. Les moufettes ont les ongles très-longs, le corps beasib* coup plus large en arrière que du côté de la tète, la queue tràs«velue Elles poilent une odeur fort désagréable. On les trours en Amérique.
1292. Le genre des chats est très-nombreux en espèces. Leur face est arrondie; leurs mâchoires sont garnies de six dents iû^ cisives, entre deux grandes lanaires, et de trois molaires tranchantes, à plusieurs pointes de chaque côté (PI. II, fig. 18). Tous sont très-vifs, marchent en silence, grimpent aux ar^ bres, s'accroupissent ou se couchent à moitié pour se reposa. Us y voient de nuit, et moins bien dans la journée. Leur odo^ rat est faible, et leur ouïe fine et délicate. Ils ne mâchent pas,
(0 La Fontaine a parlé plusieurs fois de la belette. Chaque versMt aii49f<sin en miniaiure.
« Demoiselle belette au corps long et fluèt Livre III , fab. I7*
m La dame au nei pointu Livre Vil , fab. t6.
a ^^îasUsal k louf iia éebiD«. # • . , ilTff Vi» M. 9*
51tt DES MAMMIFÈUES DIGITIGRADES.
ils déchirent avec les ongles, et lèchent les chairs avec la langue, qui est rude comme une râpe. Le mâle et la femelle ne ▼ivent point ensemble. Les premiers sont, en général, plus gros et plus forts. On en trouve dans toutes les parties du monde.
1293. Nous citerons seulement les cinq espèces les plus connues : i^ Notre chat domeëHque, qui parait être le même que le sauvage, avec lequel il s'accouple. Il ne s'attache pas à Thomme comme le chien, et ne le suit guère que lorsqu'il a faim. On en connaît plusieurs variétés. 2** Le lionj qui est fauve, avec la queue terminée par une toufiPe de poils noirs et dont le mâle a une crinière. On le trouve entre Tlnde et la Perse, et en Arabie. 5<» La panthère et le téopard, qui sont fauves aussi, avec des taches noires arrondies. 4" Le tigre royal, qui est jaunâtre, avec de grandes bandes transversales noires. On le trouve en Asie, et surtout au Bengale, b" Le lynx, qui est d'un fauve clair, avec des taches brunes et des pinceaux de poils â l'extrémité des oreilles. Il vit en Afrique.
1294. Les civettes ont à peu près la forme des martes, mais leurs ongles et leur langue sont semblables à ceux des cbats. Leur pelage est ordinairement tacheté. L'espèce qui donne le parfum , est grise, avec des taches et des bandes brunes. Cette matière, qu'on nomme aussi civette, est une sorte de pommade ou de graisse odorante , qui suinte dans une cavité o<'i elle s'amasse, pour être excrétée au besoin par une fente qui s'ouvre auprès de Tanus. Elle vit eu Abyssinie. Il parait même qu'on l'y élève en captivité comme un objet de lucre, à cause de l'humeur qu'elle produit. Le^genettes n'ont qu'un sillon sous le ventre, au lieu d'un follicule : on en trouve des espèces en Europe et en Asie. C'est aussi dans cette division qu'on a rangé les nems, autrement dits ichneumons, mangoustes , ou rats de Pharaon^ qui recherchent, dit-on , les œufs du crocodile, et qu'on élève en domesticité en Egypte, parce qu'ils détruisent les rats , les souris et les reptiles qui s'inti^oduisent dans les ha- 'bitations.
