‹ Eléments des sciences naturellesChapitre 48 sur 158 · CORPS INERTES. — MÉTAUX · texte numérisé non relu

CORPS INERTES. — MÉTAUX

i30. Nous avons indiqué (8â) les moyens que Tart emploie pour essayer les mines, pour reconnaître la nature et la quantité de métal que renfepme un minerai. Les métallurgistes, ou ceux qui traitent les mines en grand, mettent en pratique des procédés très-différents, suivant la nature du minerai ou du métal qu'ils veulent extraire. Nous dirons cependant qu'en général ils font un triage, c'est-à-dire des lots du minerai, suivant la quantité présumée de métal que les morceaux paraissent contenir. Puis, ils font chauffer fortement ces minerais, afin de vaporiser les substances qui en sont susceptibles, et de les réduire plus facilement en fragments, à l'aide de divers procédés qu'on désigne sous le nom général de bocardage ou action de bocarder. Souvent on lave le minerai ; et après cette opération, qui se compose de divers moyens propres à isoler les parties les plus lourdes, et par cela même les plus riches en métal, on fait sécher la mine, on l'unit à des substances combustibles, comme du charbon, auxquelles on associe des matières susceptibles de se fondre à un grand feu, et de s'y décomposer, comme du nitre, du sel de cuisine ou des terres alcalines, à l'aide desquels le métal se trouve d'abord réduit, ' débrûlé ou revivifié dans des fourneaux dont la forme et la disposition varient. Le plus souvent encore, après ces opérations, on est obligé de soumettre le métal à une nouvelle fusion, pour le débarrasser des matières qui altéraient sa pureté, et qui auraient de grands inconvénients.

431 . Pour donner une idée exacte de l'état de la science, relativement aux métaux, nous ferons connaître les divisions que les chimistes ont établies parmi ces corps; et, quoique les naturalistes ne puissent pas adopter cette classification , l'exposé rapide que nous allo^s en faire servira d'indication pour l'ordre dans lequel nous nous proposons de faire l'histoire de ces substances. Il existe dans la nature un certain nombre de matières qui ont presque toutes les propriétés des oxydes métalliques; la chimie les a, par analogie, considérées comme des métaux unis à l'oxygène, pour lequel ils ont une affinité si grande, qu'on n'a pu encore les en séparer ou les réduire (106). Nous les considérerons comme des corps brûlés, et nous en traiterons sous le titre de terres ^ nom qu'on leur a donné pendant longtemps

Cffm INERTU. -^ MÉTAUI.

parée qu'où n^srait pas recoonu leur Téritablecompontioii» t^les «ont la cbaoïc, la magnésie, la silice, etc. (159). D'autres oxydes , à Taide de procédés trèS'DOuvellement découTcrts , en particulier par rinflnence de Tageot électrique, ou par ractioii combinée d'une très-forte cbaleur, et de Tafilnité d'un corps {dus combustible encore, ont été réduits à Tétat métaUiqiie; mais ces métaui, exposés à Tair libre, ont une si grande tendance à s'unir à l'oxygène, qu'ils renièrent à l'atmosphère, à l'eau, à toi]» les corps qui en contiennent. Ils reprennent la forme d'oxyde, a^ec des propriétés très-particulières que l'on nomme alcalines : nous les ferons connaître sous )e titre d'aleaiis (79-i58).

i52. Les autres métaux ont été rangés par les chimistes dans quatre sections principales : la première comprend ceux qui décomposent l'air à l'aide d'une très-forte cbaleur, qui absorbent et retiennent l'oxygène à toutes les températures , tels sont le manffonète (i56), le fer (155), Yétain (153), le zinc (151). Aucun des autres métaux qui suivent n'enlève l'oxygène à l'eau; mais les uns sont oxydables, et restentoxydés à une température élevée, quoique variable pour chacun d'eux. Tels sont, parmi les plus connus, Y arsenic (141), Y antimoine (142), le cobalt (143), le bismuth (144), le cuivre (146), le plomb (148), et plusieurs autres que la chimie a étudiés, et que nous indiquerons sommairement , parce qu'ils ne sont pas du domaine de l'histoire naturelle. La troisième section comprend aussi des métaux oxydables, à une température déterminée; mais se vaporisant quand le degré de chaleur est plus élevé : tel est en particulier \e mercure (139). Enfin, dans une quatrième section, pariaquelle nous commencerons l'étude particulière des métaux, on a rangé ceux qui n'absorbent jamais directement l'oxygène, et dont les oxydes se réduisent par l'effet d'une forte chaleur, tels sont le platine (133), l'or (135), Yargent (137), et trois autres moins connus (138).

133. Le platine est le métal le plus pesant, le moins fusible et le moins oxydable. Lorsqu'il est pur, il n'est pas très-dur, mais il jouit à un très-haut degré de la malléabilité, de la ductilité et de la ténacité. Sa couleur est blanche, brillante, analogue à eélle de l'argent et de l'acier poli< On le trouve natif dans YÂ^

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jfûériqtie ffiéridiotiale, att Brésil, au Pérou et datis les ttonts Ourals en Russie. Le plus souvent il est en petits grains roulés, dans un sable mêlé de paillettes d'or; mais il est rarement pur; 11 s'y troute combiné avec plusieurs autres métaux , tels que le rhodium , le palladium , etc. On ne peut le dissoudre que dans un mélange d*aoldes, qui est Teau régale des orfèvres; puis on le précipitée Taided'un alcalin 11 forme alors une masse spongieuse, qui est le métal que Ton bat sous le marteau, en Tunissant quelquefois à un peu d*arsenic, et en le faisant rougir fortement.

i54. Le platine est très-précieux pour les arts chimiques, parce qu'il ne s'altère pas par l'oxydation, et qu'il s'allonge ou se dilate très-peu par l'effet de la chaleur qui ne le fait pas fondre, et qu*îl ne se dissout et se combine qu'avec un très-petit nombre de corps, comme le plomb, le phosphore. Les chimistes l'emploient pour leurs opérations, sous forme de tubes, de creusets, de capsules, de bassines et même des chaudières pour purifier ou concentrer certains acides. On s'en sert pour fabriquer des instruments de mathématiques et d'horlogerie très-parfaits, des miroirs d'optique, des bijoux. On en garnit les lumières des canons de fusil ; on en double l'intérieur des bassinets où la poudre s'enflamme. Après avoir enveloppé Un fil de platine d'une couche épaisse d'argent, on a fait passer de nouveau à la filière ces métaux réunis, puis, à l'aide de l'acide nitrique , ou a dissous la couche extérieure de l'argent; on a obtenu par ce procédé des fils de platine d'une ténuité excessive et cependant inaltérables, qui ont été employés fort utilement dans certains instruments d'optique.

i55. L'or vient immédiatement après le platine, pour la pesanteur; mais il est d'un jaune brillant, plus facile à fondre que le cuivre; il est moins dur que l'argent, beaucoup plus que rétain. Il n'a ni odeur ni saveur. C'est le plus ductile, le plus tenace et le plus malléable de tous les métaux. 11 n'est pas dissous par l'acide azotique' ou l'eau forte pure; aussi les orfèvres se servent-ils de cet acide pour reconnaître la qualité ou le plus ou moins de pureté de ce métal, quand il est allié, en le frottant sur la pierre de touche (2il). On le trouve principalement à l'état pur ou natif au Mexique et au Pérou» au Brésil» en

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