Les ÉBÉNACEES ou Plaqueminiers sont des arbres ou ar
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brisseaux pour la plupart exotiques; ils comprennent les dios-pyros, parmi lesquels se trouve le bois d*ébène. Les Rhodorà- CÉES OU Rosages sont aussi des arbrisseaux dont les feuilles» pendant leur développement, ont souvent leurs bords roulés en dessous, et dont les fleurs sont disposées en corymbe. Les uns ont une corolle bien évidemment monopétale, comme les kaîmieSf les rosages ou rhododendranêf et Y azalée; d'autres ont la corolle presque polypétale , comme le rhodora , les lédans, etc. (597j.
^91. Les Bicornes ou Éricacées sont aussi des arbrisseaux à très-petites feuilles, souvent opposées ou disposées en verticilles : leurs corolles se dessèchent ordinairement sur la tige, et changent peu de couleur; les anthères sont très-souvent fourchues à la base. Les unes ont l'ovaire bien libre, comme les bruyèreê , les andromèdes, les arbousiers, autrement dits busseroles ou raisins d'ours, les pyroles; d'autres ont l'ovaire presque adhérent, comme Yairelle ou myrtille (598).
^9â. Les Gàmpànulàcëes sont, pour le plus grand nombre, des plantes herbacées, dont la tige renferme un suc laiteux; leurs feuilles sont simples, souvent dentelées; le calice tient ^ l'ovaire et fait corps avec lui , ainsi que la base des filets des étamines qui persiste après la fécondation. Les genres rangés dans cette famille se partagent en deux sections : car les uns ont les anthères distinctes et libres, comme les campanules, les raiponces, etc.; d'autres ont les anthères réunies, comme les lobelles, lesjasiones (599).
495. Les ordres dixième et onzième, qu'on désigne sous le nom général d'Epicorollie, et qui réunissent ainsi la Synanthérie et la Corysanthérie , comprennent tous les genres de plantes à corolle monopétale insérée au-dessus du pistil, comme les composées et beaucoup d'autres. Or, la réunion des anthères, qui fait le caractère de la syngénésie dans le système sexuel, ayant montré une division très-naturelle, M. de Jussieu a cru devoir la conserver sous le titre de Synanthérie, en admettant même la distinction de Tournefort (563) ; il n'en a cependant pas emprunté les noms, il a préféré ceux de Vaillant, qui sont : 1*» les chicoracées (495); 2« les cinarocéphales (496); 3° les corymbifères (497). Toutes les autres plantes analo-
Mi UÈtmrm it atûhëlls.
gués, ou de Tordre de la Corysanthérie, mais à anthère^ distinctes, ont été aussi distribuées en trois familles, savoir : les dipsacées (499), les rubiacées (500), et les caprifolia^ des (501).
494. Les plantes composées sont ainsi nommées, parce que toutes leurs fleurs renferment uù grand nombre de petites corolles entourées d*un calice commun , ou plutôt par des bractées qui semblent les réunir en une seule fleur. Toutes les fleurettes ou fleurons (326) des composées renferment cinq étainines, dont les filets naissent de la corolle, entourent le pistil, et se soudent par les antbères; Tovaire est toujours simple; mais quelquefois le style se termine par deux stigmates : il lui succède une achaine (531), ou graine sèche souvent surmontée â*une aigrette ou d'une houppe de soies tantôt simples ^ tantôt ramifiées et garnies de poils latéraux entrecroisés, très-hygrométriques. La portion centrale de la fleur commune sur laquelle sont placées les graines, se nomme le réceptacle ou gynephoré qui est tantôt nu , tantôt garni de paillettes ou de soies.
495. Les Chigoràcées correspondent aux semi-flosculeuses ôii aux ligulées; toutes leurs fleurettes, qu'on nomme demùfleu-^ rons, sont hermaphrodites, tubulées et en languettes tubuliflo-^ res ou liguliflores : leur réceptacle a peu d'épaisseur; la plupart offrent un suc laiteux lorsqu'elles sont jeunes, et que leurs feuilles sont alternes. Dans le plus grand nombre des espèces les fleurs s'épanouissent le matin et se ferment vers midi. Il y a beaucoup de genres compris dans cette famille; on les distingue entre eux d'après diverses considérations. Les uns ont le réceptacle nu, et les semences tantôt nues ou sans aigrettes, comme la lampsane, la rhagadiole ; tantùi avec une aigrette, soit simple, comme dans la chondrille, la laitue y le laitron, Yipervière, la. erépide, le pissenlit; soit plumeuse, comme le liondenty la scorsonère , le salsifis. Les autres genres ont un réceptacle pailleux ou soyeux, et des aigrettes simples ou plumeuses, comme la cupidone ou catananche, la chicorée, le scolyme, legéropogon, Yandriala, etc. (600).
