JUSSIEU. ORDRES
acotylédonés , ou dont la fleuret les graines sont peu connues. 1.
/hypogynet 11.
monoeotylédonés : à étamines distinguées par leur insertion en. . .
apétales .* étamines..
dicotylédones:
à fleurs.
< périgyoes 111.
Vépigynes IV.
épigynes V.
périgynes VI.
bypogynes. ....... VU.
hypogyne VUI.
|monopéla1es1périgyne IX.
'^"""'••- épiç,„e:à ('*»■"«•••• X- \»'"'^*"«''-|dislincles. XI.
iépigynes }UI.
hypogyne» XIU.
périgynes XIV.
diclines irréguliéres on unisexuelles vraies XV.
monocUnes et
Dans ces derniers temps on a donné des noms de classes à chacun de ces ordres; mais comme dans les fougères on n*avaif pas reconnu de véritables étamines , on a réuni cette famille aux acotylédonées. Voici le nom des classes par lesquels on désigne ces quinze ordres dans la même série, avec les numéros des paragraphes auxquels leur histoire se rapporte dans ce volume. I. AcoTYLÉDONiE (454), et Ics Fougères (444). — II. Monoht-
POGYNIE (445). — III. MOWOPÉiaGÎNIB (450). — IV. Monoépigt- WE (456). —V. ÉPiSTAMiNiE (464). — VI. Pérîstaminib (465). — VII. Hypostamtnie (469). — VIII. Hypocorollie (474). —IX. PÊ-
RICOROLLIE (489). — X. SyNANTHÉRIE (493). — XI. CORYSANTHÉ-
RiB (498). — XII. ÉPiPÉTALiE (502). — XIII. Hypopétalie (505). — XIV. PÉRiPÉTALiE (522). — XV. Dïclinie (536).
465. On voit par cette table que les plantes dont les graines ont deux cotylédons constituent beaucoup plus d*ordres ou de classes que les autres végétaux. En généraJ, leurs fleurs sont
aSt MÉTHODE NATURELLE.
hermaphrodites; il n'y a même que le quinzième ordre qui comprenne des plantes véritablement unisexuelles. Quand on rencontre, parmi les autres, quelques végétaux dans ce cas, cela provient ordinairement de Favortement des étamines, dont on retrouve presque toujours les rudiments : voilà pourquoi on a donné aux unes le nom de monoclinesy ou dont les organes mâles et femelles se trouvent sur la même plante , et aux autres le nom de diclines,
464. Les plantes dicotylédones, à Heurs monoclines apétales et à étamines épigynes, ou de Yépistaminie, qui forment le cinquième ordre, ont le périgone d'une seule pièce, et un ovaire unique, adhérent, et à plusieurs loges; elles sont toutes comprises dans une seule famille, sous le nom ù'asaroïdes ou d'AiisTOLOCHiÉES ; IcuTs flcurs, prcsque toujours solitaircs, sont d'une forme bizarre ; tels sont les aristoloches proprement dites, ïasaretovL cabaret, lecytinet et le népenthês qu'on a rapproché de cette famille (58i).
465. Le sixième ordre, ou làpéristaminiej qui réunit toutes les plantes apétales, mais à fleurs monoclines et périgynes , est formé de six familles bien distinctes. Trois d'entre elles portent leurs étamines sur le sommet du calice : ce sont, !• les éléagnees (466), qui ont en même temps l'ovaire inférieur ou adhérent ; la graine unique que renferme leur fruit est le plus souvent enveloppée d'un périsperme charnu; 2" les thy mêlées (467), dont l'ovaire est libre, les étamines en nombre égal aux divisions du périgone, et la graine sans périsperme ; 3" les prolées (467), dont les étamines sont le plus souvent en nombre double de celui des divisions du périgone, et l'ovaire libre. Dans les trois autres familles, les étamines sont attachées à la base du calice; tels sont : 4° les lauriers (467), qui sont des arbres et arbrisseaux aromatiques, dont les fleurs ont des étamines au nombre de six ou de douze , dont les anthères s'ouvrent par des valves, et qui offrent sur leurs filets des rudiments d'autres anthères comme avortées : ils ont pour fruit un drupe ou une baie dont la semence n'a pas de périsperme ; 5* les polygonées (468), plantes herbacées, à base des pétioles élargie, à fleurs hermaphrodites, dont les anthères sont marquées de quatre sillons, dont le fruit est un cariopse à périsperme très-farineux; 6« eu-
fin , les arroches (468) , qui sont aussi pour la plupart des herbes, ayant quelquefois des baies pour fruits, mais dont la graine est toujours recouverte par un périsperme farineux.
