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USAGES ET SINGUURITËS DES PUNTES. Wk
Cette gomme laque, ou plutôt cette résine, parait être le produit de la piqûre d'un insecte du genre des cochenilles. La laque se dissout dans Talcool et sert beaucoup dans les arts. On rem*^ ploie entre deux étoffes de soie appliquées sur un carton solide pour rendre les chapeaux imperméables à Teau. La laque, colo^ rée diversement et unie à d'autres matières , comme la copale » entre dans la composition des bonnes cires à cacheter. Quelques auteurs réunissent à cette famille des éléagnées, les Santals qui fournissent au commerce des bois dont Todeur persistante est fort agréable et avec lesquels on fait de petits meubles, comme des boites, des étuis, etc. (852).
583. Presque toutes les plantes des familles suivantes ne croi&sent point naturellement dans nos climats; c'est à la famille des Thtm£l£es (467) qu'il faut rapporter le lagelto ou bois de den* telle, dont le livret est formé de fibres lâches qu'on peut étendre comme une gaze légère. Cet arbre croit à Saint-Domingue, L'écorce du diria sert à faire des cordes semblables à celles du tilleul. Lesdaphnés, qu'on trouve en Europe, ont une sève acre et caustique : appliquée sur la peau, leur écorce y fait lever des ampoules comme un vésicatoire; aussi emploie-t-on quelquefois eu médecine celle du gnidion pour cet usage sous le nom de saint-hois ou de garou. Ces écorces sont aussi employées en teinture et fournissent une belle couleur noire, jaune ou verte , suivant les mordants dont on fait usage. Les protées sont de très-beaux arbres qui poussent naturellement en Afrique , et dont plusieurs fournissent des fruits et des liqueurs su* crées fort agréables. C'est à ce genre qu'on rapporte l'arbre d'argent du cap de Bonne-Espérance, dont les feuilles sont d'un blanc satiné très-éclatant.
584. Les Lauriers (467) sont des arbres odorants, toujours verts, qui fournissent les substances aromatiques les plus connues. La cannelle est l'écorce d'un arbre de cette famille, originaire de Ceylan. Le camphre est une résine blanche, transparente, très-volatile, et par conséquent très-odorante et très-inflammable, qu'on obtient par la distillation des diverses parties d'un arbre qui croît aux Indes, à Sumatra et au Japon, et qu'on nomme laurier ^camphrier. Le sassafras est encore une espèce de laurier dont le bois aromatique est principalement employé
en médecine comme un puissant sudoiifique. Le fruit, qu'on nomme avocat en Amérique, et qu'on regarde comme une sorte d'abricot, croît aussi sur une espèce de laurier. La liqueur laiteuse que contient le noyau de l'avocat devient rouge lorsqu'elle est exposée à l'air; elle tache le linge d'une manière presque indélébile. Le laurier noble, ou d'Apollon, qui végète très-bien en Europe , offre dans ses feuilles un arôme trèsagréable, que nos cuisiniers emploient sous le nom de laurier— sauce, comme assaisonnement. Ses baies ou fruits charnus donnent une huile grasse, dont on se sert principalement dans la médecine vétérinaire. Mais on vend principalement pour cet usage de l'axonge dans laquelle on a fait cuire les baies- de laurier qui y ont déposé leur principe aromatique. C'est une sorte de pommade ou d'onguent que l'on emploie à l'extérieur pour les douleurs rhumatismales. La muscade est une véritable noix dont le brou très-odorant contient un arille, qui est d'un rouge orangé, épais, découpé en lanières, comme charnu encore, et qui se nomme macis. L'arbre qui porte ce fruit est originaire des Indes. On en cultive beaucoup à Java. Le suif végétal de Cayenne et de la Guyane, avec lequel on fait des chandelles dans ces colonies, provient des graines de la virole sébifére.
