‹ Eléments des sciences naturellesChapitre 19 sur 158 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Idée des lois générales et des principaux agents de la nature^ des coi*ps inertes en général , de leur classification et des moyens employés pour apprendre à les connaître.

îl. Il se passe sur la terre des phénomènes constants dont les effets invariables sont peu remarqués, parce qu'ils étaient déjà manifestes et complets à l'époque où chacun de nous aurait pu commencer à les observer, et que dans les circonstances où nous sommes appelés à vivre, ils se sont toujours répétés de la même manière. Nous nous y sommes tellement habitués, que par la suite nous n'avons eu ni l'occasion, ni le besoin de réflécfiir aux causes qui produisent ces effets dont la nouveauté ne nous a jamais intéressés. Quoiqu'on ne puisse pas, à la vérité, démontrer l'existence matérielle d'un petit nombre de ces causes, on est forcément obligé de les supposer pour se rendre compte de la persévérance et de l'identité de leurs effets. On les a donc considérés comme des forces, des puissances qui font éprouver aux corps une action appréciable soit dans le repos, soit dans le mouvement, et qui déterminent aussi les changements que ces objets peuvent présenter sous les divers états, au dedans et au dehors de la substance qui les forme. Comme tous les corps matériels sont réellement sous la dépendance de ces causes actives, et qu'ils paraissent leur être soumis pour leur obéir plus ou moins ; afin d'exprimer l'idée de l'existence de ces causes, de ces puissances inventées par le besoin de s'entendre, et créées par l'imagination, on les a désignées sous les noms de Lois ou de Forces générales de la nature.

22. Ainsi, dans certaines circonstances, les matières, plus ou moins solides, abandonnées dans l'air, dans l'eau, ou dans l'espace, tendent à parvenir vers le lieu le plus bas, comme si elles avaient de la propension à se diriger vers le centre de la terre; d'autres corps, plus ou moins rapprochés les uns des

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