‹ Éléments et théorie de l'architecture; cours professé à l'Ecole nationale et spéciale des beaux-arts (volume 2)Chapitre 30 sur 71 · CHAPITRE XII LES FAÇADES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII LES FAÇADES

SOMMAIRE. — Considérations générales. — Prévision des façades

dans l'étude des plans. — Saillies et retraites. Façades uniformes ou sur un seul plan. — Caractère et difficultés. —

Recherche de la variété. — Expressions diverses.

Un traité de Théorie de l'Architecture serait incomplet s'il n'abordait pas enfin ce sujet si important : les façades. Je dois donc vous en parler : mais entendons-nous bien.

Je me serais trop mal fait comprendre si vous pouviez croire qu'une façade s'étudie en elle-même et par elle-même. En général, une façade est une résultante, et c'est le plan surtout qui en déterminera les proportions de longueurs et de largeurs, de distances d'entre axes, de saillies et de retraites des corps de bâtiment les uns par rapport aux autres ; c'est la coupe, ou ce sont les coupes qui détermineront les proportions verticales, les hauteurs d'étages et de toitures : vous aurez ainsi des données nécessaires dont vous ne pourriez vous affranchir qu'en violentant la composition ou en vous permettant le mensonge. Presque toujours, ce seront les exigences du plan qui détermineront les distances entre travées, tantôt avec quelque latitude, tantôt avec précision comme nous l'avons vu pour les écoles,

les lycées, les hôpitaux. Ce seront les nécessités intérieures qui détermineront les hauteurs d'étages.

Mais dans une certaine mesure vous avez le droit de demander à votre façade la sanction de vos plans et de vos coupes, et de les faire varier au besoin si une nécessité de façade le commande. Prenons un exemple pour être mieux compris.

Lorsque Lefuel eut pris le parti d'arrêter par la silhouette puissante du pavillon de Flore (fig. 1853) la longue ligne du Louvre et des Tuileries, les nécessités du plan n'exigeaient peut-être pas les largeurs qu'il a données à ce pavillon, ou les saillies qu'il accuse sur l'alignement des galeries : s'il a projeté là une saillie très vigoureuse, ce n'est pas par une nécessité matérielle, c'est pour que cet arrêt fût très nettement et fortement accusé : le plan aurait facilement admis un métré de plus ou de moins, les exigences artistiques s'imposaient en premier lieu, et sans aucun doute il n'a arrêté définitivement son plan qu'après une étude définitive de la façade, au moins dans sa composition générale. De même, je ne crois pas que le comble très élevé de ce pavillon, avec les trois ou quatre étages qu'il contient, fût une nécessité matérielle ; c'était dans la pensée de l'artiste une nécessité de silhouette. (J'en pourrais dire autant des pavillons du Luxembourg.)

Mais remarquez bien ceci : Si je vous ai cité d'abord cet exemple, c'est que le parti adopté par Lefuel pour la composition même de son pavillon en façade permettait cette élasticité. Vous pouvez supposer l'architecture de l'aile qui longe le quai arrêtée ne varietur, et elle l'était en effet puisque ses travées reproduisent celles de l'ancienne partie ; vous pouvez supposer le Pavillon de Flore arrêté dans la composition de ses éléments : il restera encore variable pour l'étude, il pourra être plus ou moins large, plus ou moins saillant, rien dans ses éléments ne

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