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CHAPITRE XI

De la classiflcalion des animaux , d'après leurs fonctions.

666. Il est constant que la présence des organes du mouvement et des sensations distingue suffisamment les animaux (%4â); c'est leur caractère propre et constitutif. Or, plus les facultés de se mouvoir et de sentir seront développées chez eux , plus ils s'éloigneront des végétaux et réciproquement en sens in-, verse. C'est en considéraut-eetle complication d'oi^ganes et ces perfectionnements de l'animalité , qu'ion est arrivé à la classification naturelle et méthodique de ces êtres , comme nous allons le faire voir dans ce chapitre.

667. Supposons des animaux doués de la faculté de se reproduire par germes, par boutures, par drageons, par marcottes, susceptibles de se dessécher et de reproduire les phénomènes de la vie , ou de renaître en apparence par le contact de la chaleur, delà lumière et de l'humidité, ne pouvant exister que dans les liquides, au milieu même de leur nourriture. Des. êtres animés ainsi constitués doivent être très- voisins des végétaux, car souvent ils sont fixés, adhérents, presque dès leur naissance, dans un point de l'espace; ils sont plongés au milieu d'un liquide qui contient leurs aliments, que plusieurs absorbent par des pores extérieurs ; enfin ils ne développent que peu ou point, de mouvements. Souvent leurs parties sont distribuées autour d'un axe et en rayons ; on n'observe chez eux ni nerfs bien distincts, ni organes des sens, à l'exception du toucher passif; quelques-uns n'ont pas de véritable tube alimentaire ou digestif, mais une poche, un simple sac à un ou à plusieurs orifices destinés tout à la fois à l'entrée et à l'issue des substances alimentaires. Jamais ils n'offrent d'organes distincts pour la circulation, ni pour la respiration; enfin, très-souvent ils sont privés des organes extérieurs spécialement destinés au mouvement ; quant ils en produisent , c'est par la totalité de leur

corps suspendu dans un liquide, parce que leurs formes et leur étendue peuvent changer. Ils constituent , pour les naturalistes, la dernière classe des animaux, ceux qui se rapprochent le plus des plantes, aussi les nomme-t-on Zoophytes. Il faut avouer cependant que cette dernière classe des animaux en renferme beaucoup qui paraissent fort compliqués dans leur structure, mais qui se soustraient aux recherches anatomiques à cause de leur exiguïté , de la mollesse et de la ténuité de leurs organes (688).

668. Tiennent ensuite des animaux condamnés auôsî pour la plupart à vivre dans Teaù, où les mouvements qu'ils exécutent sont lents et souvent peu sensibles. Cette circonstance semble les avoir privés de plusieurs des organes des sens; quoique munis de nerfs, ils les ont simples ou avec peu de renflements. Le plus souvent leur corps est très-mou, non symétrique , sans membres articulés, protégés par des coquilles plus ou moins solides ou par des croûtes solides d'une seule ou d'un petit nombre de pièces ; ils sont toujoui'S munis de vaisseaux distincts très-ramiflés, quoique liés au tissu des organes, ayant par conséquent une circulation et des instruments propres à la respiration, lesquels varient suivant qu'ils habitent un milieu liquide ou gazeux. Ils offrent tantôt un mode de génération semblable à celui des plantes , tantôt la triple complicafiôn d'un sexe distinct, individuel, ou des deux sexes réunis dans un même être, soit comme hermaphrodites, soit comme androgynes : tels sont les Mollcsques (710).

669. Les animaux qui appartiennent aux classes suivantes ne sont pas beaucoup plus parfaits que les précédents. Condamnés aussi pour la plupart à vivre dans l'eau ou dans un milieu constamment humide et obscur, ils sont privés de quelques-uns ou de presque tous les organes des sens; cependant ils ont des nerfs bien distincts, noueux ou à renflements, dont partent des filaments rayonnes qui se rendent aux organes , et qui s'y terminent. Ils ont des vaisseaux sanguins et des organes respiratoires distincts qui ont souvent l'apparence de branchies extérieures. Leur corps, constitué par une tige régulière et symétrique , se divise , il est vrai, en anneaux , qui se prêtent facilement à là locomotion, mais il n'est pas muni de ces appendices

articulés qui constinuent des membres. Leurs organes sexuels soDt réciproquement, nécessaires aux individus , et le plus souvent distincts et séparés sur deux êtres qui se meuvent et qui, suivant leur volonté, peuvent se rejoindre : tels sont les Vbr» articulés ou les Annelides (743).