496. Les GiNÀROcÉPHALES, autrement capitées ou fleurs en tête, ont toutes les fleurs flosculeuses, c'est-à-dire composées de fleurettes tubulées régulières et non en languettes. La plu-
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part sont hermaphrodites : il en est cependant quelques-unes qui sont neutres ou femelles, la plupart ont un réceptacle pail^ leux ou velu ; les semences sont couronnées d'une aigrette sessile de poils simples ou plumeux; leurs feuilles, toujours alternes, sont souvent épineuses. Les genres de cette famille ont souvent les écailles du calice ou les bractées épineuses. Ceux-là forment une section ; tels sont ceux dont les noms suivent : atractylis, cnicus^ carthame, carline, cardon ou artiehaut^ onopordSj chardon, cirsium, bardane^ chaussetrape ; une seconde section comprend les genres qui n'ont pas le calice épineux : tels sont les jacées, les bluets, les centaurées ^ les êerraiules; enfin, dans une troisième section, sont comprise^ quelques cinarocéphales anomales, qui ont les fleurs en tête, et dont chaque fleur a un petit involucre particulier i tels sont Yéckinopê, le sphéranthe , la gondélie (601).
497. Les GoRVHBiFtKEs, Disco'idées ou Radiées (602), ont reçu ces trois noms successivement pour indiquer leurs manières d*ôtre. Toutes, en effet, ont les fleurs disposées en co-; rymbe, dans lesquelles le disque ou le centre est souvent moins élevé que la circonférence, dont les corolles en languettes re^ présentent des rayons; mais leur principal caractère réside dans la disposition des fleurs, ainsi que le nom de eorymbifèreê rindique (311). Cette famille nombreuse offre deux divisions : i« les genres à réceptacle nu, à semences aigrettées, à fleura flosculeuses, soit qu'ils aient les écailles du calice luisantes ou membraneuses, comme les filagos^ les argyrooomes^ les ant$n-f naires; soit que ces écailles ne soient pas luisantes, comme les cacaliei , les eupatoires , les conyses , les tussilages , les séns^ çons^ les cinéraires , les chryêocomes, etc.; â'' les genres à ré-r ceptacle pailleux, à semences presque nues, à écailles du calice très-souvent membraneuses , soit qu'ils n'aient que des fleurs flosculeuses, comme les genres gnaphalium , œeranthemum , tanaisie^ armoise, santoline^ athanasie; soit qu'ils aient des fleurs radiées, comme la camomille, la mille- feuillet les buph^ ihalmes, lesmnïa^, les hélianthes, les dahlias, les bellides, pâquerettes ou marguerites, les chrysanthèmes, les asters, entre autres celui de la Chine, vulgairement nommé reine-f marguerite, dont les fleurs 0oub}es n'ont été connues ei)
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France qu^en 1772, où cette variété a été obtenue de semences dans les jardins de Trianon, etc. (602).
498. Les autres plantes monopétales à corolle épigyne et à anthères distinctes, ou de la Coryianthérie, ont toutes un calice particulier; souvent elles sont agrégées (326) ou rassemblées en tête dans une sorte de rfaux calice intérieur qui persiste après la fécondation, et les feuilles de cellesK;i sont toujours opposées : telles sont les dipsacées. D^autres ont deux semences à nu, ou plusieurs renfermées dans un péricarpe; celles-là ont tantôt la corolle tubulée, les feuilles verticillées ou opposées , réunies par des stipules ; ce sont les ruhiacées (500) ; tantôt la corolle fendue très-profondément, presque polypétale, et ces plantes n'ont jamais les feuilles garnies de stipules : ce sont les caprifoliacées (501).
