‹ Eléments des sciences naturellesChapitre 84 sur 158 · Le dernier ordre ou le quinzième de la méthode natu · texte numérisé non relu

Le dernier ordre ou le quinzième de la méthode natu

relie renferme les plantes à deux lobes, à étamines séparées du pistil ou de la dicUnie, avec un seul ou sans périgone; leur ovaire est ordinairement libre. On Ta partagé en cinq familles, savoir : 1° les cucurbitacées (537), qui ont une baie à écorce solide; 2° les euphorbiacées (538), dont le fruit est formé de deux ou plusieui's coques accolées; 3"lesttrhWe<(559), dont les semences sont à nu ou couvertes seulement par le calice; 4*' les amentacées (540), dont les fleurs sont en chatons; 5" enftn les conifères (541), dont les fruits sont des cônes et les feuilles toujours vertes.

557. La famille des GucurbitacIies, ou Bryones, renferme des plantes herbacées, grimpantes ou rampantes, à tiges rudes au toucher; à feuilles alternes, pétiolées, lobées; à vrille^ axillaires, ainsi que les fleurs, qui sont rarement hermaphrodites, quelquefois dioïques, le plus souvent monoïques. Le.ur périgone est double; l'intérieur est évasé en forme de cloche et persistant. Les étamines sont ordinairement au nombre de trois ou de cinq, à anthères marquées de lignes saillantes, si"nueuses; le fruit est charnu, on le nomme péponide : le plus souvent il présente sur le point opposé au pédoncule une sorte d*ombilic ou d'enfoncement central qu'on nomme le nombril : c'est le point qui donnait attache au style. Parmi les genres compris dans cette famille, on remarque la hryone, Yelaie^ rium, la momordique j les concombres, les courges. On en a aussi rapproché les grenadilles ou passiflores, le papayer (627),

558. Les Euphorbes ou Euphorbiacées, qu'on a encore nom* mées Tithymaloïdes, forment une famille de plantes de toutes les tailles, herbacées et ligneuses, dont le suc propre, ordioai* rement laiteux, est très-âcre. Elles sont remarquables par leurs capsules, égales en nombre à celui des styles, formant des coques monospermes qui s'ouvrent avec élasticité par le dessèchement. C'est dans ce groupe que sont placés les genres suivants : mercuriale^ euphorbe, phyllanthe, clutie, buis, ricin ^ croton, acalypha, gluttier, jatropha ou médicinier^ mance^ nillier, sablier, etc. (626).

559. Les Orties ou les Urticées comprennent des arbres, des arbrisseaux et des herbes, dont la plupart ont un suc propre, acre et corrosif, quelquefois laiteux; leurs fleurs, le

plus souvent unisexuelles, sont solitaires ou en grappe, petites, verdâtres et peu apparentes. On distingue dans cette famille les genres dont les fruits sont cbarnus et les fleurs posées sur un réceptacle commun, comme les figuiers, le tamboul^ la dorsténie, le mûrier; et ceux dont les fleurs solitaires ou réunies en épis ne donnent jamais de fruits charnus, comme les houblons, les orties, les pariétaires, les chanvres, Yambrosie, la lampourde. On a rapproché aussi de cette famille les poivres (PL I, fig. 8), les cécropies, Varctocarpus ou fruit à pain (628).

540. Les plantes à chatons ou Amentacées sont , pour la plupart, des arbres à feuilles caduques, non résineux, à écorce épaisse , à feuilles alternes, à fleurs mâles disposées en chatons et sans corolles, dont les fruits varient beaucoup. Le plus grand nombre des genres de celte famille vivent dans nos climats : tels sontroriwf, le micocoulier, qui se rapprochent des urticées avec lesquelles plusieurs auteurs les ont placés, les saules, les peupliers, les bouleaux, les coudriers ou noisetiers . les chênes, les charmes, les hêtres, les châtaigniers , les platanes; tels sont aussi, parmi les étrangers, les genres gale , liquidambar, fothergille (629). On a divisé cette famille en bétulinées, comme Faulne, le bouleau; en cupulifères, tels que les chônes, le châtaignier, les hêtres, les charmes, les coudriers; ensalicinées, comme les saules, les peupliers; les ulmacées, comme Tonne, le micocoulier; en juglandées, comme le noyer; en platanées, etc.