466. Les Ghalefs ou Éléagnëes sont des arbrisseaux à feuilles disposées en quinconce , dont le périgone, souvent d'une couleur remarquable en dedans, ressemble à un tube évasé et régulièrement découpé en deux ou cinq lobes. Ils renferment peu de genres : les uns ont cinq étamines, comme le thésion, le tupelo et le cAa/e/" proprement dit, ou olivier de Bohême; d'autres n'en ont que trois, comme VogyriSy qui est en même temps dioïque : il en est qui en ont quatre, comme Vhippophaé ou argousier (582). On a rapproché de cette famille le santaL
467. La famille des Thymelées ou Daphnoïdes comprend aussi des arbrisseaux dont les fleurs sont le plus souvent hermaphrodites . et dont les boutons des feuilles sont recouverts d'écaillés avant leur développement. Tels sont les daphnés (583), le lagetto ou bois de dentelle , la passerine . tels que le bois gentil, le lauréole^ le thymelée, la gnidie. Les Protées ou protéoïdes sont des arbrisseaux étrangers, dont le feuillage est très-beau. On ne connaît que deux genres de cette famille : les protée$ et les banksies. Les Lauriers ou Laurinées, dont nous avons indiqué plus haut les caractères, ne comprennent encore que le genre laurier^ et peut-être celui du mmea^ dier (584).
468. Les Polygonées ou Persicaires renferment les renouées (PI. I, fig. 5) ou bistortes, les rumex, dont l'oseille et la patience sont des espèces, la rhubarbe^ le raisinier, etc. (585). Les Arroches ou Chénopodés donnent tantôt des baies, comme lephylolacca, le riviniaAe 6o«ea, etc.; tantôt des capsules, comme la petiverie^ la camphrée; tantôt des semences recouvertes par le calice, comme les atriplicées, telles que lessoudes^ Vépinard, la bette, làblète, ïansérine ^ les arroches y la salicorne , etc. (586).
469. L'ordre septième, dit ffypostaminie, ou à étamines hypogynes dans des fleurs apétales et monoclines, comprend quatre familles qui toutes ont l'ovaire unique, simple, et une seule semence ou une capsule distincte du calice, qui est libre, et qui
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porte souvent des écailles en forme de pétales. Ce sont : 1"* les Bmaranlacées (470); 2« les planta ginées (471); 3* les nyeta" giflées (472), et les plombaginées (473).
470. Les Amarantàcées sont des herbes à feuilles souvent accompagnées de stipules, dont les fleurs, généralement petite^ et biseiuelles, à cinq étamines, sont ramassées et produisent dœ capsules à une loge ; elles comprennent les genres suivants? amarante ^ paronique y herniaire y amarantine, cadelari.
471. Les Plant AGiNÉES sont aussi de nature herbacée ; leurs fleurs sont le plus souvent disposées en épis ou en tête; elleë semblent être munies d'un double périgone dont Tintérieur est d'une seule pièce membraneuse, sur laquelle sont attachées les étamines au nombre de quatre : la capsule est libre; elle s'our vre circulairement comme une boîte à savonnette. On n*a encore placé dans cette famille que les trois genres pulicaire ou herbes aux puces, Uttorelle et plantain.