585. C'est à la famille des Polygonëes (468) qu'il faut rapporter les coccolobas ou raisiniers d'Amérique , dont les calices se changent, parla maturité, en des fruits rouges ou blancs et aigrelets analogues à nos groseilles; le sarrasin ou blé noir, dont la graine renferme un périsperme farineux qui sert de nourriture principale aux habitants de plusieurs de nos départements de l'ouest; les racines de bistorte, qui contiennent beaucoup de tannin, et souvent employées comme astringentes, le poivre d^eau, hydropiper, sorte de renouée dont les feuilles mâchées ont une saveur piquante qui appelle la salive ; Voseille , dont les feuilles acides fournissent un aliment sain et rafraîchissant; Idi patience, dont les racines amères sont employées comme dépuratives; la rhubarbe; originaire de la Tartarie et de la Chine. Qn mange les jeunes feuilles dont les nervures sont fort acides; souvent on les adoucit en les faisant cuire avec du sucre : leur racine est un médicament amer
légèrement purgatif et tonique. On cultive maintenant cette plante en Russie, en Moscovie, et même avec succès dans les environs de Paris. La rhapontique est une espèce de rhubarbe qui a peu de vertu.
586. Les épinards^ la bette on poirée , la bonne-dame^ \sl salicorne, la bacile ou passe-pierre, improprement criste-ma" rine , sont des plantes de la famille des Arroches f 468), dont on mange les feuilles cuites, ou confites dans Teau salée; mais il est un genre plus important, dont les cendres fournissent beaucoup de cet alcali du commerce qu'on nomme la soude. Ces noms de kali ou de soude paraissent avoir été tirés des végétaux dont nous parlons. C'est principalement dans les régions méridionales, en Espagne et en Barbarie, qu'on extrait cette soude, surtout aux environs d'Alicante; on l'y nomme baritle. Mais peut-être ces plantes ne font-elles qu'extraire de la terre la soude qui s'y rencontre; cai* un grand nombre de végétaux de familles différentes qui croissent dans les mêmes circonstances fournissent, par l'incinération, le même alcali. D'un autre côté, on sait que la pariétaire, la bourrache, l'hélianthe, qui croissent près des murs des lieux habités, fournissent beaucoup de nitrate de potasse , lorsqu'on fait l'analyse de leurs sucs, ou de l'humeur de leur végétation. De môme aussi on a reconnu, dans les environs de Paris, que les betteraves cultivées dans les plaines dont le fumier provient des matières animales fournissaient une étonnante quantité d'ammoniaque ou d'alcali volatil qui s'est manifesté lorsqu'on a voulu extraire le sucre que contenait ces racines. Plusieurs plantes de cette famille portent des odeurs très-différentes : ainsi Vanserine fétide, ou la vulvaire, en exhale une analogue à celle du poisson pourri; la camphrée rappelle celle du camphre, et la pétivierie porte l'odeur des oignons. Les racines de la betterave contiennent une grande quantité de sucre qu'on est parvenu à extraire et à obtenir très-pur; on les mange cuites au four et marinées au vinaigre. On prépare dans nos cuisines les grosses nervures des feuilles de la bette blanche , sous le nom de cardes de poirée.
587. Il n'y a guère de plantes très-utiles à l'homme dans les familles suivantes; mais on en remarque plusieurs dans celle des RamAKTHACÉES (476) ; ainsi les poly galas sont en général em-*
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ployés en médecine comme de légers purgatifs amers; le poly«gala sénéga d'Amérique est un médicament fort actif comme excitant. Mais l'un des remèdes dont les effets sont le mieux constatés contre les bémorrhagies passives est la racine d'une plante de cette famille, qu'on nomme ratanhia au Pérou et au Mexique. Plusieurs espèces de véroniques servent aussi dans les mêmes indications, ainsi que les euphraises; mais les pédieu* lairet passent pour vénéneuses.
888. Parmi les JASMniÉES (478) , les lilai et \e& jasmins se font connaître par le parfum agréable de leurs fleurs. Cependant cette odeur est fugace et se décompose par l'action du feu, de sorte qu'on ne peut pas l'obtenir par la distillation , comme la plupart des arômes. On emploie, pour l'isoler, un procédé simple qui consiste à imprégner d'huile grasse et inodore des morceaux d'étamine dont on recouvre ensuite des lits ou des cou*^ ches de ces fleurs. On exprime le lendemain cette huile, qu'on unit aux graisses, pour parfumer les pommades, ou bien en-core on l'agite avec l'alcool à froid. L*esprit-de-vin se charge alors de l'arôme en l'enlevant à l'huile grasse. Le sucre légèrement purgatif, qu'on appelle manne , est fourni par une espèce de frêne qui croit naturellement en Sicile et dans la Calabre. Le bois de l'espèce la plus commune en France est beaucoup employé dans le charronnage, parce qu'il est dur, liant, flexible, élastique, pour faire des brancards , des timons, des limons de ▼oitures; on en fait aussi des manches d'outils, des queues de billards, des manches de fouets, des chaises, des échelles, des cerceaux. Tout le monde connaît les olives, dont on retire l'huile à manger. C'est un fruit à noyau, dont la partie charnue ou le brou ne prend de saveur agréable qu'autant qu'on a détruit son âcreté par la macération dans les alcalis. Les fleurs d'une espèce d'olivier de la Chine portent une odeur très-agréable , et sont, dit-on, employées pour aromatiser les feuilles séchées du thé.