499. Les Dipsacées ou Agrégées ont beaucoup d'analogie avec les plantes composées : elles ont, comme elles, les fleurs portées sur un réceptacle commun, ordinairement couvert de paillettes; mais chacune de ces fleurs a un involucre ou une sorte de petit calice particulier ou distinct de celui qui est commun à toutes ou général. C'est une famille peu nombreuse, composée des genres cardère ou chardon à bonnetier, à foulon» scabieuse et knaulie (603). On en a rapproché les valérianes^ dont quelques auteurs ont fait une famille à part. Leurs fleurs, toujours distinctes, sont le plus souvent disposées en panicule ou en corymbe. Le nombre de leurs étamines varie, et leur fruit est une capsule qui ressemble à une graine nue : on en a fait même plusieurs genres sous le nom de valérianelîe ou mâche , dont la tige (PI. I, fig. 6) se divise régulièrement de deux en deux; de fedia^ de centranthe. Les racines séchées de la plupart de ces plantes portent une odeur très-forte qui attire les chats.
500. Les RuBLACÉBS, qu'on a aussi nommées les Éloilées ou Aparines, forment une très-grande famille, dont les genres sont la plupart exotiques. Les unes sont des herbes à tiges anguleuses, noueuses, à feuilles disposées en couronne autour des articulations, le plus souvent rudes au toucher, toujours entières, linéaires ou ovales; leur fruit est composé de deux graines accolées et enveloppées par une tunique sèche : celles-
ci sont européennes. Les genres étrangers, au contraire, ont pour la plupart la tige ligneuse. Ce sont des arbres et des arbustes qui ont les feuilles opposées deux à deux, souvent avec des stipules : leur fruit est le plus généralement une baie à deux loges. C'est à la première division qu'appartiennent les genres aspérule^ gaiîlet, crucianelle, valanlie, garance; on rapporte à la seconde les quinquinas ^ les génipayers, les gardénies, les psychotrias, les céphœîeis, les cafeyers, et plus de trente autres genres (604).
501. La famille des Chèvrefeuilles ou Càprifoliàcées, semble faire le passage naturel des plantes monopétales à celles dont la corolle est composée de plusieurs pièces; ce sont, pour la plupart, des arbrisseaux à feuilles opposées, quelquefois sessiles et engainantes, ou comme perfoliées, c'est-à-dire percées d'outre en outre. Leurs fleurs sont quelquefois composées de pétales si profondément divisés qu'ils ne tiennent plus ensemble lorsqu'on les sépare du calice qui adhère à l'ovaire , et qui se change en une baie ou une capsule. Cette famille, peu nombreuse, est cependant divisée en quatre sections. La première comprend les genres qui ont un calice entouré de bractées, la corolle d'une seule pièce et un seul style, tels que la, Linnée , les chèvrefeuilles, qu'on a distingués en plusieurs sousgenres, suivant le nombre de leurs baies et celui de leurs loges ; la deuxième réunit les genres qui , avec des bractées au calice et un style unique, ont une corolle presque polypétale, comme le loranthus, le guy, Xaucuha, le rhizophore ou palétuvier ; la troisième rapproche les genres qui , ayant aussi des bractées et la corolle monopétale, ofl'rent trois stigmates , comme les viornes, les sureaux, Y hortensia, que d'autres auteurs ont laissé parmi les saxifrages (526) ; la quatrième, enfin, est composée de ceux qui ont le calice simple, un seul style et la corolle presque polypétale, comme les cornouillers, les lierres (605).