472. Les Ntctaginées ont reçu, à ce quMl paraît, ce nom de Thabitude qu'ont les fleurs de la plupart des genres, de s'épanouir pendant la nuit. Il y a parmi elles des espèces herbacée» et d'autres ligneuses : le périgone de la plupart est coloré, et ressemble d'autant plus à une corolle en entonnoir, que souvent il est garni à sa base de feuilles ou de bractées qui ont l'apparence d'un calice. Le fruit est une semence nue. Toutes les plantes de cette famille sont exotiques; mais plusieurs ont été acclimatées en Europe. On y rapporte les nyctages proprement dits, nommés aussi belles de nuit ou faux jalaps, Vabronia , et d'autres encore moins connues, comme la Boerhaavia^ XAllionia , la Pisonia , etc.
473. Les Plombaginées ou Dentelaires sont aussi des plantes hermaphrodites dont la consistance de la tige varie. Leur périgone paraît double ; mais quoique l'intérieur, qui tient lieu de corolles, soit d'une seule pièce, les étamines n'y sont pas insérées : elles offrent une capsule non adhérente qui ne contient qu'une semence. On rapporte ici les genres dentelaire et statice,
474. Nous sommes arrivés presque insensiblement à l'étude des plantes dicotylédonées monoclines, à corolles monopétales ou hypocorelHe, qui composent le huitième ordre. Mais comme
MÉTHODE NATURELLE. 23ii
les étamines sont toujours portées par la corolle , quand celle-ci est d'une seule pièce, il faut examiner l'insertion de la corolle qui détermine celle des organes mâles. Ainsi les étamines hypogynes supposent que l'ovaire est libre, supérieur, ou dans la corolle. Presque toujours alors il est unique, et le calice ou le périgone extérieur est aussi d'une seule pièce. La plus ou moins grande régularité de la corolle, la proportion et le nombre des étamines, les différences que présentent les fruits, ont servi à subdiviser cet ordre en quinze familles, dont nous allons indiquer les noms, pour les faire connaître ensuite avec un peu plus de détails. 1* Les primulacées (475); â** les rhinanthaeée$ (476); 3" les acanthacees (477); 4° les Jasminées (478); S* les pyrénacées (479); 6** les labiées (480); 7" les personnées (481); 8° les solanées (482); 9» les borraginées (483); 10» les convolvulacées (484); W les polémoniacées, et 42° les bignonées (485); 13*" les gentianées (486); 14o les apocynées (487); 15<> les sapoiilliers (488).
475. Les Prihulàcées ou Lysimachies sont en général des herbes à racines vivaces, à fleurs le plus ordinairement régulières, et portées tantôt sur une hampe ou pédoncule commun, et disposées comme en ombelle; tantôt sur des pédoncules^ qui naissent dans l'aisselle des feuilles et sur la tige. Ces fleurs ont un calice persistant; une corolle tubulée, dont le limbe offre autant de lobes qu'elle renferme intérieurement d'étamines, qui se trouvent placées au devant de chacun d'eux : le fruit est le plus ordinairement une capsule qui s'ouvre de diverses manières. La disposition des fleurs a fait partager les genres de cette famille en deux sections : 1° ceux à tige feuillée, comme les centenilleSy le mouron à fleurs rouges ou bleues, les lysi^ maques, Vhottone ou plumeau, etc.; 2° ceux à hampe, comme les primevères, oreilles d'ours ou auricules, la giroselle ou dodécathéon, le cyclamen ou pain de pourceau, Yandrosace. On a aussi rapproché de cette famille le samole , dont l'ovaire est un peu adhérent, et les globulaires , dont les fleurs en tête sont réunies par un involucre, et placées sur un réceptacle pailleux. Les espèces de ce genre auraient quelque analogie avec les dipsacées, si leur ovaire n'était libre; ces dernières diffèrent d'ailleurs des primulacées, parce que leurs corolles sont moins ré-
gulières et qu*elles n'ont pas de capsules, mais une seule graine dans chaque calice.