1295. On connaît beaucoup d'espèces du genre chien ( PL li, fig. 16); c'est là qu'on range les loups, les hyènes^ les renards. Le chien domestique ne se trouve plus en état sauvage ; quel-
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ques individus seulement se sont échappés, et vivent en liberté dans certaines parties de TAmérique. Cet animal a suivi l'homme dans tous les climats où il a pénétré (1). Les principales espèces ou variétés du chien domestique sont : !• le chien de berger^ qui a les oreilles droites, les poils roides, un peu plus touffus sous la queue : les chiens ù' Irlande, de Sibérie, le chien loup, sont intermédiaires entre ces premiers et les suivants; 2** les leoriers, qui ont le museau pointu, le corps allongé, très-haut sur jambes; les levrettes; les chiens turcs, qui n'ont de poils, pour ainsi dire, que sur la face, et le chien marron de la Nouvelle-Hollande; 3" les épagneuls à longs poils soyeux, surtout à la queue, à oreilles pendantes, ordinairement blancs, à taches noires ou brunes; il y en a cependant de noirs, marqués de brun ou de jaune ferrugineux; 4*» le barbet ou caniche, dont les poils sont crépus, fjisés comme de la laine, et qui ont le museau court, arrondi; le bichon, le chien
(i) Linné a Iracé Thisloire du chien en peu de mots. Nous traduisons ici un fragmeiii de la description qu'il en a donnée , et qui est remarquable par son eiacliiude et son iacunisme.
« Le chien se nourrit de chair , de charn|;nes , de végétaux farineux , mais » non de légumes; digère les os; se purKC en mangeant les feuilles de chien- » dent, qui le font vomir; dépose ses excréments sur les pierres; boit en lap- » pani, pisse de côté et souvent, jusqu'à cent fois de suite ; fiaire l'anus des M autres chiens; a l'odorat eicetleiii et le nez humide ; court obliquement; » marche sur les doji^is ; sue à peine; lire la langue lorsqu'il a chaud ; tourne » autour du lieu où il veut se coucher; dort l'oreille au guet; rêve. Il est » cruel eii^mour avec ses rivaux ; la femelle s'accouple succes^i>eme^ta\ec » plusieurs; elle les moid; reste longtemps accouplée; porte soixaiite-tiois » jours ; fait quatre à huit petits ; les mâles res^elllblenl au père, les femelles *» à la mère. — C'est le plus lidele de tous les animaux doiiie>(iques; il fait des » caresses à son maître; il est sensible à ses châtiments; il le précède; il se » retourne lorsque le chemin se divise ; docile, il cherche les choses perdues, » veille la nuit, annonce les étrangers, garde les marchandises, les troupeaux, » les rheniies, les bœufs, les brebis, les défend contre les lions et If s bétes » féroces, qu'il attaque; il reste près des canards; il rampe sous le Gletdela M tirasse , se met en arrêt, rapporte au chasseur la proie qui a été tuée , sans » y loucher. En France, il tourne la broche; en Sibérie, on l'aitelle au trai- » neau; lorsqu'on est à table, il demande à manger; quand il a vule,il marche » la queue enire les jambes, il mange en grognant; parmi les autres chiens, il » est toujours le maître chez lui; il n'aime point les mendiants; il attaque sans M provocation ceux qu'il ne connaît pas- 11 soulage la goutte, les chancres, en » léchant les plaies; il hurle aux sons de la musique; il mord la pierre qu'on » lui jette; il pue dans les temps d'orage et lorsqu'il est malade; il est sujet » au taenia et à la rage, qu'il propage; il devient aveugle sur ses vicui; » Jours, etc. >»
SIS DES M>MM|F$|ISS DfaiTtfIRAQJ»*
lioni 5;* le dogue, qui a le museau retroussé, les ^oeisiviM^saiW lantes, les lèvres pendantes, les paupières lâches; le doguin ou carlin, dont le corps est presque carré et la face noire; i« roquet; &* le braque, le chien de chasse ou chien courant , qui a le museau pointu, de longues oreilles pendantes; le grand et le petit danois : V enfin, les bassets, à jambes droites ou torses^ qui ont un corps gros, allongé, porté sur de petites jamb^; les oreilles pendantes et une face pointue. Toutes ces variétés, et beaucoup d'autres, forment autant de races qui se perpétuent constamment, quoiqu'elles se mêlent et se confondent par l'accouplement.