S^. Presque toutes les plantes de la famille des Labiées (480) sont aromatiques et amères : on les emploie beaucoup en médecine; la plupart fournissent du camphre; on s'en sert comme de toniques puissants. On en extrait des huiles volatiles, comme celle d'aspic, qui provient de la/ovatida en épi; celles de roma*
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rtn, de $aug0, qui sont très-fluides ; celles de thym^ de mar'* Jolaine, ûe menthe, qui cristallisent par le repos. La plupart s^unissent à Talcool, et forment les odeurs spiritueuses qu'on trouve dans Teau de mélisie, Y eau de Cologne, Veau-de-vie de lavande, Y eau de romarin^ etc.; quelques-unes même sont miscibles à Teau, et donnent, par la distillation, des liqueurs très-aromatiques et très-sapides, comme celle qu'on nomme huile de menthe poivrée, à cause de sa consistance sirupeuse. La sarieltey le thym, la sauge , entrent comme assaisonnement dans nos mets. C'est dans cette famille qu'il faut ranger encore Yhysope, la mélisse , le basilic, \dL menthe , Y origan , le lamier^ la bétoine, la germandrée y le marrube , le patchouli ^ dont l'odeur, très-fortement aromatique, se conserve longtemps et se communique aux graisses, aux liqueurs alcooliques, et qui sont ainsi employés par les parfumeurs dans les pommades et les eaux dites de senteur; le lierre terrestre ou glécome^ le serpolet et beaucoup d'autres.
590. La famille des Personnébs (481) réunit, au contraire, des plantes dont l'odeur est en général désagréable et les propriétés dangereuses. Nous pouvons citer ici le muflier^ la ealcéolaire, là g ratio le et les scrofulaires, qui sont acres et virulentes; la digitale ^ dont l'administration à l'intérieur pro* duit un effet surprenant sur les organes de la circulation , qu'elle excite d'abord, et qu'elle ralentit ensuite d'une manière si évidente. Cependant Yambulie du Malabar porte une odeur poivrée assez agréable ; sa saveur est aromatique ; on mange au Chili le mimule jaune, comme notre oseille.
591. Par un contraste bien singuher, on trouve parmi les SoLAïf ÉES (482) des plantes vénéneuses en très-grand nombre, et d'autres végétaux extrêmement utiles. C'est entre les premières qu'on peut ranger les jw^guiamw, la, stramoine ou pomme épineuse, la belladone y la, mandragore^ la, douce-amère , la morelle noire , dont les fruits et les feuilles contiennent un suc vénéneux, narcotique quand il est pris en petite quantité, mais qui provoque un délire furieux lorsque la dose en est trop forte. On mange les fruits de Yalkéhenge , jde la tomate, de la mélongène, de la pomme d'amour, de Y aubergine , surtout lorsqu'ils sont cuits : ils sont presque tous acides. On sait quels
sont les usages des feuilles du tabac, cette plante, originaire d'Amérique, qu'on a trouvé eprès de Tabasco au Mexique , et qu'on cultive maintenant dans presque toute l'Europe. Le fruit du piment d'Inde ou du poivre de Guinée, qu'on emploie comme assaisonnement, appartient encore à une plante de cette famille. Nous devons surtout ne point oublier la pomme de terre , cette racine précieuse qui fournit une nourriture si saine et si abondante. Cette plante est originaire du Chili : elle a été transportée de là en Angleterre , puis en Hollande, et enfin en France. On ne l'employait d'abord qu'à la nourriture des bestiaux , et c'est de la table du riche qu'elle est passée sur celle du pauvre. Elle était connue en Virginie sous le nom d'àpenant»
592. Les BoRRAGiNÉES (485) , ou les plantes voisines de la bourrache, contiennent presque toutes un suc mucilagineux , une sorte de gomme dont on se sert en médecine comme d'un adoucissant, surtout dans la toux. Telles sont la buglosse, la cynoglosse, la vipérine, \Q,consoude, \dL pulmonaire et \e grémil. La plupart de ces plantes renferment dans leurs sucs une grande quantité de nitrate de potasse, qui fuse lorsqu'on fait brûler ces végétaux après les avoir desséchés. On cultive l'héliotrope du Pérou, à cause du parfum agréable que répandent ses fleurs. La racine de Yorcanetie provient d'une espèce de buglosse du midi de la France ; elle donne une couleur rouge peu solide, mais d'une teinte très-agréable, qui s'unit très-bien au beurre, aux graisses, aux huiles et à l'alcool dont on remplit le tube des thermomètres.