476. Les Rhinanthacées, qu'on a encore nommées Pédiculaires, ont la tige le plus souvent herbacée, à feuilles simples, dont les supérieures portent ordinairement des fleurs axillaires, quelquefois en épis; leur corolle, presque toujours irrégulière, renferme des étamines en nombre pair, deux, quatre ou huit : le fruit est une capsule à deux loges et à deux valves. Qn les a partagées en deux sections : l** les rhinanthacées proprement dites, qui ont les valves de la capsule soudées par leur nervure, comme les poly galas, les véroniques^ les euphr aises, les pédiculaires , les cocrèies crêtes de coq ou rhinanthes, les'm«lampyres ou blés de vache ; 2<> les orobanchées, dont on a même fait une famille, parce que les valves de leur capsule uniloculaire sont libres. La plupart sont des plantes parasites, sans feuilles, dont les tiges sont de la couleur des fleurs, comme les or<h hanches , les hyobanches, les lathrées ou clandestines (587).
477. Les AcANTHACÉEs ou Acanthoïdes ressemblent beaucoup aux plantes comprises dans la famille précécente, dont elles ne diffèrent essentiellement que par la cloison de leur capsule , qui se trouve opposée aux valves, et qui se partage élastiquement en deux parties où l'on voit les graines retenues par des filaments crochus. Le plus souvent leurs fleurs sont opposées entre elles , ainsi que les feuilles. Elles ont ordinairement des bractées. On distingue les genres qui ont quatre étamines didynames, comme V acanthe^ la barrelière, la cru5fo/c, de ceux qui n'ont que deux étamines seulement, comme Idijusticie ou carmantine.
478. Les Jashinëes sont des arbrisseaux ou des arbres qui ont le calice ou la corolle en tube, disposés en corymbe ou en panicule, et deux.étamines seulement; leur fruit est une capsule, un drupe ou une baie; leurs branches et leurs feuilles sont le plus ordinairement opposées. Les genres qui ont une capsule ou une samarre (331) forment un premier groupe dont on a même fait une famille sous le nom de Lilacées : tels sont le nias , le frêne , la fontanésie. Le second groupe comprend les jasminées vraies, comme \e jasmin, V olivier, lefilaria, le troène , etc., dont le fruit est un drupe ou une baie (588),
479. Les Gâttiliers, nommés encore YEaBÉNACtiES ou PïrénacÉss parce que leur fruit est une baie, semblent lier la famille précédente à celle qui suit. Ce sont des herbes et des arbrisseaux à feuilles opposées, à fleurs en corymbe ou en épis, dont les étamines sont quelquefois au nombre de deux ou de six , mais le plus souvent de quatre. La plupart des plantes de cette famille sont ï^exotiques, à l'exception du gatlilier commun et des verveines. On y range aussi les cytharexylons ou bois de guitare, leslantanas, etc.
480. La famille des Labiées est si naturelle , que presque tous les auteurs systématiques ont été forcés de la conserver dans leurs arrangements. Elles correspondent aux didynames gymnospermes et aux verticillées de Linné , aux gymnotétraspermes d'Hermann. Toutes sont odorantes. Leur tige estquadrangulaire; à rameaux et à feuilles opposés; à fleurs provenant de Faisselle des feuilles; à corolle irrégulière offrant cinq divisions , dont les deux supérieures, souvent réunies, sont séparées des trois autres; à quatre ou à deux étamines. Leur fruit est composé de quatre cariopses , qui n'ont qu'un style commun à stigmate fourchu. Cette famille est si nombreuse, et les genres ont tant de rapports entre eux, que pour les distinguer on a été obligé d'emprunter des caractères de peu d'importance : les divisions premières sont établies d'abord sur le nombre des étamines. Les uns n'en ont que deux fertiles, comme le lycope, la monarde, le romarin j la sauge ; les autres genres ont quatre étamines ; mais tantôt la lèvre supérieure de la corolle est presque nulle, comme dans la bugle, \di germandrée ; tantôt la corolle est à lobes presque égaux et les étamines sont très-écartées, comme dans la sarriette, les menthes , les thyms ; tantôt la corolle est tout à fait à deux lèvres et le calice à cinq dents distinctes, comme dans 1'%^sope , la cataire ou herbe aux chats, la lavande , le herre terrestre ou glécome, le lamier, la bétoine, le marrtibe, le phlo^ mis, la molucelle, etc.; ou le calice est lui-môme à deux lèvres, comme V origan, la mélisse , le basilic, la brunelle, la toque, etc. (589).