502. Les plantes dicotylédones, à fleurs monoclines et polypétales, qui constituent une des grandes divisions de la méthode naturelle, la Potypéialie, se partagent, comme nous l'avons vu (462), en trois grands ordres, suivant l'insertion de leurs étamines au-dessus, au-dessous, ou autour du pistil. Les
épigynes ou Vépipétalie, quoique en très-grand nombre» ne sont rapportées qu*à deux familles, dont l'une môme ne ren-ferme que les genres qui ont les fruits dans une capsule ou dana une baie : telles sont les araliacées^ qui ne comprennent encore que les genres aralia et genseng ou panax du Japon » dont on a employé les racines comme toniques et excitantes, tous deux exotiques , et dont les fleurs ont plusieurs styles. L'autre famille porte le nom d^ombellifères,
503. Les Ombelles ou Ombellifères ont reçu ce nom de la disposition de leurs fleurs en ombelle retournée, La plupart sont des herbes qui mettent deux années à se développer. Le^f tige est ordinairement cannelée, fistuleuse ou remplie d'uQ tissu lâche, cotonneux , cloisonnée dans les nœucjs qui correshpondent aux attaches des feuilles, qui sont alternes à gainai prolongées sur la tige et qui, le plus souvent, sont décompor sées en folioles. Les fleurs sont ordinairement et presquci constamment hermaphrodites blanches oq jaunes, 4 cinq éta-» mines, à cinq pétales; leur fruit est un ovaire à deui( loges ou polachaine (351 ), dont Tembryon se développe au sommet d'ua périspermedur et corné, formant deux achaines réunis; chacune de ces graines est marquée de côtes ou de petites crêtes ao nombre de cinq. Leur enveloppe est souvent imprégnée d'une huile volatile très<»dorante. On distingue les ombelles en sim* pies, quand les pédicelles ou les pédoncules particiiliers ne se subdivisent pas et ne portent qu'une seule fleur; et en composées, quand chaque pédoncule primitif, qui provient de l'irradiation générale, se subdivise lui-môme en ombelles secon-i daires, qu'on nomme alors ombellules. Souvent , au point c|e départ des pédicelles, il se trouve des feuilles florales ou brag^ tées, dont l'ensemble se nomme ooU^ette ou involMcre. Quand! eette collerette se reproduit au-dessous de l'ombelle, on ^ nomme involueelle.
504. On a établi parmi les ombellifères des divisions ou sections artificielles, pour se reconnaître dans le grand nombre de genres que cette famille renferme; et quoique la marche qu'on a employée éloigne des végétaux très-rapprochés par leur res-^ lemblance, elle est commode pour l'étude. Ainsi , l"" U Y ^ <il^ ^fl[a)eUifères! dont les di visiops w m^\ i^^m^s tM%m â^ c^Uen
HÉTHODK NATUliBLLa. %4l\
luttes I leur base : tels sont les genres baue^ge , earvi , penil , fenouil ^panais ; S» d'autres ont des ombelles nues ; mais les in- YOlucelles existent à la base des ombellules, comme le séséli^ Yimpératoire , le cerfeuil , la coriandre , la phellandrie; 3** OQ trouve des collerettes et des involucelles dans les genres sui^ vants : œnanthe , ci4t»tn, berle ou sionj angélique , livéche , 2a* ser, férule, eiguë^ carotte^ caucalide, buplévre ; 4'' enfin, on n placé parmi les ombellifères anomales ou fausses, des genreci dont les fleurs paraissent être réunies en tête, quoiqu'en effet elles partent d'un point central, et qu'elles aient d'ailleurs leai autres caractères de la famille. On compte parmi celles-ci leB éckinùphoreë ^ les aelranceê^ les canidés ^ les panicauti , etc. (606).
505. Les dicotylédones monoclines polypétales, à étaminesî situées au-dessous de l'ovaire , ou de Yhypopéialie, sont en très-grand nombre, et forment l'ordre qui compr€nd le plus de fEumilles, car on en a fait vingt-deux dont nous allons dabord indiquer les noms : 1"* les renonculaeées (ëi06); â« lespapavéraeéêê (âû7); 5« les crucifères (508); 4'' les capparidées et 5« le$ ks saponacées (509) ; &* les érables et V les malpighiaeées {M0)\ S"* les hypéricées et 9^ les guUiers (511); 10<> les hespéridée§ (SUS); 11« les méliacées (513) ; là"* les vinifères (514) ; 15o les géruniées ^51$); 14<' les malvacées (516); 15<> les tulipifères &% iCf les glypiospermées (517) ; 17'' les ménispermées et IS"" les herbéridées (518); 19° les iiliaeées (519); 20° les rnl^f et âl° les rutacées (5S0); ââ» les caryophyllées (521).
506. La famille des Renoncules ou des RsKOKCiiLÀCiBS , ofiprQ beaucoup de variétés dans la disposition des fleurs; tantôt 1q calice, existant seul et se subdivisant, simule des pétales colorés ; tantôt, quand elle se distingue, la corolle est régu-f lière, le plus ordinairement composée de quatre pétales ai| moins. Leurs étamines, le plus souvent au-dessus de vingt» sont insérées sur le réceptacle, et ne tiennent ni au calice ni 4 la corolle. Les ovaires sont ordinairement en grand nombre. La plihpart sont herbacées, à feuilles alternes, souvent déçpupé^, comme engainantes, mais sans stipules. On a partagé les genres de cette famille en quatre sou&idivisions. La première qo^)-^ preàd ceux qui ont beaucoup de capsules, dont çb^oMe H^
us «ÉTHODE NATURELLE.