1296. Les chacals semblent tenir des chiens et des renards. Généralement ils ont le pelage jaunâtre, leur museau est pointi|. Ce sont des espèces des pays chauds de l'Afrique et de l'Asie qui se nourrissent principalement de la chair des cadavres, même quand ces matières sont déjà en putréfaction. Les loups ressemblent beaucoup aux chiens, mais ils sont plus forts que ceux des bergers, avec lesquels ils ont le plus de rapports : leur couleur varie; ordinairement ils sont d'un brun jaunâtre. Il yen a de noirs; ils peuvent produire avec des chiens. Les hyènes vivent principalement en Afrique; elles n'ont que quatre ongles aux pattes : elles poilent une crinière; leur museau est noir» retroussé, et leurs poils gris, avec des taches et des bandes brunes; elles se nourrissent principalement de cadavres) même de ceux des hommes qu'elles vont déterrer dans les cimetières.
1297. Les renards ont la queue touffue, cylindrique; les oreilles dressées , arrondies et velues. Ce sont des animaux nocturnes, ce qu'indique la forme de leur pupille, qui , au lieu d'être arrondie ou à peu près circulaire, comme dans leschieBs^ est allongée , et forme une sorte de fente verticale plus large au milieu, et se resserrant par l'effet de la lumière. On connaît Six ou sept espèces de renards, dont la fourrure est très recherchée. Parmi ceux de France, le renard ordinaire a l'extrémité de la queue blanche, tandis qu'elle est noire dans l'ei^pècequ'ea appelle c/iar6onntVr. Le renard blanc on isatis, le noir y le blêu , V argenté , sont d'autres espèces du Nord , dont les moeurg n*ont point encore été assez étudiées. Ceux de France vivent de
MBS MAimiFEil^ PUMTiÇAAOeS. Hif
ripii|e«, 4e perdreaux, de levrauts, de lapereaux, djS pouIe$, de petits oiseaux, môme de fruits. On dit qu'ils reehercheirt siirleut le raisin.
i298. Les Plantigrades (PI. II, fig. 10 à iS) sont ainsi nommés parce qu'en marchant ils appuient sur la terre la plante entière du pied (PI II, fig. H , a); aussi cette partie est-elle toujours nue, privée de poils. Ces animaux sont moins carnassiers que les digitigrades : ils se nourrissent de vers, d'insectes et autres petits animaux. Les végétaux, et surtout les fruits sucrés, peuvent aussi leur servir d'aliments. Leur course est une sorte de trot ; leur marche est lente : ils aiment l'obscurité, et ne sortent que la nuit. Dans les pays tempérés, iîs S'engourdissent pendant l'hiver. On les a partagés en quatre genres principaux : les uns ont le corps couvert de poils roides en forme de piquants , on les a nommés hérissovs ; les autres n'ont pas de piquants; mnis tantôt les dents laniaires sont plus courtes que les incisives, camme dans les musai-aignes^îainXbi elles sont plus longues. Parmi ces dernières espèces, on nomme taupes celles qui ont les mains très-larges, aplaties en forme de pelle , et qui ont huit dents incisives à la mâchoire inférieure, tandis que les autres, dont les incisives sont au nombre de six, et les pattes de devant semblables à celles de derrière, sont appelées ours,
4299. Le corps des hérissons est couvert de courts piquants qu'ils peuvent redresser : leur museau est allongé ; leurs dents laniaires sont presque aussi courtes que les incisives (PI. II, fig. 10) : ils ne recherchent leurs aliments que le soir ou pendant la nuit; leur allure est rapide , mais ils ne peuvent sauter ayant leurs pattes trop couites, cependant ils grimpent assers bien; ils se nourrissent de fruits, de limaçons, de gros insectes, de vers; ils se roulent en boule dans le danger, à l'aide d'une conformation particulière due aux muscles de la peau. L'hiver ils s'endorment dans les Irous où on les trouve enve- Joppés d'une grande quantité d'herbes sèches qu'ils ont apportées sur les épines de leur dos. On trouve à Madagascar plusieurs animaux voisins des hérissons, mais ils sont plus illongés , à épines plus flexibles, et à laniaires un peu plus
S20 DES MAMMIIHÈRES PLANTIGRADES.
longues que les incisives; ils n*ont point de queue du tout : on les nomme tenrec et tendrac.