481. Les Personnées correspondent aux fleurs en masque ou en gueule deTournefort (352); ce sont des plantes herbacées
iM MÉTfiODB NATimELlB.
qui ont beaucoup de rapports avec celles de la famille précédente ; mais leur fruit est une capsule à une ou deux loges ; la plupart ont une odeur et une saveur désagréables. Ce groupe est encore très-naturel; mais les genres en sont moins nombreux, et se distinguent par conséquent avec plus de facilité. Les uns n'ont que deux étamines, comme rtitrtcti* laire, la grasette ou pinguicule, làpoedérote, etc. Les autres en ont quatre ; et tantôt on ne trouve à l'époque de la maturité qu'une seule loge dans la capsule, comme dans la limoielle, ]&lindemie; tantôt il y a deux loges bien distinctes, comme dans les scrofulaires , les linaires , les mufliers , les digitales^ les gratioles, etc. (590).
483. La famille des Solànëes , que Linné appelait les Tristes ou les Blêmes, comprend des plantes qui ont une odeur désagréable et un aspect sombre. Ce sont des herbes ou des arbrisseaux dont les fleurs, ordinairement régulières, ont le plud souvent un calice à cinq divisions, cinq angles à la corolle, cinq étamines, un style unique qui se rend à une capsule ou à une baie. Ces fleurs naissent presque constamment hors des aisselles des feuilles; on les a distinguées en deux sections. Dans la première le fruit est une capsule , comme dans la famille précédente , dont les genres diffèrent par leurs cinq étamines. Tels sont les eelsies, les verbasques, bouillons ou molènes, lesjusquiames, les tabacs ou nicotianes , et les datura ou stramoines. Dans la seconde sont compris les genres dont le fruit est une baie, comme la mandragore, Vairopa , le coqueret, les morelles qui comprennent les tomates , les aubergines , les pommes de terre, le&pimenis, etlesiycte/^ou jasminoîdes(391).
483. Les BoRRÀGiNtEs, Borragines ou Aspérifoliées, ont reçu ce dernier nom parce que la plupart des espèces ont les feuilles alternes, couvertes d'aspérités et de poils roides. Dans cette famille , les fleurs ont toutes leurs parties externes divisées en cinq I l'ovaire est à quatre lobes distincts, et n'a qu'un style. Dans quelques genres, l'ouverture de la corolle est libre, comme dans le melinet, l'héliotrope, la vipérine, le grémil^ la pulmonaire; chez d'autres, cet orifice est formé par cinq écailles, comme dans la consoude, la scorpione, la buglosse, la bourrache, la cynoglosse^ \B,rapette (592).
MÉTHODS NATURfiLLt. 2^
484. Les Liserons ou Gontolyulacées , les Campanacées de Linné, dont on a trouvé des espèces dans tous les climats, ont des feuilles toujours alternes et simples , et la tige trèsfiouvent grimpante. Leurs fleurs sont en cloche à cinq plis principaux, qui sont comme tordus sur eux-mêmes avant la floraison ou leur entier épanouissement; à cinq étamines alternes avec les lobes du limbe, quand il y en a; Tovaire est simple, surmonté d'un ou de plusieurs styles; c'est une capsule à deux ou trois loges au plus. Les graines sont osseuses avec un ombilic distinct; on trouve dans leur intérieur des cotylédons contournés dans un périsperme mucilagineux. Il y a deux sections dans cette famille. La première comprend les genres qui n'ont qu'un seul stylo, comme les liserons , les ipomées; la seconde, les genres qui ont plusieurs styles et les stigmates simples, comme les évolvules , la cresse , la ctii-* cute (593).
