BOTANIQUE. — LINNÉ
est le savant qui a vu et décrit le plus grand nombre d'objets d'histoire naturelle. Il a publié ses recherches et son système de botanique depuis l'année 1737 jusqu'en 1777. Cet auteur, pour établir son système, n'a considéré dans les plantes que les fleurs ou les organes de la génération, mâles et femelles; aussi appelle-t-on l'arrangement qu'il a inventé le système seocueL
376. D'après cette manière d'étudier, il a fait vingt-quatre classes de toutes les plantes, suivant le nombre, l'insertion, la longueur respective, la réunion ou la séparation des étamines. C'est à la dernière classe , appelée crt/pfo^famie, qu'appartiennent les plantes sur lesquelles on ne voit point de fleurs, comme les champignons, les fougères, les mousses, les varechs et beaucoup d'autres. On a observé des fleurs ou des organes de fructification bien distincts sur tous les autres végétaux.
377. Chez les uns, les fleurs contiennent en même temps les organes mâles et femelles, c'est-à-dire que dans chacune il y a réunion des étamines et des pistils : on les nomme hermaphrodites; les autres, au contraire, n'ont que des étamines ou des pistils séparés; ils sont dits unisexuels, et ils forment les trois avant-dernières classes. Tantôt les étamines et les pistils sont situés dans des fleurs différentes, mais sur un môme pied ; c'est le cas de la vingt-unième classe , qu'on nomme monoécie. Nous en avons des exemples dans le blé de Turquie , la citrouille, le noyer, etc. Tantôt les fleurs mâles sont situées sur un pied de plante différent de celui qui porte les femelles; cette disposition constitue la classe de la dioécie ; le chanvre, le houblon, le saule, etc., sont dans ce cas; ou enfin l'on observe sur un même végétal des fleurs mâles, d'autres femelles, et quelquesunes qui ont tout à la fois des étamines et des pistils. Tel est le caractère de la vingt-troisième classe, qu'on désigne sous le nom de polygamie , et dont la pariétaire, l'arroche, le frêne , etc., peuvent être cités comme exemples.
378. Quatre considérations principales ont fait ensuite ranger les plantes à fleurs hermaphrodites dans les vingt premières classes; savoir, !•* d'après le nomôrc des étamines, quand elles sont isolées, à peu près de même longueur, et qu'il n'y en a pas plus de douze, ce qui forme les onze premières classes (PI. VI,
fig. 1 à li) ; 2° quand il y a plus de douze étamines, on recherche le lieu de leur insertion , si on les enlève avec le calice ou non , ce qui constitue les deux classes suivantes (fig. là, 13) ; 3° s'il y a quatre ou deux étamines, dont deux plus longues ou de proportion inégale, cette particularité détermine les quatorzième et quinzième classes (ûg. 14, 15); 4'' si les étamines ont quelque connexion ^ soit entre elles, soit avec le pistil, ces plantes constituent les cinq autres classes (fig. 16 à 20).
379. Linné a composé, pour chacune de ces classes, des noms qui tous indiquent le caractère essentiel; ainsi , pour les treize premières classes, il a donné aux mots grecs qui expriment les nombres, la désinence andrie, qui signifie mâle ou étamiue ; de sorte que monandrie (fig. 1 ) veut dire une étamine ; diandrie, deux (fig. 2); triandrie, trois (fig. 3); tétrandriCy quatre (fig. 4); pentandrie^ cinq (fig. 5); hexandrie^ six (fig. 6); heptandrie, sept (fig. 7); octandrie, huit (fig. 8); ennéandrie^ neuf (fig. 9); décandrie ^ dix (fig. 10); dodécandrie^ douze (fig. 11); icosandrie, vingt (fig. 12); et polyandrie {ûg. 13), beaucoup 4*étamines. Mais ces deux dernières classes sont plutôt distinguées par l'insertion des étamines que par leur nombre précis. En effet, le caractère de la douzième classe réside dans cette particularité, qu'on ne peut pas enlever le calice de la fleur, sans arracher en même temps les étamines, qui sont quelquefois au nombre de vingt. Le caractère opposé, ou la non-adhérence des étamines au calice, est le propre des plantes polyandres de Linné. Le nombre est donc peu important, quand il excède celui de douze.
380. La quatorzième et la quinzième classe ont pris la terminaison dynamie^ qui signifie puissance, parce qu'il y a alors deux ou quatre étamines plus longues : ainsi l'une s'appelle dtdynamie (fig. 14), comme l'ortie blanche; l'autre tétradynamie (fig. 15), comme le chou, la giroflée. Les trois classes suivantes ont aussi reçu des noms de nombre, auxquels Linné a joint le mot adelphie , qui signifie parenté ou venant d'une même tige. La seizième classe s'appelle donc monadelphie {f\%. 16), telles sont les mauves : la dix-septième, diadelphie (fig. 17), comme les pois ; et la dix-huitième, polyadelphie (fig. 18), dont l'oraii-' ger, le millepertuis sont des exemples.