‹ Eléments des sciences naturellesChapitre 152 sur 158 · DES MAMMIFÈRES QUADRUMANES · texte numérisé non relu

DES MAMMIFÈRES QUADRUMANES

>dâgascar et des Indes orientales. Leurs poils sont touffus et laineux. On transporte rarement en France de ces individus vivants. On a vu cependant des makis mococos gris, qui ont la queue annelée de noir et de blanc (PI. VI, lig. S), y faire des petits et les nourrir du lait de leurs mamelles.

1312. Les singes ont en général toutes les dents disposées à peu près comme celles de Thomme ; mais leurs lauiaires sont beaucoup plus longues (PI. I, fig. 6, 7, 9); leurs yeux sont dirigés en avant, et séparés par le nez, dont la cloison varie pour la largeur. Quelques espèces ont dans la bouche des sacs ou poches particulières, qu'on nomme abajoues. Leur face est plus ou moins verticale, suivant les espèces; aucune cependant n'a de menton. Leur bassin est toujours très-étroit, par rapport à la poitrine. Rarement ils ont des fesses ; plusieurs ont des callosités, places dénuées de poils et rugueuses, sur lesquelles ils s'asseoient, et qui souvent se joignent et entourent le siège (PI. I, fig. 14); jamais leurs jambes ne sont garnies de mollets : leurs cuisses sont courtes, et leur talon n'appuie pas entièrement sur la terre, ni même toute la plante du pied à la fois, car ils marchent principalement sur le bord extérieur. Dans le plus grand nombre les bras et les doigts sont trèsallongés, et les pouces sont fort courts en proportion ; quelques espèces n'ont point de queue du tout; d'autres en ont une tantôt courte, tantôt longue * et quelquefois préhensile ou propre à s'accrocher ( PI. I, fig. 10).

1315. Ces animaux se trouvent principalement dans les climats voisins de la zone torride des deux continents, au Brésil, àCayenne, à Surinam, au Bengale, au Sénégal, etc. Us ne sont féconds que dans les pays chauds ; ils portent leurs petits, et les nourrissent à peu près comme les négresses. Leur pétulance et leur vivacité semblent dépendre du climat , car ils sont lents , tristes et engourdis dans les régions tempérées. Plus leur face est allongée, plus, en général, ils sont féroces et cruels; ils sont colères, passionnés; ils trépignent dans l'impatience. Dans l'état sauvage, ils se réunissent en troupes pour faire des expéditions. Ils se défendent courageusement avec des bâtons, et lancent adroitement des pierres; quand ils sont blessés, ils se pansent, lavent leurs plaies, et y appliquent des médica-

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menls. Ils se nourrissent principalement de fruits et de petits animaux, surtout d'insectes. On n'est point encore parvenu à apprivoiser les singes; on les dompte, ou les subjugue, mais ils restent captifè et non domestiques. Dans cet état, on les volt toujours indociles, fourbes, rusés, gourmands, vindicatifs et brutaux. Ils ne sont sensibles qu'aux châtiments; battus, ils toupirent, gémissent et sanglottent; ils cèdent, mais seulement (]uand ils se sentent les plus faibles. On en a vu faire la roue, attiser le feu, rincer des gobelets, verser à boire, tourner là broche, danser sur la corde, etc.; en général, ils sont trèsadroits dans les exercices du corps.

1314. On a partagé les espèces de singes en six groupes prin cipaux. On a pu d'abord observer que toutes celles d'Amérique avaient une large cloison des narines , douze molaires , et une queue très-longue, souvent préhensile (Pi. I, flg. 10). On a nommé sapajous les espèces qui ont le museau court, la tête plate, et on les a distinguées en coaUas, sajous ^ sakiSy «agouins , ouistitis ; on a nommé singes Hurleurs ou alouates celles dont le museau est allongé et la tête élevée en pyramide. Toutes les autres espèces sont de l'ancien continent ; la cloison de leur nez est mince; elles n'ont que dix molaires; celles dont le museau est extrêmement allongé (Pi. I, fig. 7), etlaqueue courte (PI. I, flg. 14), sont nommées cynocéphales, mandrills^ papions Ou babouins; celles qui suivent ont le museau court, et diffèrent par la forme de la tête : celles qui l'ont plate sont des guenons, quand leur queue est longue, et des macaques lorsqu'elle est courte ou nulle. Le callitriche, le motte, le man" gabey , ainsi que le doue , le nasique ei Yentelle sont des guenons ; tandis que les magots, le bonnet chinois et le rhésus sont des macaques. Il reste enfin quelques espèces dont la tête est arrondie comme celle de l'homme, le museau court (PI. 1, fig. 6), à face presque droite, parce que leur nez est plat et ne fait pas de saillie, et qui n'ont ni callosités aux fesses, ni qtieue, ni abajoues : ce sont les orangs. On rapporte à cette division Y orang-outang, le chimpanzé, qui ont les bras trèslongs; ïiiBgibbons sont dans le même cas, mais ils ont les fesses calleuses.

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