1500. Le nom de musaraigne, qui signifie souris des sables, a été appliqué à de petits animaux qui ont en effet quelque resrembiance avec les souris par les poils et par les pattes , et qui vivent surtout dans les lieux arides et sous les terres faciles à remuer. Ces petits mammifères se nourrissent principalement de mollusques gastéropodes , d'insectes et de vers. Leur museau est prolongé en un groin comme celui des taupes; leurs yeux sont petits; aussi voient-ils mal pendant le jour. L'espèce la plus commune en France est appelée vulgairement musette; c'est le plus petit mammifère connu; il n'atteint guère que quatre centimètres; il porte une odeur qui déplaît aux cbats, et voilà probablement pourquoi ceux-ci ne le mangent pas après l'avoir tué. Cet animal ne fait point périr les chevaux en entrant dans leur ventre , comme on le croit dans les campagnes. On trouve une autre espèce de musaraigne sur le bord des fontaines : elle plonge très-bien ; ses oreilles sont garnies d'un petit opercule, et ses doigts sont bordés de cils ou de poils roides comme les tarses de certains insectes qu'on nomme dytiques.
i301 . Tout le monde connaît la forme des taupes ; leur corps trapu, couvert d'un poil court, soyeux, est supporté en devant pa des pattes si courtes, qu'il traîne sur la terre; leur queue est aussi très-courte, leurs yeux petits; leur museau prolongé en groin (PI. Il, fig. 15). Ces animaux vivent sous terre, ils y creusent des mines et des galeries à l'aide de leurs pattes de devant, qui sont comme garnies d'ongles tranchants (P4. II , fig. 13); ils se nourrissent de lombrics, de larves, d'insectes et de racines bulbeuses. Les taupes varient pour la couleur : il y en a de toutes blanches, de rousses, mais le plus ordinairement elles sont grises ou noires. La taupe est un animal trèsindustrieux, et dont les mœurs sont très-curieuses à étudier : on n'en connaît qu'un petit nombre d'espèces. Parmi les étrangères, la plus remarquable est la chrysochlore du Cap, dont les poils sont, pendant la Jvie de l'animal, d'un beau vert doré changeant, à reflets métalliques rougeàtres.
1302. Le genre des ours comprend un si grand nombre d'espèces qu'on a été obligé de le subdiviser en plusieurs
DES MAMMIFÈRES PLANTIGRADES. 5âl
groupes. Tous, à la vérité , ont à Tune ou Tautre mâchoire six mcisives , situées entre deux grandes laniaires, celles d'en bas se trouvant comme déplacées (PI. II, fig. 11), mais les ours, proprement dits, ont une petite laniaire après la grosse, et ensuite un grand intervalle avant les dents molaires (PI. II, fig. 14). Chez tous les autres, les dents forment une série non interrompue : tantôt ils ont le corps très-gros en arrière, avec une queue beaucoup plus courte : tels sont les blaireaux; tiintôt leur queue est presque aussi longue que le corps, alors on les nomme kinkajous, quand cette queue leur sert pour s'accrocher aux branches, et coatis ou ratons quand elle est comme tronquée ou non prenante.
1303. Les ours (PI. II, fig. 11) sont des mammifères à corps gros, court, bas sur jambes, couvert d'un poil touffu etroide, de couleur uniforme, dont le nez se prolonge en une sorte de museau , et dont les larges pattes (a a) sont armées d'ongles longs et crochus. Les trois principales espèces sont : le brun , qui se trouve dans les Alpes et dans les Pyrénées; il se nourrit de matières végétales, de miel, d'abeilles, de fourmis, et se sertdavantage des pattes que des den tn ; le noir , qui vit au Canada et dans * toute l'Amérique du Nord ; sa peau, couverte de poils noirs, gros et lustrés, est fort recherchée comme fourrure grossière; le blanc, qu'on nomme aussi ours polaire ou maritime , se trouve sur les glaces au Groenland et en Sibérie. Dans cette espèce le cou et la tête sont très-allongés, le nez, les ongles et les paupières noirs, et toutes les autres parties d'une belle couleur blanche.