541. Enfin, la dernière famille de ce dernier ordre est celle des Pins ou des Conifères, qui comprend tous les arbres verts résineux, à fleurs monoïques ou dioïques, dont les mâles sont disposées en chaton, et les femeUes quelquefois solitaires, mais le plus souvent réunies en un cône ou dans un épi , recouvertes par des écaifles solides, serrées, entuilées, et dont le fruit est un cariopse osseux ou membraneux, comme les genres gingko , ephedra , casuarina , if, sabine, genévrier, cyprès, thuya , sapin et pin (630).

542. Telle est la disposition des végétaux, suivant la méthode naturelle. D'après les détails dans lesquels nous venons d'entrer, on voit que la marche analytique (412) n'a été indiquée

que pour aider un peu la mémoire ; car les groupes sont formés à part et sans but de liaison absolue, à moins que la nature ne Tait réellement fait.elle-môme. Quoi qu*il en soit, ces divisions successives sont renfermées dans trois classes, qui comprennent quinze ordres (462), lesquels se divisent à peu près en cent familles formées par la réunion de dix-sept cent soixante genres ; mais il y a environ cent cinquante autres genres qui n*ont pas encore été assez bien observés pour être distribués dans les familles précédentes. M. de Jussieu les avait disposés d'abord d'après une autre méthode, et dans une classe qu'il désignait sous le nom d'incertaine. Nous avons eu soin , dans l'exposé rapide que nous venons de faire des familles, d'indiquer les genres qui ont avec elles quelque affinité. Voilà pourquoi on ne trouve pas ici de classe incertaine.

543. Supposons qu'à l'aide de cette méthode on veuille connaître la plante que nous appelons vulgairement primcroWe, voici la marche à suivre pour l'observateur. Cette plante a des fleurs et des graines; ce n'est donc pas une acotylédone : sa tige n'est pas fistuleuse ; ses feuilles ont des nervures branchuesnon parallèles; le périgone ou périanthe est double: tout annonce que sa graine doit être à deux lobes. On cherche donc la fleur parmi les dicotylédones : bientôt on reconnaît qu'elle est monopétale, que l'ovaire est dans la corolle , et que par conséquent celle-ci est insérée au-dessous , ou hypogyne. On est donc parvenu à reconnaître que la plante appartient au neuvième ordre de la méthode (474).

544. Il y a quinze familles dans cet ordre; en lisant le caractère de la première, ou trouve : Corolle régulière, étamines opposées aux divisions de la corolle et en nombre égal à ses divisions, capsule ou baie à une loge, graines nombreuses attachées à un axe ou placenta central. En tête est écrit : Les Pri- MULACÉES (475). La primerolle, à laquelle tous ces caractères conviennent, est donc de la famille des primulacées, qui se compose d'une quinzaine de genres, parmi lesquels on trouve deux sections. Les uns ont les fleurs portées sur une tige feuillée, les autres sur une hampe, les feuilles provenant alors des racines. C'est donc là qu'on doit chercher la plante; on étudie d'abord le caractère du genre qui se présente le premier sous

i6S NÉTUODE NATUKKLUS.

le nom d'androsace. La description de la fleur serait aases d'accord avec celle qu'on examine , si on ne lisait ouvçrtur^ du tube de la corolle rétrécie. On passe donc au genre suivant : on voit à peu près les mêmes caractères ; mais celui-ci, owt?erture du tube de la corolle libre, prouve que c'est la plante qu'on observe. En effet, ou trouve inscrit le nom de Peihbvèrs.

545. Le cai^actôre des primevères est ainsi exprimé : Périan* the double, tubulé, à cinq lobes; orifice du tube de la corolle libre, sans glandes; cinq étamines; stigmate globuleux; capsule à beaucoup de semences, recouverte par le calice, s'ouvrant par dix trous. La première espèce est celle des herboristes ou V officinale. On la reconnaît à ses feuilles ridées, dentées, ob* tuses , à ses fleurs d'une odeur agréable , disposées en ombelle. La racine , lorsqu'elle estséchée, afodeur de fanis; râpée et introduite dans le nez, elle fait éternuer. Dans quelques pays, on mange, dit on, les feuilles étiolées en salade : les moutons et les chèvres recherchent ces feuilles; les chevaux n'y touchent pas. Telle est l'histoire abrégée de la plante et de la marclie qu'on a suivie pour l'apprendre.

546. Avant de terminer cette étude des végétaux, considérés dans leur rapport naturel, nous croyons utile de présenter l'état actuel de la science, en empruntant aux ouvrages de M. Decandolle , ayant pour titre : Théorie élémentaire de la botanique , et Prodrome du système naturel du règne végé^ tal , la série linéaire et par conséquent artificielle de la disposition des familles naturelles du règne végétal. Ces végétaux sont cellulaires ou acotylédonés, c'est-à-dire composés de tissu cellulaire , dépourvus de vaisseaux , avec un embryon sans cotylédons ou feuilles séminales (454).