contient qu'une semence, et ne s^ouvre pas, de sorte que les graines paraissent nues, comme les clématites, les pigamons, les anémoneê, qui n'ont qu'un calice coloré et pas de véritable corolle, tandis que ces deux enveloppes se retrouvent distinctement dans les adowii , les renoncules. La seconde renferme les genres dont les capsules, réunies aussi en grand nombre, contiennent chacune plusieurs semences , et s'ouvrent du côté intérieur par une fente longitudinale. Leurs pétales sont souvent irréguliers; telles sont les hellébores, les nigelles, les garidelles , les ancolies , les dauphinelles , les aconits. A la troisième section appartiennent les genres qui offrent les mêmes fruits que les précédents, mais dont les pétales sont réguliers , comme les populages ou calthas, les pivoines , les cimicifuges , etc. Enfin, dans la quatrième section, on a rangé ïactée , le podophylle, lesquels n'ont qu'un ovaire simple qui se change en une baie à plusieurs loges (607).
507. Les Papàvéragées ont le plus souvent un calice caduc, composé de deux pièces seulement. Leur corolle est formée par quatre pétales, qui sont plissés et chiffonnés dans le calice avant la floraison; malgré leur faible texture, ces pétales s'étalent et se développent très-bien. Elles n'ont qu'un seul ovaire sans style, qui se change en une capsule à une seule loge. Leurs feuilles sont alternes, et presque toutes ont un suc propre, coloré en jaune ou en blanc. Les unes ont des étamines en trè&grand nombre, comme les n^nupAar^ (cités 460), les pavots, les chélidoines; d'autres ont les étamines en nombre déterminé, le plus souvent au-dessous de six , comme Vhypécoum^ les corydates ^ les fumeterres (608).
508. Les Crucifères, ou les Cruciformes de Tournefort (354), ont toujours quatre pétales disposés en croix, le calice de quatre pièces caduques ou non persistantes , six étamines tétradynames, l'ovaire simple se changeant en silique ou en silicule (330), les tiges herbacées, les feuilles alternes. La division établie par Linné (386) est très-commode pour distinguer les genres de cette nombreuse famille. Ainsi, parmi lessiliqueux, les uns offrent une sorte de languette ou de corne à l'extrémité du fruit, comme les radis ou raiforts, les moutardes ou sénevés , les roquetus ; les autres n'ont pas de languette à l'extré-
mité de la silique, ou cette corne est très-courte : tels sont les choux j les juliennes, les giroflées, les vélars, les sisymbres ; comme le cresson de fontaine, les arabeltes, les cardamines, etc. Les genres qui ont des silicules sont les lunaires, les lunetiéres, les peliaires , les alyssons , les draves , les cramons ou cochléaires, lesibérides, les passerages o\x lépidiums comme le cresson alénois, les tabourets ou thlaspis, les camelines ou my agrume, les bunieSy les crambès et les pastels ou guèdes (609).
509. Les Câpriers ou Cappàridébs sont des herbes ou des arbrisseaux dont les fleurs sont composées d*un calice à plusieurs folioles , de quatre à cinq pétales, d'élamines nombreuses, d'un ovaire simple porté sur un pédicelle allongé, qui se change en une silique ou en une baie à une seule loge , et dans la pulpe de laquelle les graines sont logées. Cette famille comprend les cléomées , les câpriers , et quelques genres qui paraissent voisins de ceux-ci, qu'on a réunis sous le nom derésédacées, comme les résédas, les parnassies , les rossolis, la dionéeou. attrape-mouche (610). Les Savoniers ou Saponacées sont des arbres ou des arbrisseaux exotiques, à feuilles alternes ; à fleurs presque semblables à celles des câpriers; le plus souvent à huit étamines; à ovaire sessile , auquel succède un drupe ou une capsule, dont les divisions ou loges ne comprennent chacune qu'une semence ; tels sont les cardiospermes, les savoniers, les euphories, les melicoccas, . .