593. La famille des liserons, ou des Convolvulacées (484) , . étudiée sous le rapport économique, esta peu près dans le môme cas que celle des solanées. Le plus grand nombre des espèces contiennent un suc laiteux purgatif qu'on vend desséché, dont on fait beaucoup d'usage en médecine : telles sont les résines qui proviennent des racines de la scamonée d'Alep et des Indes, celles du méchoacan, du iurbiih, et de la racine tout entière dixjalap, qui croît au Mexique et dans presque toute l'Amérique. Cependant la racine de la patate fournit une substance farineuse qui sert de nourriture à tous les peuples qui habitent entre les tropiques; elle provient d'une plante du
genre même des liserons , dont la plupart des espèces sont des poisons. Le bois de Rhodes; qui porte une odeur de rose, et que les parfumeurs emploient souvent, parait appartenir aussi au genre liseron.
594. Presque toutes les Gentiànées (486) sont toniques et employées en médecine, principalement contre la fièvre. Leurs diverses parties sont amôres , surtout les racines. La ckironie ou érytrhée gentille, appelée vulgairement petite centaurée, est de cette famille. Dans quelques pays, on substitue d'autres genres voisins à celui de la gentiane proprement dite : telles sont la ckironie d'Afrique, la coutoubé blanche, la villarsie ; on attribue à la spigélie, ainsi qu'à Yopkiorhize, la propriété vermifuge à un très-haut degré. Le trèfle d'eau ouménianthe , qui appartient à cette famille , et qui est aussi employé comme fébrifuge, présente une disposition très-remarquable dans la forme de ses pétales d'un blanc de neige , profondément divisés en lanières. Telle est encore la chlore perfoliée , dont les tiges semblent perforer les feuilles , qui sont souvent employées comme un moyen tonique contre les fièvres.
595. Les Apocinëes (487) renferment un grand nombre de plantes purgatives, et même vénéneuses. Dans la plupart d^s espèces, on trouve un suc laiteux, acre , caustique et trèsabondant; c'est une sorte d'émulsion gommo-résineuse qui , par le dessèchement, devient souvent analogue à la gomme élastique. D'autres sont employées comme émétiques ; telles sont en particulier une sorte d'ipécacuanha de l'Ile-de France , qui provient des racines de deux espèces de plantes différentes, d'un périploca et d'un cynanckum. Il en est qui se font remarquer par la beauté ou par l'odeur de leurs fleurs, comme les pervenches , le laurier-rose y les frangipaniers de l'Amérique. On a rapproché de cette famille les Strychnées ou les canirams, qui fournissent la noix vomique et la fève de Saintl^ace; ils contiennent un principe amer et délétère qui, introduit dans le sang, détermine des convulsions, des spasmes, propriété dont on a tiré parti afin de produire les mouvements dans les organes paralysés. Vupas tieuté de Java, avec le suc duquel les naturels empoisonnent leurs flèches, parait aussappartenlr à ce genre du strychnos ou caniram,
â90 USAGES ET SINGULARITÉS DES PLANTES.