547. Deux groupes ou séries divisent cette sous-classe, savoir : les AcoTYLÉDONÉEs CELLULAIRES, tantôt foliacécs ou ayant des apparences fohacées et des sexes connus, telles sont les mousses (4 il) et les hépatiques (440); tantôt aphylles, c'est-àdire sans feuilles ou expansions foliacées, et sans sexes connus» parmi lesquelles on range les lichens (439), leshypoxylons(437), les champignons (435), les algues (438).

548. Tous les autres végétaux sont embryonés, coTYLÉDOiqS» ou YAScuLAiBBS, c'est-à-dire qu'ils sont composés d'un tissu

MÉTHODE NATUBELIE. ^S

cellulaire et de vaisseaux avec ua embryon pourvu d'un ou de plusieurs cotylédons. Ceux-ci se divisent en €xogène$ (453) ou dicotylédones, qui ont des vaisseaux pour couches concentri* ques, dont les plus jeunes sont en dehors, et chezlesquels Tembryon présente des feuilles séminales ou des cotylédons 8oU opposés, ce qui est le cas le plus ordinaire , soit verticillés ; et en endogènes (452) ou monocotylédonés, qui ont des vaisseaux disposés par faisceaux dont les plus jeunes sont au centre de la tige, et dont Tembryon est pourvu de cotylédons solitaires ou alternes (557).

549. Les exogènes offrent cett6>louble disposition : ou qu*i1s ont en même temps un calice et une corolle distincte , on dit alors qu'ils ont un périgone double (551) ; ou que leur calice et leur corolle ne sont pas distincts et ne forment qu'une seul« enveloppe, c'est ce qu'on nomme un périgone simple (555). Dans le premier cas , les familles qui ont le périgone double ont une corolle ou à plusieurs pélales ou à un seul, et ces cq« roUes, composées ou simples, sont placées au-dessous du pistU ou autour, et on les nomme tantôt hypogynes (551} , tantôt pé-» rigynes (55S) , pour indiquer ces deux dispositions.

550. Les végétaux vasculaires endogènes sont moins nombreux ; on les partage également en deux séries : celle qui comprend les espèces de plantes dont la fructification est visible et régulière, qu'on nomme phanérogames (556), et celle des plantes dont la fructification est cachée, inconnue ou irrégu* gulière, qu'on appelle cryptogames {^1),

551. Les plantes dicotylédonées à périgone double, dont U corolle est formée de plusieurs pièces qui ne sont pas adhé^ rentes au calice, mais sur le réceptacle, au-dessous du pistil, sont rapportées aux familles suivantes (1) : les renonculacées » les dilléniacées, lesmagnoliacées, les anonacées, les méni* spermacées, les berbéridées, les podophyllées , les papavé^ racées, les fumariacées, les crucifères, les capparidées, les résédacées, les flacourtianées, les bixinées, les cistinées, les violariées, les droséracées, les polygalées, les pitlospo*

(1) Voyez la table qui est à la fin de ce volame, pour retrouver l'indication des genresdont les noms ont servi, pour la plupart, à former celui des familles, présentées ioi dans Tordra que l'on peut considé^r 09mme |e plus n«turol'

rées , les fraokeniacées, les caryopbyllées, les linées, les mal- Yacées* les bombacées, les bytlneriacées, les tiliacées, les élaeocarpées , les chlénacées, les ternstroemiacées, les cameliées, les olacinées, les aurantiacées, les hypéricinées, les guttifères, les marcgraviacées, les hippocraléacées, lesérythroxylées, lesmalpighiacées, lesacérinées,leshippocaslanées, les rhizobolées, lessapindacées, les méliacées, les ampélidées, lesgéraniacées, les tropœolées, lesbalsaminées, les oxalidées, les zygophy liées, les rutacées, lessimaroubées, les ochnacées, les coriariées.

552. Les familles des plantés endogènes à fleurs munies d'un périgone double, ou calyciflores, dontles pétales sont inséréssur le calice , sont celles dont les noms suivent : les frangulacées ou les bourdènes, les samydées, zanthoxylées et peut-être les juglandées, les téréblntbacées , les légumineuses, les rosacées, que Ton subdivise en drupacées, prokiées , spirées , dryadées , agrimoniées, rosiers et pomacées; les salicaires, lesmélastomées, les myrtinées, les combrétacées, les loasées , les ouagraires, les ficoïdes, lesportulacées, les nopalées, les groseilliers, les crassulacées, les saxifragées, les ombellifères, les araliacées.