1304. Les blaireaux ou laissons se creusent des terriers ; ils ont beaucoup de rapport avec les ours par leur manière de vivre; ils se nourrissent principalement de scarabées et d'escargots. La plupart portent une odeur désagréable : leurs poils , quoique fort gros, sont Ilexibles, et s'usent difficilement; comme ils ne se feutrent pas, on les recherche pour en faire des pinceaux, des brosses à barbe. Il n'y en a qu'une seule espèce en France; elle est cendrée en dessus, brunâtre en dessous, avec un bandeau brun. Le glouton du Nord et le ratlel du cap de Bonne- Espérance appartiennent à ce môme sousgenre.
1305. Les coatis et les ratons sont des animaux d'Amérique :
32i Des MAMMIFÈRES CBIROPTÉRES.
les premiers ont un museau excessivement prolongé et pebîlf^ les autres ont le nez plus court : ils ont à peu près les mêmes mœurs que les blaireaux ; ils se nourrissent de crabes, û'in» sectes et de fruits. Les ratons ont été aussi nommés ours laveuf^ parce qu'ils ont Thabitude de tremper dans Teau les matières qu'ils doivent manger, et qu'ils portent à la bouche avec le« pattes de devant. Quelques espèces ont la queue formée d'aa* neaux de poils diversement colorés (PI. I, fig. 13); quelques^ unes relèvent le talon en marchant, et se rapprochent davan^ tage des carnivores. Leskinkajouêoix poUos, comme on les nomme aux grandes Antilles , ressemblent beaucoup aux coatis» mais leur queue (fig. gO) est préhensile, et leur museau seot^ ))lable à celui des ratons.
i306. Les mains changées en ailes, telle est l'idée que fait naître la traduction du mot de Cbiroptères (PI. Il , fig. i à 8). («es animaux compris dans ce sous-ordre ont tous les membres enveloppés dans une membrane qui les soutient dans l'air, si qui donne à la plupart la faculté de voler aussi bien que les oiseaux (PI. II, fig. 1). Gomme ils appuient sur la plante en^ tière du pied , qui est ordinairement terminée par des ongles crochus, qu'ils ont les trois sortes de dents, que leur langue est hérissée de pointes tranchantes, enfin comme ils fuient le lumière, d'où il résulte qu'ils ont les plus grands rapports aves les autres carnassiers, ils se nourrissent presque tous en eflci d'insectes , qu'ils saisissent au vol comme les hirondelles Os les a divisés en six genres faciles à distinguer : les uns n'ont pas les n.a.us allongées (fig. 9); on les a nommés galéopithèquei. Toutes les autres espèces ayant les doigts des mains excessivement longs, mais étendus sous une membrane, et non terminés par un ongle, à l'exception du pouce, on les s
nommés en général c^aat^^^^iourf^. Ils ont les mamelles suris poitrine, aii nombre de deux seulement; leurs petits y sont suspendus, lorsqu'ils volent.
i307. On connaît maintenant un très- grand nombre ds chauves- $ourU, Pour en faciliter l'étude, on les a divisées e& besucoup de genres , d'après les particularités suivantes : to unes ont le nez, ou l'ouverture des narines, garni d'une oisfll* brsae ou d*un rep)i 4s la peay, et tantôt les lanisires écsittes;
hÈS MABtMtFÉnfiS GHmOPTÉRES. 325
on les fiomme rhinolophes (PI. II, fig. 1, 2, 3, 4, 5, ); tantôt ces laniaires sont rapprochées; on les appelle phyllo-- $tonie$(V\, II, flg. 6). Toutes les autres espèces n'ont point de membranes ou de feuilles autour du nez. Chez les unes, comme dans les roussettes ou ptéropes, la membrane ne réunit pas les pattes de derrière, et il n'y a point de queue. Les deux autres genres ont une queue : dans le^noctilions, elle est libre à l'extrémité, et l'animal la tient redressée; dans les ehauees'êouris proprement dites , elle est enveloppée dans la Jnembrane, et courbée en dessons.