510. Les deux familles comprises sous les noms d'Acérinées ou d'ÉRABLES et de MALPiGHiACÉEsont entre elles les plus grands rapports; ce sont des arbres et des arbrisseaux à calices d'une seule pièce, souvent à cinq divisions profondes, qui persistent après la chute de la corolle, composée de cinq pétales. Les étamines sont distinctes,, et il y a deux stigmates au plus dans la première famille; elles sont monadelphes, et il y a trois stigmates dans la seconde, qui contient les genres banisteria, triopteris, malpighia. C'est à la première famille^ qu'on rapporte les érables, le marronnier d'Inde et le pavia (611).
511. La famille des Millepertuis ou Hypéricées est composée de plantes herbacées ou de sous-arbrisseaux â feuilles simples, opposées , ponctuées ou remplies de petites vésicules à demi
sut MÉTHODE NATURELLE.
transparentes, que l'on voit de part en part lorsqu'on les eb^ serve à contre-jour, et qui ont les fleurs de couleur jaune, eu corymbe, composées de quatre à cinq pièces pour le calice el la corolle; les étamines sont polyadelphiques (380) , Tovaire est simple, à plusieurs styles; tels sont les genres androsêmé^ millepertuis. Les Gcttibrs ou Guttifères sont des arbres et arbustes exotiques, dont presque toutes les espèces fournissent uil suc gommeux ou résineux, lorsqu'elles sont vivantes et quand ofi incise leurs racines, leur tronc ou leurs branches. Ils ont ordinairement quatre pétales, un grand nombre d'étamines et un ovaire simple , qui donne une capsule à une seule loge. Les un9 n'ont pas de style du tout; tels sont les mangoustans^ la clusia, les grias ; d'autres ont un style distinct, comme le mammea , le mesua^ le calophyllum , etc.
51 â. Les HBSPÉRistBS ou AuRiNTUcÊBs sout la famille à laquelle appartiennent les citronniers. Leur tige est toujours ligneuse, leurs feuilles alternes, d'un beau vert, souvent ponctuées ou vésiculeuses ; leurs fleurs hermaphrodites, odorantes, à ovaire simple , auquel succède un fruit mou, à une ou plusieurs loges. Les genres qui n'ont qu'une seule semence dans le fruit , et les feuilles non ponctuées, sont le ximenia, Vheisteria ou bois de perdrix. Ceux à fruit contenant plusieurs semences, et à feuilles parsemées de points transparents, sont le citronnier, \e limonier, le cookia ou wampi. Enfin , les camélias et le thé qui ont pour fruit une capsule à plusieurs loges, et les feuilles non ponctuées (61â).
1$13. Les Méliàgébs comprennent aussi des arbres et des ar*^ brisseaux étrangers, agréables et utiles, remarquables par leurs fleurs à étamines monadelphes, dont les anthères sont placées au sommet ou sur la face interne du tube que forment les ûlets par leur réunion. La corolle est composée de quatre ou cinq grands pétales ; l'ovaire est simple; il lui succède une baie ou une capsule. Les uns ont les feuilles simples, comme les eanneliers, Yaitonie; d^autres ont des feuilles composées j tels que le sandoricum ou hantol, le melia ou azédarach , Yaquilicia , On a rapproché de cette famille le swietenia et le cedrela ou mahonia ou mahogonie, qui fournissent les bois à*acajou, de Cuba et de Honduras.
KÉTfiODE NATtIRELLB. SM
814. Les YiNiFËRBS» dites aussi Ahpêltbébs ou Sarmentacées, sont des arbrisseaux grimpants, à feuilles alternes, garnies de stipules ; à l'opposé de ces feuilles naissent les grappes et les Trilles, qui paraissent être des pédoncules avortés. Leurs fleurs Bont hermaphrodites, distribuées en grappes, à quatre, cinq ou six pétales et autant d'étamines ; Tovairé est simple, le stylé unique. Le fruit est une baie , les graines sont des nucules osseuses : tels sont la vigne, le cissus (613).
515. La famille des Géràniées a reçu ce nom du genre des géranions, dont les semences sont disposées de manière à for^ mer une pointe qui les a fait comparer au bec d'une grue. Les feuilles varient^ beaucoup par la disposition et la forme ; elles sont ordinairement garnies de stipules. Les pédoncules portent souTent plusieurs fleurs qui naissent à Topposite des feuilles alternes , et dans leur aisselle lorsqu'elles sont opposées. Leur corolle est formée de cinq pétales, souvent inégaux; il y a lé einq à dix étamines, le plus souvent soudées par les filets. Les genres compris dans cette famille sont les érodions, pélargo^ nions, et les géranions; on en a rapproché la capucine , Yim^ patiente ou balsamine, eiVoxaîide ou alléluia : ces trois genres de plantes offrent d'ailleurs beaucoup de caractères difl'érénts de ceux de la famille (614).