596. C'est parmi les Sapotilliers (488) que se trouvent rangées beaucoup de plantes exotiques, remarquables par leur port, Tagréabie odeur que répandent leurs petites fleurs réunies en faisceaux, et par la douceur de leurs fruits, qui sont des baies ; cependant la plupart ont un suc laiteux. Plusieurs sont cultivées dans nos serres comme plantes d'agrément : telles sont les caïmitiers ou chrysopbylles de Saint-Domingue, dont les belles feuilles ovales sont fermes , lisses et d'un beau vert foncé supérieurement, tandis que le dessous est recouvert de poils jaunes, soyeux et comme dorés. Les achras et les bassias donnent, par l'expression de leurs graines, une sorte d'huile concrète, grasse , ou de beurre de Galam , sur la côte de Coromandel , et au Bambarra. Une autre espèce d'arbre de la môme famille fournit, dans sa sève, une véritable émulsion laiteuse qui lui a fait donner, dans l'Amérique méridionale, suivant M. de Humboldt, le nom d'arbre de la vache. Les sapotilliers proprement dits, dont on recherche tant les fruits en Amérique; lesjacqui" nier s, dont les Caraïbes enfilent les baies rouges pour leur servir de bracelets; les mimusopes, dont les fleurs jaunes, dorées et très-odorantes , servent aux mômes usages.
597. La famille desÉBÉNACÉss (490) renferme l'arbre qui donne le bois appelé ébène , dont la couleur est noire dans la partie centrale qu'on nomme le cœur de l'arbre, et le tissu si dense qu'il peut recevoir le plus beau poli , et comme il est peu hygrométrique . on s'en sert pour faire des règles, des flûtes, des pommeaux et autres parties des instruments à vent. Il appartient au genre diospyros» Il croît aux Indes , principalement sur la côte de Coromandel. C'est auprès de ce groupe que se trouvent aussi rangés les alibousiers d'Amérique, des Indes et d'Europe , qui fournissent les diverses résines odorantes dont on se sert en médecine et dans les arts sous les noms de styrax ou storax. Le benjoin vient encore se ranger dans cette famille.
598. La petite famille des Ëricacëes (491) comprend le genre nombreux des bruyères, remarquables par la verdure et la beauté de leur feuillage et par la couleur et la permanence de leurs fleurs. Plusieurs servent de litière et de pâturage aux animaux , de Ijois de chauffage , de balais et de vergettes. On mange les baies de plusieurs espèces d'airelles ou vacci^
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aioQS, dont le bois est très-astringent, et sert à tanner les cuirs. On emploie les feuilles de plusieurs arbauêiers et de rhododendrom pour faire des infusions amères et sudoriflques. Le fraisier de Portugal donne un fruit qui est une sorte de baie analopie & la fraise, et qu'on mange dans le midi de TEurope.
599. On cultive la plupart des Cahpahulacébs (492) comme plantes d'ornement, à cause de leur corolle brillante, monopétale et en forme de clochette. On mange en salade les jeunes pousses de la raiponce^ et les racines du phyteuma. Plusieurs espèces du genre lobélie, et entre autres celle qui croît au Chili, sont des poisons^trè&^ictife; on dit même que la seule odeur des fleurs fait souvent vomir. D'autres espèces sont employées avec le plus grand succès comme sudoriûques dans quelques maladies.
600. La famille des Ghicoracées (495) est très-nombreuse; presque tous les genres renferment des plantes que nous employons comme aliments. Ainsi nous mangeons en salade les feuilles de la chicorée, de la scarole ou escarole, de la laitue^ du chicon ou romaine, du laiteron, du pissenlit ou dent de lion, du tragopogon; nous faisons cuire les racines des cardouilles, des scorsonères et des salsifis. En général, toutes les parties de ces plantes, privées du contact de la lumière, sont assez douces et agréables au goût : elles sont, au contraire, d'une amertume insupportable, lorsque ces végétaux ne sont pas étiolés ; quelquefois même elles produisent l'effet des poisons narcotiques , comme dans la laitue sylvestre, dans celle qui est nommée vireuse.
601. Dans la famille des Ginarogëphales (496), nous trouvons Vatractyle, porte-gomme d'Afrique, qui fournit une sorte de glu; ï artichaut dont on mange le réceptacle; et le cardon dont on fait cuire les longs et épais pétioles. On emploie les parties de plusieurs de ces plantes en médecine , parce qu'elles sont amères; tels sont entre autres la hardane, le chardon hénit, le chardon marie. Les corolles des diverses espèces d'artichauts et de quelques chardons font cailler promptement le lait dont ou veut faire du fromage.