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CORPS INERTES. — DU MAMANT OU CARBONE

leurs plans, quand ils sont examinés attentivement, des stries ou lignes enfoncées parallèles qui indiquent qu'ils sont formés de lames qu'on a pu en effet détacher au moyen du clivage. Pesé dans l'eau distillée, le diamant perd les vingt-huit centièmes de son poids. Il est inodore et électrique par frottement; mais il n'est pas conducteur de l'électricité. Quoique le diamant réfléchisse très-bien la lumière, surtout lorsqu'il est poli, il la décompose quand elle le traverse, comme corps puissamment dispersif et réfringent. Newton avait soupçonné sa nature combustible d'après cette particularité. On a reconnu depuis, en effet, que lorsque le diamant était exposé à une chaleur trèsrforte avec le contact de l'air, et surtout du gaz oxygène, il se brûlait et disparaissait entièrement sous forme de gaz (478). 117. On n'a jusqu'ici trouvé des diamants qu'aux Grandes- Indes, principalement dans les royaumes de Golconde et de Yisapour, et au Brésil , au pied de quelques montagnes et souvent à la surface de la terre. Ils y sont presque toujours isolés ou éparsdans des terrains de transport ou d'alluvions, dans des vallées. Les diamants qui servent à la parure sont d'un prix très-élevé et qui augmente en raison de leur poids. On estime ce poids par carat, nom tiré de celui d'une sorte de semence qui équivaut à peu près à deux cent cinq milligrammes ou à quatre grains. Le plus beau qui soit en France porte le nom du régent ou du duc d'Orléans, qui l'acheta deux millions et demi. Il pèse cent trente-six carats : on l'estime maintenant plus de cinq millions, quoiqu'un diamant d'un carat ne soit vendu que deux cent soixante francs; mais celui-là est d'une grande beauté à cause de son eau ou de sa limpidité. Il est à peu près carré ; il a neuf lignes d'épaisseur sur treize et demie de large, car il est taillé en brillant, c'est-à-dire avec une grande face plane, entourée de facettes et opposée à une pyramide polyèdre.

118. La forme sous laquelle nous voyons le plus souvent le carbone est celle du charbon, dont nous faisons un si grand usage dans nos cuisines; mais sous cet état il n'est pas pur : les chimistes ont démontré qu'il contenait plusieurs gaz, en particulier de l'hydrogène, souvent .de l'eau, et toujours des terres, ou des oxydes tels que la potasse, le silex, la chaux. C'est ùiië

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substance d'un noir intense, friable, très-poreuse. Lecliarbou provient le plus ordinairement des matières organisées, et surtout des substances végétales et animales, comme le noir de lampe, de fumée, de pêches, le noir d'os, d'ivoire, qui ont été chauffées fortement et privées du contact de l'oxygène ; mais il s'en trouve aussi de fossile, qui, suivant sa nature et son état de pureté, prend le nom d'anthracite, de plombagine, de houille (219), de jais naturel, jayet ou lignite, dont on fait des parures de deuil. Quand, par la distillation , on a privé ce charbon de toutes les matières susceptibles de se volatiliser, oa obtient une substance qui offre à la chimie les mômes principes constituants. Elle brûle à l'aide de l'oxygène, sans entrer en fusion ou se ramollir, et se change en un gaz acide nommé carbonique (178), que nous étudierons par la suite avec l'eau et les autres corps brûlés. Le charbon sert principalement de combustible pour obtenir de la chaleur; il entre avec le soufre et le nitre dans la composition de la poudre à canon (183). Il est très-souvent employé dans les arts pour débrûler certains corps, pour polir les surfaces; il constitue la plupart des couleurs noires, dans l'encre de la Chine, dans celle des imprimeurs ; il absorbe les gaz et certaines odeurs fétides; il sert à décolorer, à clarifier, à désinfecter certains liquides, comme celles de l'eau et de la viande corrompues dont il arrête la putréfaction : uni au fer, il produit l'acier.

119, Le «oti/re se trouve fréquemment dans la nature, soit dans un état de pureté, soit en combinaison avec beaucoup d'autres substances dont on peut le séparer facilement. Quand il est pur, il se présente sous la forme d'un minéral solide, d'une couleur jaune-serin, quelquefois transparent, mais le plus souvent opaque; il est très-fragile, et la simple chaleur de la main dans laquelle on le tient suffit pour faire éclater quelques-unes de ses parties, qui, sans se détacher, font entendre I un léger craquement. Il exhale, lorsqu'on le frotte, une odeur particulière qui devient bien plus marquée lorsqu'on l'expose à la chaleur du feu, qui le fait fondre à peu près au même degré que l'eau exige pour bouillir. Il se volatilise par l'effet d'une plus forte chaleur, et forme une vapeur qui se cristallise aussitôt qu'elle se refroidit, et produit alors le soufre sublimé qu'on

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