516. Les Maltacébs ou les Mauves nous offrent des plantes herbacées , des arbres et des arbrisseaux quelquefois dans le môme genre. On les reconnaît aisément par leur calice et à leur corolle qui sont simples ou doubles et de cinq pièces ; à leurs étamines monadelphes, et à leur fruit simple, composé de plusieurs loges ou de plusieurs capsules. Leurs feuilles sont le plus souvent simples, alternes. Les genres nombreux de cette famille forment deux sections. Les uns ont le fruit composé de plusieurs capsules ou carpelles, comme le malepe, la mauve, la, guimauve, la lavatêre, la sida, la stégie; d'autres ont le fruit simple, mais à plusieurs loges, tels que les anodas, les iolandra, les hibiiques, les cotonniers, les fromagers ou borabax, Adansonia ou baobab, les cacaoyers ou cacaotiers qui ont reçu le nom grec de theobroma, etc!, etc. (615).
517. Les Tulipiers, Magnoliers ou Tulipifères, forment une famille d'arbres et d'arbrisseaux, dont les fleurs solitaires sont
grandes, belles et odorantes; leurs feuilles sont alternes, avec des stipules caduques qui protègent seulement le bourgeon. Les fleurs, dont les étamines varient pour le nombre , ont toujours plusieui-s ovaires; tels sont les genres euriandrQf badiane, magnolier, tulipier (616). Les Gltptospermes ou Anonées sont aussi des arbres ou arbrisseaux étrangers , qui ont reçu ce premier nom parce que leurs semences sont sillonnées en travers; leurs feuilles alternes n*ont pas de stipules; leurs fleurs sont composées d'un calice à trois lobes , d'une corolle à six pétales, dont trois internes plus petits; les étamines sont nombreuses, ainsi que les ovaires qui donnent des capsules ou des baies ; tels sont les trois genres anone^ uvaire et xylopie (617).
518. Les Ménispermées ont pris ce nom de la ressemblance de leur fruit avec un rein ou un croissant. Ce sont encore des plantes exotiques et ligneuses, ordinairement contournées ou grimpantes, à feuilles alternes non stipulées, à petites fleurs axillaires, souvent unisexuelles paravortement, et disposées en grappe ou en épi. Le genre Lardizabala a des baies , celui des mënispermesai des drupes : ce sont les deux seuls que renferme cette famille (617). Les Berbéridées ou vineltiers sont des plantes herbacées ou ligneuses, dont le principal caractère consiste dans l'insertion des anthères sur leurs filets par la surface externe, en ce qu'elles s'ouvrent de la base au sommet. On range dans cette famille les vineltiers, lesléonticesy les ^ptmédium et Vhamamelis.
519. La famille des Tilleuls, oudes Tillicées, n'offre qu'un seul genre européen; tous les autres sont, comme celui-là, des arbres à écorce souple, fibreuse, à feuilles alternes stipulées; leurs fleurs sont le plus ordinairement hermaphrodites, les étamines nombreuses ou monadelphes; le fruit est une baie ou une capsule. Les genres monadelphes sont la waltheira, Yhermannia; ceux à étamines libres sont le corchorug ou corète , Yhéliocarpos , le lappulier ou triumfetta, la sparmannia, Idisloannea, le muitingia ou bois de soie, le tilleul. On a aussi réuni à cette famille plusieurs genres qui ont avec elle quelques analogies, comme le bixa, qui donne le rocou (617).
