‹ Éléments et théorie de l'architecture; cours professé à l'Ecole nationale et spéciale des beaux-arts (volume 2)Chapitre 20 sur 71 · TOMI IV · texte numérisé non relu

TOMI IV

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Fig. 1735. — La Galerie dorée Je la Banque de France, .i I'.iris.

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mais que vous chercheriez en vain dans des édifices administratifs plus anciens, comme le ministère de la Marine ou de l'Instruction publique qui, il faut l'ajouter, ont été colloques le mieux ou le moins mal possible dans des constructions faites pour toute autre chose. Naturellement, il faut que ces corridors publics soient chauffés, non seulement pour le bien-être de ceux qui s'y tiennent, mais aussi pour que l'ouverture fréquente des portes d'accès ne soit pas une cause de refroidissement pour les pièces qu'ils desservent. Enfin, il est très désirable, on peut dire

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Fig. 1734. — Corridor du Service de l'Instruction du Palais de Justice de P.iris.

nécessaire, que ces corridors soient desservis par deux issues : il faut toujours avoir en vue le danger d'incendie et ne pas constituer des impasses.

En définitive, les corridors relèvent avant tout de la composition générale, et en eux-mêmes n'appellent guère d'autres recommandations que la clarté la plus grande possible, et la plus grande simplicité.

Tout autre est la galerie. Je vous en ai parlé déjà à propos de l'habitation; ainsi que je vous le disais, la galerie n'est pas toujours une simple circulation. On faisait et on fait des galeries comme partie essentielle d'une grande réception, par exemple la Galerie des Glaces à Versailles, la Galerie d'Apollon au Louvre, la Galerie dorée de la Banque de France (fig. 1735),

ou celle de la Bibliothèque nationale. Sans doute ces galeries aident à la circulation, mais ce n'est pas leur unique but, et s'il ne s'était agi que d'assurer cette circulation, elles seraient certainement moins importantes et moins riches.

Cependant, il y a des circulations fastueuses, il y en a aussi de très nombreuses, et dès lors il faut pour celles-là tout autre chose que le simple corridor utilitaire. Entre ces divers éléments de composition, les nuances ne sont pas tranchées; toujours

Fig. 1736. — Galerie dite des Tombeaux, à Versailles.

est-il qu'il existe des galeries de communication qui sont au nombre des parties les plus monumentales des édifices : ainsi à Versailles, aux divers étages, les belles, larges et longues galeries voûtées qui relient le vestibule de la chapelle à celui du Théâtre (fig. 1736); au Palais de Justice, les galeries, voûtées aussi, qui traversent toute la longueur du plan (V. fig. 32, vol. I, p. 120). Peut-être faut-il voir des galeries de communication plus encore que des galeries de réception dans celles de Fontainebleau, au rezde-chaussée la Galerie des Cerfs, et au premier étage la Galerie de François Ier, toutes deux plafonnées et d'une si belle étude. Comme programme et élément de composition, la galerie de communication n'est que le corridor amplifié. Comme architec-

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ture, elle introduit le caractère monumental dans la combinaison d'utilité. Si elle est en pierre, voûtée, comme les galeries de Versailles que je vous cite, ou bien d'autres encore, elle appelle les mêmes réflexions que les vestibules; si elle fait plus immédiatement partie des réceptions et des appartements, comme la Galerie d'Apollon par exemple, son architecture se rapproche davantage de celle des grands salons. Dans l'habitation modeste, ses proportions deviennent naturellement moindres. Tout est ici question de nuances et de valeur.

Quoi qu'il en soit, portiques, corridors, galeries, toutes ces communications sont l'âme même de la composition. Ce ne sont que des moyens, mais des moyens nécessaires comme les artères dans le corps humain. Je n'ai qu'à vous rappeler ce principe : il faut qu'on puisse pénétrer dans toutes les parties d'un plan, mais cette pénétration doit toujours être demandée aux moyens les plus simples : évitez les plans où l'on risquerait de se perdre dans des circulations trop compliquées.

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