485. Les PoLÉHOifiACÉES ou les Polémoines sont, pour la plGh part , des plantes étrangères qui ont beaucoup d'analogie aveo celles de la précédente famille : elles en difl'èrent par la capsule dont le réceptacle central porte des cloisons qui correspondent, non à la suture des valves, mais avec une cô^e ou une arête saillante qu'elles off*rent vers leur milieu : c'est là qu'on rapporte les phlox , les polémoines et le cobœa originaire du Mexique, mais cultivé dans nos jardins, à cause delà beautéde ses fleurs. Les Bignones ou Bignonées, qui forment la famille suivante, portent aussi de très-belles fleurs, dont les corolles sont le plus souvent irrégulières, disposées en panicule, aveo quatre étamines didynames et une stérile, auxquelles succède un fruit à deux loges. Les genres de ce groupe sont les iésames , dont les semences procurent de l'huile aux Arabes de l'Orient, particularité déjà indiquée par Hérodote, et dont l'Egypte envoie maintenant à Marseille une très-grande quantité de graines, qui donnent jusqu'à 90 pour 100 de leur poids d'une huile dont les fabricants de savon tirent le plus grand parti ; les catalpas , les paulownias j les bignones , les martynias.
486. Les Gentianes ou Gsntuhées ont les feuilles opposées , le plus souvent sans pétiole et entières; elles portent de belles fleurs^ dont la corolle se sèche sans tomber ; leur fruit est une
capsule simple ou profondément divisée en deux lobes contenant beaucoup de graines qui ont un périsperme charnu. Les genres dont la capsule est simple sont la gentiane , la chlora et le ménianihey etc. ; ceux dont la capsule présente deux lobes profonds sont la sjngélie et Vophiorhiza (594).
487. Les Apogynées ou âsclépudëes ont beaucoup de rapports avec la seconde section des Gentianées : ce sont des plantes la plupart ligneuses, qui se contournent de droite à fauche, àTinverse de la plupart des autres plantes grimpantes. Leur corolle est souvent accompagnée d'appendices particuliers de formes bizarres. Leurs semences, ordinairement couronnées par des poils, sont renfermées dans deux follicules accolés, plus gros ou plus larges dans leur partie moyenne. C'est là qu'on rapporte la pervenche^ le taberné, le frangipa-nier, le laurier rose ou nerium , les apocyns (595).
488. Enfin, la famille des Sapotilliers ou des Hilospermes, ainsi nommée parce qu'on observe sur leurs semences un ombilic très-prononcé, comprend des arbres et des arbrisseaux exotiques dont le suc est laiteux, les feuilles simples, alternes, les fieurs petites, en faisceaux, et dont les fruits sont des baies ou des drupes. On place ici le&jacquiniers, les sidé^ roxylons ou argans, les mimusopes, les chrysophyUe$ , les sapotilliers, etc. (596).
489. Le neuvième ordre des familles naturelles correspond aux plantes dicotylédones, monoclines, monopétales et à étamines insérées autour du pistil, c'est la Péricorollie. Elle ne comprend que quatre familles, dont les fruits établissent trèsbien la distinction, quoiqu'ils soient toujours multiloculaires. Ainsi, dans les ébénacees (490), les loges ne renferment qu'une semence; dans les rhodoracées (490), elles eu contiennent beaucoup, attachées à un placenta central, et ces loges sont formées par les rebords rentrants des valves. Cette disposition est à peu près la même dans les éricacées (491 ) ; mais les cloisons proviennent de la partie moyenne des valves. Enfin, dans les campanulacées (492) , la capsule s'ouvre sur le côté par des trous qui semblent avoir été ménagés exprès pendant le développement de la graine.