670. Les êtres rangés dans les deux classes qui suivent ont aussi le tronc composé de leviers distincts et articulés, mais de plus il est muni de membres ou d'appendices latéraux formés de pièces mobiles les unes sur les autres, sortes de leviera destinés à produire les mouvements divers nécessaires au transport de leur corps, suivant leur manière de vivre. Les uns habitent dans Teau et ils ont des organes respiratoires formés de feuillets ou de lames fibrillaires dans l'épaisseur desquelles se distribuent les vaisseaux, véritables branchies, faisant l'office des poumons aquatiques. La plupart ont aussi des oi^anes de la locomotion destinés à leur natation avec le corps immergé; mais beaucoup peuvent aussi se mouvoir et habiter quelque temps sur la terre : ce sont les Crustacés (752).

671. Chez les autres, qui respirent l'air en nature, ce fluide élastique pénètre dans les diverses parties du corps par des stigmates (775) , ouvertures nombreuses qui aboutissent à des tubes aérifères qu'on nomme trachées (789). Quoique privés des organes ramifiés de la circulation , à ce [qu'il paraît, ils sont cependant plus animés que tous les êtres précédemment indiqués, car ils sont doués de la vue, de l'ouïe, deTo- 'dorat, du goût et du toucher. Leur tronc est composé d'une tige centrale articulée ou à pièces mobiles. Ils jouissent de tous les modes de transport , dans l'eau et à ^ surface , sur la terre et dans l'air, au moyen d'organes appropriés à chacun de ces genres de locomotion ; et sous le rapport des instruments de la vie destinés à la nutrition et à la génération, ils sont aussi parfaits que les animaux d'un ordre plus élevé : tels sont les Insectes (768).

672. On a réuni dans les quatre autres classes des animaux qui nous restent à caractériser, ce sont ceux que Ton désigne sous le nom de vertébrés et qui paraissent construits sur un même modèle. D'abord, parce que la moelle nerveuse à laquelle tous leurs nerfs aboutissent, ou dont ces cordons ou filets sem-

blent provenir, est renfermée dans un élui osseux formé de pièces ou d*anneaux solides, mais mobiles, dont les articulations déterminent la nature du mouvement du tronc en général et de chacune de ses régions. Cet ensemble d'os vertébraux (6S0) forme à l'intérieur une colonne centrale qu'on nomme Yéchine. C'est une sorte de charpente uniforme située dans la partie moyenne et dans toute la longueur du corps, terminée en avant par une portion renflée qui renferme le cerveau et la plupart des organes des sens : c'est ce que l'on nomme la fêle. En arrière cette échine prolongée forme des instruments divers, souvent destinés à la progression ou à modifier la direction du transport: c'est ce qu'on appelle la queue. Au centre du tronc, ou vers la partie moyenne, se trouvent la poitrine et le bassin, protégés par les côtes et les os coxaux, cerceaux osseux, sur lesquels s'appuient ou s'articulent les membres qui sont au plus au nombre de deux paires, et on les distingue en thoraciques ou pectoraux ^ et en pelviens ou abdominavur. Ensuite, chez presque tous, la bouche présente une fente transversale, dont les mâchoires, ens'écartant, se meuvent verticalement, et correspondent à cette fente. Le tube intestinal se termine constamment après les os du bassin, quand ces pièces existent. Tous ont un foie, une rate, des reins, des organes qui les distinguent en mâles et en femelles. On a observé chez tous des organes de la circulation et de la respiration qui présentent des variations , suivant le milieu danslequel ils sont appelés à vivre. Tous ont pn sang rouge qui est mis en mouvement par un agent d'impulsion ou par un cœur dont les oreillettes et les ventricules, lorsqu'il y en a plusieurs, sont constamment rapprochés et accolés. Tels sont les poissons, les reptiles, les oiseaux et les mammifères.

673. Les Poissons sont les animaux vertébrés les plus simples ou les moins compliqués dans leur organisation. Leurs organes du mouvement ont cependant acquis un développement considérable ; car souvent leurs os et leurs muscles forment, en poids ou en volume, presque les neuf dixièmes de la masse totale de leur corps. Toute leur structure est appropriée à leur genre de vie constamment aquatique ; leur échine se termine, en général, par une queue comprimée qui est garnie de na-

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