AGENTS DE LA NATURE. — LUMIÈRE
par l'œil ou Torgane de la vision que nous pouvons uniquement percevoir la sensation de la lumière. On peut démontrer que la cause de cette sensation est réelle ; qu'elle dépend de la présence d'un fluide répandu dans l'espace où il se meut en tous sens et en rayonnant en ligne droite avec une excessive rapidité; qu'il est doué d'une ténuité telle, qu'il traverse en entier, et sans perdre de sa vitesse, certains corps qu'on nomme à cause de cela transparents, translucides ou diaphanes; qu'il donne à tous les corps de la nature, par la manière dont il se comportée leur surface, des qualités particulières que nous apprécions par la vue et que nous distinguons par leur coloration diverse.
56. La source d'où provient la lumière nous est inconnue; on croit que ce fluide émane du soleil, des autres planètes et des étoiles, et qu'il se manifeste ou semble être émis par certains corps ; en particulier par ceux qui sont soumis à la combustion; peut-être aussi par ceux qui ont été exposés longtemps à la lumière, et qui semblent restituer ce fluide. D'autres deviennent lumineux, ou, comme ou le dit, phosphorescents, lorsqu'on les frotte, quand on les choque vivement, quand on les expose à l'action de la chaleur ou de l'électricité ; quelquesuns même, lorsqu'ils s'altèrent, se combinent ou qu'ils se décomposent.
57. Tout objet visible ou éclairé porte à supposer, par l'expérience que nous en acquérons bientôt, qu'il est placé à une distance et dans des circonstances telles que la lumière a pu se diriger de la surface de ce corps sur l'œil qui le distingue; la lumière est donc la cause de la vision.
58. La lumière se comporte dans l'espace comme un fluide très-élastique qui se meut en lignes droites. Ces lignes ou les directions que suivent les diverses portions de la lumière se nomment des rayons. Si les rayons rencontrent sur leur route des corps opague*, la lumière est arrêtée; si ces objets ont une surface blanche ou polie, cette lumière est renvoyée en totalité, ou réfléchie sous le même angle qu'avaient les rayons, en arrivant sur la surface de ces corps. Si le plan qui reçoit la lumière est terne, et qu'il absorbe entièrement les rayons, nous avons la sensation du noir. Un rayon lumineux qui arrive sur
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la surface polie d*un corps transparent ou opaque est réfléchi en partie; mais beaucoup de surfaces ne réfléchissent que quelques parties de la lumière, laquelle éprouve alors une sorte de décomposition; la portion de lumière qui est réfléchie, fait naître la sensation des couleurs.
59. On conçoit que la disposition des plans qui limitent les corps, modifie considérablement la direction des rayons de lumière que ces plans réfléchissent, suivant qu'ils sont horizontaux, obliques, concaves ou convexes. Car alors, et dans le sens inverse de Tindication de ces surfaces, les rayons sont dispersés ou divergents, i^assemblés ou convergents, projetés dans l'espace sous un angle opposé à leur incidence, ou enfin ils reiaillissent dans leur direction première. Telles sont les loi$ de la réflexion de la lumière,
60. En traversant les corps diaphanes, ou, comme on le dit, des milieux transparents, la lumière éprouve une action, ou fait naître un phénomène tout particulier; si elle tombe verticalement, elle les traverse sans éprouver de déviation, mais si elle y arrive de manière à tomber obliquement sur la surface » elle est détournée de sa route ; le point par où elle pénètre n'est plus sur la môme ligne que celui par lequel elle semble sortir; le rayon, ou la ligne qu'elle suit, est comme brisé ou rompu. G'estce qu'on nomme la réfraction de la lumière. Toutes les fois que cette transition des rayons a lieu d'un milieu plus dense dans un autre qui l'est moins, leur brisure est telle qu'ils paraissent s'éloigner de la perpendiculaire, et que l'eflet est inverse, quand, par exemple, le rayon lumineux passe de l'air dans l'eau , comme on le voit tous les jours dans cette expérience, où l'on enfonce un bâton dans l'eau, d'une manière oblique , car alors l'image de la portion du bâton qui est hors de l'eau, et qui se représente à sa surface, parait brisée au point d'immersion.
61 . Quand , après avoir isolé une certaine quantité de rayons de lumière, comme ceux du soleil , on les dirige sur un prisme triangulaire de verre , dont les faces ne sont pas par conséquent parallèles entre elles: la lumière, au lieu de traverser ce milieu diaphane , y éprouve im changement notable qui semble être une sorte de dissection de cette niasse de lumière.