5i0. Les Cistes ou Cistoïdes sont des plantes ligneuses ou herbacées, à feuilles simples, très-souvent opposées; à fleurs grandes, disposées en grappes ou en corymbes, mais de peu de durée; à cinq pétales; à cinq pièces au calice; à étamines nombreuses; à ovaire simple, formant une capsule. Tels sont les cistes, les hélianthèmes (618). On en a rapproché les vio^ ïettes, dont la corolle est irrégulière , les étamines syngénésiques, au nombre de cinq seulement. Les Rues ou Rutàgées ont cinq ou dixétamineset un fruit multiloculaire; elles ressemblent d'ailleurs à la famille précédente : les unes ont des stipules, comme les herses, Idi fagonia, le zygophyllum , le gayac, le mélianthe; d'autres n'ont pas de stipules, comme la rue, la fraxinelle,
521. Enfin, la dernière famille de cet ordre nombreux est celle des CEillets , ou Gàrtophtllées de Tournefort (254) (1). Elle comprend des herbes à tiges arrondies, ramifiées; à feuilles le plus souvent opposées , simples et non dentées ; à fleurs axillaires, quelquefois terminales. Celles-ci ont un cahce persistant, d'une seule pièce ; une corolle composée de pétales à longs onglets, et correspondants , pour le nombre , aux dentelures du calice ; les étamines le plus souvent au nombre de dix ; un ovaire simple, formant une capsule. On a établi dans cette famille quatre divisions. La première comprend les genres qui ont le calice divisé , et trois étamines seulement, comme Yortegia , Vholosteum , le mollugo^ la minuartia; la seconde, ceux qui ont quatre étamines , comme la buffonie , la sagine ; la troisième , ceux qui en ont cinq ou huit , comme la morge-- Une, autrement dite mouron blanc ou des oiseaux, la moerhingie, Vélatine; enfin, dans la quatrième section , sont compris les genres vraiment décandriques, comme la spargoutte, le céraiste, la sabline ou arénaire, la stellaire, le gypsophile, lasavonière ou saponaire, Y œillet, le silène, lecarnillet, la lampette, la nielle. Le lin en a été rapproché , quoiqu'il n'ait
(0 Ce nom qui est celai du gérofle doit être expliqué •* l'œillet cultivé portait, chez les premiers botanistes, le nom de earyophyllatui , ce qui signifiait qu'il porte une odeur de gérofle ; depuis on en a fait un nom spécifique, ou, comme on le dit, trivial, d'une espèce du genre œillet, dianlhut, fleur de -Jupiter.
t54 MÉTHODE NATURELLE.
que cinq étamines , et quMl ait peut-être plus d^analogie avec la famille des géraniées (619).
522. L'ordre quatoraième, qui correspond aux plantes à deux lobes, dont les fleurs, à plusieurs pétales, sont le plus souvent hermaphrodites, ou du moins portées par la môme plante, et dont les étamines sont insérées autour du pistil, ou de la péri'pétaliBy comprend tous les végétaux dont le calice est d'une seule pièce, ordinairement découpé sur les bords; leur corolle est le plus souvent composée de plusieurs pétales qui ne portent pas les étamines, et leur ovaire est tantôt libre, tantôt adhérent. Treize familles sont rapportées à cet ordre ; savoir, les poriulaeées (825), les ficoïdées et les crassulacécs (524-525), les saxifragées et les cacliers (526-527), les sali cariées (528), les onagraires (529), les myrle$ et les mélastomées (550-331), les rosacées (532), les légumineuses (533), les térébinthacées (834), enfin, les frangulacées (555).
523. La famille des Portulacêbs ou des Pourpiers réunit des herbes et des sous*arbrisseaux à feuilles souvent épaisses et succulentes, munies de stipules ou de poils axiliaires; leur fruit est une capsule libre, à une ou plusieurs loges. Les genres dont la capsule n'a qu'une seule loge sont le pourpier^ la mon-^ tie , la corrigioîe^ la gnavelle ou scléranthe , le téléphe. Ceux dont le fruit contient plusieurs loges sont la trianthémt, la Linnée, le gisek. On a rapproché de cette famille les tamariscs , très-jolis arbrisseaux à feuilles petites, placées en recouvrement les unes sur les autres, et dont les fleurs sont disposées en épis ou en panicules.
524. LesFicolDÉES et les Crassulacées ou succulentes, que Ton comprend ordinairement sous le nom de plantes gras%es , ont entre elles les plus grands rapports par la nature de leurs feuilles, qui sont épaisses et charnues. Les premières ont des fleui^ garnies d'un grand nombre de pétales étroits qui leur donnent quelque ressemblance avec les chicoracées. Leur fruit est une capsule à plusieurs loges; les unes ont l'ovaire libre , comme la 7?eaumurta, Yaizoon, làglinole; d'autres ont l'ovaire adhérent i telles sont les ficoïdes ou mésembryanthèmes, la téiragonie (620).