LOIS GÉNÉRALES. — ATTRACTION
autres, semblent manifester parleurs mouvements une sorte de tendance à se pénétrer réciproquement, et lorsqu'ils sont unis, ils ont acquis alors le pouvoir de résister à leur séparation ou de rester fixes dans le repos. Ce sont les causes qui produisent ces phénomènes, ou ces puissances naturelles qui semblent seules donner l'origine à certains corps et à leui*s propriétés les plus remarquables, lorsqu'ils agissent les uns sur les autres, que nous allons rapidement étudier. Nous trouverons ainsi Toccasion de définir quelques expressions dont l'application et la valeur doivent être bien déterminées, lorsqu'on les emploie dans l'étude de l'Histoire naturelle.
23. Le phénomène le plus général de la nature, et qui influe évidemment sur l'existence de l'univers, est le fait que tous les corps, supposés libres dans l'espace, sont entraînés les uns vers les autres par une cause, par une force inconnue qui semble les porter à s'attirer réciproquement, ou à se rapprocher : aussi a-t-on appelé cette force, cette puissance, ï attraction, qu'on nomme dans certains cas la gravitation (2S).
24. On peut supposer que' dès l'instant où a existé Yunivers, c'est-à-dire le monde entier avec tous les corps célestes, ceuxci ont été aussitôt, chacun en particulier, doués d'une force spéciale qui les oblige encore à se mouvoir avec plus ou moins de vitesse et à se porter les uns vers les autres. C'est ce qui détermine leurs mouvements variés, mais constants; car cette attraction est proportionnelle aux masses de chacun des corps attirants, et en raison inverse du carré de leur distance réciproque; de sorte que c'est Vatlraction universelle qui produit ou modifie les mouvements réciproques que l'on a observés dans la position respective des astres, ou dans les corps lumineux que l'on aperçoit au ciel ou autour de la terre, c'est-à-dire les étoiles fixes, les planètes et les comètes.
25. Ce qui se passe sur la terre, ou sur la planète que nous habitons, est analogue aux effets de l'attraction céleste; car tous les corps, lorsqu'ils sont libres ou qu'ils ne sont pas soutenus, s'attirent entre eux, ou tombent et tendent à arriver vers le centre de la terre qui semble les entraîner. On a nommé cette sorte de force, la gravitation terrestre; et l'action que les coips en éprouvent, la pesanteur ou la gravité. Comme on
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estime cette pesanteur par la pression que les corps exercent sur les surfaces qui s'opposent à leur chute, on appelle le potds d'un corps, la mesure de sa masse, ou de la quantité de matière qu'il renferme, en raison de sa densité, comparée à la résistance d'un obstacle appréciable qui s'oppose à son mouvement» et sur lequel il pèse jusqu'à ce qu'il soit en équilibre. Aussi pour connaître le poids d'un corps est-on obligé de le comparer ou de le mesurer avec d'autres dont la gravité est déterminée et convenue, à l'aide de divers instruments qui servent à le peser et qu'on appelle des balances (99).
26. Il y a donc une. sorte d'attraction terrestre, puisque les corps abandonnés à eux-mêmes sont entraînés par leur poids directement vers le centre de la terre que l'on suppose tout à fait ronde ou sphérique. On démontre ce phénomène à l'aide d'un fil à l'extrémité libre duquel se trouve suspendue ime petite masse de plomb. En laissant tomber ce poids, d'un point élevé, la corde qui le soutient indique la ligne verticale que l'on nomme encore, à cause du, moyen que l'on emploie pour la connaître, la ligne perpendiculaire. C'est encore à la gravitation terrestre que les Physiciens ont recours pour obtenir la mesure du temps, à l'aide d'un instrument qui consiste en un poids suspendu à l'extrémité d'une verge inflexible, fixée par son autre bout. Quand l'iomiobilité est obtenue dans la ligne verticale, il suffît d'imprimer au poids une légère oscillation pour obtenir des mouvements de va-et-vient qui peuvent être déterminés à l'aide d'un rouage que met en mouvement soit un autre poids, soit un ressort élastique. C'est ce qu'on nomme le pendule dans une horloge.
27. Cette loi d'attraction agit aussi, comme nous allons l'indiquer, dans un grand nombre de circonstances liées à l'existence des corps, sur les parties qui les forment, et qu'on peut considérer, malgré leur excessive ténuité, comme susceptibles d'être divisées ou séparées les unes des autres. On appelle molécules, avons-nous dit (15), ces petites masses, ou particules de matière, dont l'ensemble forme les corps, et on les considère tantôt sous le point de vue de leur disposition physique, ou de leur structure mécanique, en les brisant, en les séparant régulièrement, sans les décomposer. Dans ce premier cas, cbâcune