LOIS GÉNÉRALES. — ATTRACTION
de ces portions reste intègre, de même nature, et semblable à la masse dont elle a été séparée. On la nomme alors molécule homogène, ou mieux intégrante. Tantôt, à l'aide de ïanaïyse chimique, ou de la décomposition, on sépare, quand cela est possible, les particules qui constituent ces corps, et qui y étaient combinées; on reconnaît, dans cette seconde ciixonstance, que chacune de ces matières, de nature diverse, possède des qualités et des propriétés tout à fait différentes de celles de la masse entière dont elle faisait partie, et que ces molécules hétérogènes essentielles ou constituantes appartiennent à des principes ou à des particules simples, fort distinctes, qu'on n'a pu encore décomposer et que l'on désigne aussi sous le nom d'élément» chimiques, ou en un seul mot Éléments.
28. Cette tendance que les molécules des corps ont à s'attirer réciproquement à de très-petites distances , est désignée sous le nom général d'attraction moléculaire; et on la distingue en deux grandes forces actives, suivant qu'elle s'exerce sur les molécules intégrantes, par affinité physique ou d'agrégation : elle porte alors le nom de cohésion (29) ; ou , suivant qu'elle $e manifeste entre des molécules dissemblables ou de nature chimique différente, on l'appelle, dans ce cas, affinité chimique (30) ou attraction de composition, de combinaison.
29. La force de cohésion, qui tient réunies et adhérentes entre elles lesdites molécules intégrantes des corps, et qui fait qu'elles restent attachées les unes aux autres, pour former une même masse, varie à l'infmi dans son intensité. Elle modifie considérablement les quaUtés et les propriétés de ces corps ; elle détermine surtout leurs formes et leur solidité, ainsi que leur manière d'être dans l'espace, en raison de la quantité et de l'arrangement réciproque des molécules contenues sous un même volume. C'est ce que nous aurons occasion d'établir par la suite, en parlant de l'étendue des corps (31) et de l'action que ceux-ci éprouvent par la matière de la chaleur (30) qui peut les pénétrer. Pour les chimistes, dans un corps simple, ou qui ne contient qu'un seul élément, les molécules intégrantes ne sont retenues rapprochées que par la cohésion.
30. La propension que les molécules constituantes de nature différ^te ont è s'unir, à s'alher et à rester jointes ou combi-
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nées, porte aussi, et principalement alors, le nom à'affinilé. Comme nous l'avons dit, ce mot exprime, par une sorte de métaphore, quelles parties hétérogènes ou dissemblables peuvent établir entre elles et conserver une sorte de liaison ou de parenté qui, tant qu'elle persiste, confond et mêle, combine les éléments de leur substance. Cette affinité s'exerce à dififérents degrés entre' les principes constituants des corps, et par une sorte de choix ou de prédilection dont on ignore la cause. C'est ce qu'on nomme affinité élective. On a étudié avec soin en chimie ces degrés de tendance des molécules, les unes pour les autres, afin de reconnaître par ce moyen la composition des corps bruts, naturels et artificiels, et c'est une des bases de cette science. Ces combinaisons sont favorisées ou combattues, dans chacun des corps composés, par une série de circonstances que nous indiquerons successivement par la suite.
31. Après les phénomènes de l'attraction qui exerce une influence si marquée sur l'existence des corps, l'une des propriétés générales qui exige l'attention des naturalistes, est cette circonstance par laquelle ces corps occupent un lieu dans l'espace , sans se prolonger au delà : c'est ce que l'on nomme Yétendue. Pour avoir le complément de l'idée de l'étendue, il faut savoir que toute matière se refuse à abandonner la place qu'elle remplit, et qu'elle en exclut par conséquent toutes les autres, à moins qu'elle n'y soit forcée par quelque pouvoir extérieur. Cette seconde propriété, dépendante de l'étendue, est appelée Y impénétrabilité,
32. On peut mesurer dans les corps les points par lesquels ils se terminent extérieurement dans l'espace qu'ils occupent, et que l'on aperçoit sans pénétrer dans leur intérieur. Ces limites se nomment leur surface ou leur superficie. La disposition et la grandeur respective des différents plans qui terminent un corps et qui le limitent, donnent l'idée de sa forme, de sa figure ou de sa configuration.
33. On suppose qu'un corps limité , ou qui a une étendue déterminée, offre trois dimen$ion$; savoir : la longueur, la largeur et la profondeur, qu'on nomme encore l'épaisseur ou la hauteur. Considérés sous ces trois rapports, les corps ont une grosseur, une grandeur, en un mot plus exact et glus général,