1308. Le rhinolophe fer-à-cheval (PI. II, fig. 3) est une espèce fort commune en France : de jour, elle se relire dans les cavernes et dans les trous souterrains, où elle passe l'hiver. Dans cette saison, on trouve ces chauves-souris éparses et non réunies, suspendues par les pattes postérieures, enveloppées dans leurs ailes comme par un manteau : elles sont engourdies, mais non endormies; le moindre souffle les -fait mouvoir. Quoiqu'elles ne fassent aucun bruit en volant, on s'est assuré que le moyen de réveiller tous les individus de la môme espèce est d'en exciter un seul. Lorsqu'il fait assez chaud , elles Se remuent avec beaucoup de vivacité ; elles grimpent à reculons, avancent en s'accrochant avec l'ongle du pouce. Leur voix est semblable à celle des oiseaux ; elle est courte et rapide. Le moindre trou produit par un grain de plomb dans la mem* brane qui recouvre leurs ailes, les fait aussitôt tomber : elles cherchent alors moins à mordre qu'à se sauver et à se plaindre. Presque toutes les autres espèces ont des mœurs analogues. Parmi les chauves-souris proprement dites, celle qu'on nomme oreillard est remarquable par la grandeur de ses oreilles, qui sont de la longueur du corps. L'animal entier ne pèse que trois grammes; cependant, quand il a les ailes étalées, il occupe un espace de près de deux décimètres.
1309. On n'a encore observé les galéopithèques que dans les îles de rocéan Indien, principalement aux Moluques : ils diffèrent beaucoup des chauves-souris; car les membranes velues ne leur servent que de parachute , comme dans les polalouches. Tous leurs doigts sont armés d'ongles crochus et tranchants en forme de griffes (PI. II, fig. 9); leur museau est court et
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simple; les incisives de la mâchoire supérieure sont dentelées, du nombre de deux : il y en a six, divisées comme un peigne à leur mâchoire inférieure (PI. II, fig. 8^. On n'en connaît que deux espèces; l'une est rousse, et l'autre grise, avec des points blancs et noirs.
1310. Les mammifères compris sous le nom général de Qvadrumànes iPl. I, fig. 6, 7, 8, 9, 10, 13, U), qui signifie quatre mains, ont en effet quatre mains, car Ifeurs pouces sont séparés aux pieds de derrière comme à ceux de devant ( Pi. T , fig. i 1, 12 et 15). Il ont avec l'homme une telle ressemblance dans la structure des membres et dans la charpente générale du corps, qu'ils semblent l'imiter dans tous ses mouvements; ce n'est pas qu'ils le veuillent, mais ils ne peuvent agir autrement. Ils forment un ordre très-naturel; on les a divisés en deux grandes sections : les swges, qui ont quatre dents incisives sans intervalles (PI. I, fig. 9 ) ; et les makis, qui ont plus ou moins de quatre dents incisives avec un intervalle (PI. I, fig. 8 ).
1311. Les makis ont été appelés encore singes à museau de renard , parce que tous ont le museau plus ou moins prolongé, et très-souvent un ou plusieurs ongles crochus, tranchants et non aplatis comme ceux des singes : ce sont des animaux d'Afrique. On en connaît maintenant un grand nombre d'espèces qu'on a distribuées en cinq sous-genres, principalement d'après le nombre de leurs dents incisives. Ainsi, par exemple, on a nommé gaîagos celles qui ont en haut deux incisives très-écartées et six en bas ( PI. I , fig. 8) ; leur queue est longue et touffue. On les trouve au Sénégal ; ils ont les tarses allongés, les yeux très-grands; aussi sont-ils des animaux nocturnes; ils se nourrissent d'insectes et de fruits. Tous les autres ont quatre dents incisives en haut, mais ils diffèrent par le nombre des inférieures; ainsi les tarsiers n'en ont que deux en bas; ces derniers ont reçu leur nom de la longueur excessive du tarse ou du pied de derrière; ils ont les mômes mœui'S que les galagos; on n'en a encore observé que dans les îles de l'Archipel Indien. Les indris n'en ont que quatre en bas; les loris et les makis en ont six , mais ces derniers ont une queue , tandis que les autres n'en ont pas. Tous ces animaux sont de Ma-
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