555. Les dicotylédonées à périgone double, mais dont la corolle est formée d'un seul pétale attaché au calice, sont rapportées aux familles dont nous allons indiquer les noms : les caprifoliées, les loranthées , les rubiacées, parmi lesquelles on range les guettardacées , les cinchonacées, les cofiFéacées, les étoilées ; puis les operculaires, les valérianées, les dipsacées, les composées, qu'on subdivise aussi en corymbifères, cinarocéphales, labiatiflores, chicoracées; les campanulacées, les lobéliacées, lescucurbitacées, lesgessnériées, les vacciniées , les éricinées ou bruyères, qu'on subdivise en éricinées proprement dites, épacridées, rhodoracées; enfin les aquifoliacées.

554. Les plantes à deux cotylédons, à calice et à corolle monopétale, celle-ci non attachée au calice ou hypogyne , sont rapportées aux familles suivantes : les myrsinées, lessapotées, les ébénacées , lesoléinées, les jasminées, les pédalinées, les strychnées, les apocynées, les gentianées, les bignoniacées, les

polémonidées, les convolvulacées, les borraginées, les solanées, lespersonnées, telles que les anthirrhinées et les rhioanthacées; les labiées, les myoporinées, les pyrénacées, les acanthacées, les lentibulaires, les primulacées, les globulaires.

555. La dernière division des plantes à deux cotylédons comprend toutes les espèces qui n'ont à la fleur qu'une seule enveloppe, c'est-à-dire un périgone simple , formé d'un calice ou d'une corolle : telles sont les plombaginées, les plantaginées , les nyctaginées, les amarantacées, les chénopodées, les polygonées, les laurinées, les myristicées, les protéacées, les thymélées, les santalacées, les éléagnées, les aristoloches, les euphorbiacées , les urticées , auxquelles on laisse réunies les pipéritées et les arctocarpées; les amentacées ; enfin les conifères.

556. Les monocotylédonées ou endogènes ont généralement l'écorce très-mince, ne pouvant se détacher par feuillets; leurs tiges, coupées en travers ou en long, présentent une réunion de fibres ligneuses isolées, et jamais de rayons ni de canal médullaire bien distincts. Cette tige, lorsqu'elle a pris une certaine étendue en diamètre, ne croît le plus souvent que par les extrémités. Ces plantes diffèrent beaucoup pour leur mode de fructification, et forment par cela même deux grandes divisions, les phanérogames et les aethéogames. Parmi les premières sont rangées les familles de végétaux dont les fruits succèdent à de véritables fleurs. Telles sont celles dont les noms suivent: lescycadées, leshydrocharidées, les alismacées, les pandanées, les aroïdes , les orchidées , les drymyrrhizées, les musacées, les iridées, les hémodoracées, lesamaryUidées, les hémérocallidées , les dioscorées, les smilacées, les liliacées qu'on partage en asparagées, trilliacées, asphodelées, broméliées, tulipacées; les cochilcacées, les butomées, les comméhnées, les palmiers, les pandanées, les joncées, les typhacées, les cypéracées, et enfin les graminées.

557. Quant aux monocotylédonées, dont les sexes ne sont pas distincts et dont les organes reproducteurs ont une forme tout à fait anormale, on a reconnu que, quoique ces végétaux aient des stomates évidents, ils ne sont que semi-vasculaires.

Comme les fleurs ne sont pas visibles dans ces plantes et qu'elles sont remplacées par des organes spéciaux, qu'on nomme conceptacles parce qu'ils recouvrent les semences, on les a appelées aethéogames. Ce sont les prêles ou équisétacées, les rhizospermes et les fougères.

558. Nous allons présenter sous forme de tableau synoptique les bases d'après lesquelles on a distribué par groupes naturels ces différentes familles dans les ouvrages les plus récents.

cellulaires ou aeotylédonés (S4T)

. , , 1 bypogyne (551)

!( polypétale. l double : à } ' périgyne. . . . (552) corolle. . ) 1 hypogyne. . . . (553) vmonopétale. l [ périgyne. . . . (5(4) c.T,«,»«. , »"»'"• *" ""'l"» <»«)

^ , ( phanérogames (556)

endogènes ou monocotylédonés. . . '

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