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Fig. 1872. Pavillons de Lesdiguière et de la Trémouille, au Louvre. Vue.
Fig. 1871. — Pavillons de Lesdiguière et de h Trémouille, .m Louvre. Vue.
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ici un motif milieu nettement accentué comme nous l'avons vu à l'École militaire par exemple, ni une raison aussi puissante de localiser la décoration et la richesse architecturale. Vous verre/ donc plus souvent l'idée d'harmonie et d'unité prévaloir dans les façades ainsi conçues, telles que celles de la place de la Concorde, celle de l'Opéra, les façades latérales de l'Hôtel de Ville de Paris, etc. Cependant, le contraste entre une grande partie milieu d'une riche architecture et des pavillons d'angle beaucoup plus simples se rencontre aussi, et dans votre Lcole même la façade du Palais des Études (fig. 1870) en est un bel exemple; et même les pavillons d'angle y sont non seulement plus simples, mais aussi plus bas. Quant au parti inverse, de riches pavillons encadrant un milieu plus simple, il peut résulter plutôt peut-être d'une fantaisie ou de circonstances particulières ; ainsi, par exemple, si dans le grand ensemble du Louvre vous considérez les constructions nouvelles, vous voyez les pavillons d'angle, comme aussi les pavillons milieux là où ils existent, présenter une richesse très grande sinon très heureuse, en opposition avec la simplicité des parties en retraite; ces pavillons s'accusent d'ailleurs aussi par la silhouette de leurs toitures et par une grande saillie. De même et encore au Louvre, si vous isolez la façade en elle-même complète qui comprend les trois grandes arcades de passage et les deux pavillons de Lesdiguiére et de la Trémouille (fig. 1871 et 1872), les pavillons élégants et décorés encadrent une façade milieu beaucoup plus simple. Je prends de préférence les exemples que vous pouvez voir journellement. En résumé, ici encore, l'architecte a le droit de vouloir affirmer l'effet qu'il se propose de produire, et ce n'est plus qu'une question d'étude — et de talent ! — pourvu que, après avoir bien su ce qu'il veut, il sache rester fidèle à sa volonté.
Quant au troisième parti, dont l'exemple le plus monumental
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à Paris est la colonnade du Louvre, il réunit naturellement les conditions des deux autres. Il va sans dire d'ailleurs qu'il n'est possible que pour des édifices importants, et qu'on a parfois à regretter de l'avoir employé avec plus d'ambition que de raison lorsque le programme ne comportait pas une composition aussi monumentale. Dans ce parti d'ailleurs, il y a encore deux hypothèses possibles : il faut, cela se comprend aisément, que les trois pavillons ne soient pas égaux entre eux ; milieu ou angles, il faut que l'un ou l'autre l'emporte. Vous trouverez des compositions dans les deux partis : le pavillon milieu plus important au Louvre, aux Tuileries, etc., et au contraire les pavillons d'angle dominant, et le milieu plus restreint au Luxembourg
(fig- 1873)-
Ce que j'ai dit au sujet de la variété d'étude dans les deux
premières hypothèses s'applique encore ici, et je voudrais éviter
les redites. Il est facile d'ailleurs de comprendre que cette variété
peut ici être plus grande encore puisqu'elle a pour s'exercer
cinq parties au lieu de trois. Je me répéterais trop en insistant,
et je crois avoir suffisamment traité ce sujet.
Dans plusieurs monuments, les pavillons d'angle ont été accusés par des hauteurs sensiblement plus grandes ; tel est, par exemple, YAlbergo de Poveri à Gênes (fig. 1874), le palais de Caserte (fig. 1875), l'Hôtel de Ville de Lyon (V. plus haut, fig. 1682, p. 253, et 1683, p. 254), celui de Paris. Cette disposition est d'un grand effet et double en quelque sorte l'accentuation que s'est déjà proposée le plan.
Les pavillons d'angle prennent une valeur toute particulière lorsque la composition comporte une cour d'honneur ; alors, ce sont ces pavillons qui seuls s'avancent en premier plan et mettent l'édifice en contact avec la voie publique. Les exemples de cette disposition abondent : vous connaissez tous le Luxembourg,
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Versailles, le palais de Compiégne, etc. Même dans l'habitation particulière, vous la retrouvez dans un grand nombre d'hôtels,
Fig. 1874. — Façade de l'Albergo de Poveri, à (jénes.
et dans des châteaux tels que ceux d'Ecouen (fig. 1876) et de Maisons (Y. plus haut, fig. 356, vol. I, p. 438).
Si d'ailleurs dans tout ce qui précède, j'ai employé le mot de
Fig. 1875. — Palais de Caserte.
« pavillon » plutôt que celui d' « avant-corps » c'est que le mot avant-corps s'applique à quelque chose de moins déterminé. Un avant-corps peut à lui seul être une façade entière ; tel est le
Fig. 1876. — Château d'Écouen. Pavillon central.
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grand avant-corps du Palais de Versailles vers le parc, ou à Paris la façade du Palais de Justice vers la place Dauphine, dont la grande ordonnance centrale est en avant-corps sur les parties latérales; à lui seul cet avant-corps constitue une façade générale.
Du reste, ne cherchez pas ici des régies précises. Les façades mouvementées, composées d'avant-corps, d'arrière-corps, de pavillons, d'ailes, etc., se proposent toujours un même but : l'effet, obtenu par les saillies et les renfoncements, les silhouettes, les jeux d'ombre et de lumière. Il est bien rare qu'un jeu de façade réponde à un besoin matériel, mais on lui demande ce qu'on aime à trouver dans l'architecture, la beauté décorative. Les moyens ne manquent pas, il s'agit seulement de les employer avec imagination et avec goût : l'imagination qui permet les compositions heureuses, le goût qui leur assure avec l'étude une juste proportion entre l'unité monotone ou la diversité déréglée. Il n'y a pas de façade si minime soit-elle qui n'ait pour programme la beauté de l'édifice, et même la beauté de la ville. C'est ce qui se voit le plus dans nos œuvres; les difficultés de la distribution, de la construction restent un secret que l'auteur connaît seul; les beautés intérieures ne sont vues que par celui qui pénétre dans l'édifice; les façades sont vues et jugées par tous les passants. De là, tout au moins dans nos villes modernes, les grands efforts artistiques suscités par le désir de l'effet et de la variété.
Aussi les façades sur plans courbes ont souvent tenté les architectes; elles ont, en effet, un grand charme par le jeu des ombres et des lumières, et la diversité des points de vue. Elles sont d'ailleurs sur plans convexes ou concaves. Les premières sont celles des amphithéâtres et des théâtres antiques, des absides, des coupoles. Nous en avons déjà parlé. Les façades concaves,
plus rarement motivées par un besoin du plan, ne sont réellement dues qu'à un désir d'effet : ainsi le Palais de l'Institut (fig. 1877), bien que d'une étude assez médiocre, ne laisse pas de tenir son rang dans le décor général de Paris avec ses pavillons saillants, et sa façade cintrée au milieu de laquelle s'élève une coupole qui pourrait mieux répondre au vis-à-vis du Louvre.
Je vous la représente d'ailleurs telle qu'elle était lorsque l'édifice était le Collège des Quatre-Nations, avant la construction du Pont des Arts, et avec un mur de quai qui en formait le soubassement, et qui a disparu lorsque les nécessités de la circulation ont fait élargir ce quai. Dans une composition assez analogue, mais très différente d'étude, je vous citerai encore l'Hôtel de Ville de Rennes (fig. 1878), bel édifice bien ordonnancé, dont le motif milieu est un beffroi ou tour d'horloge au pied duquel était un groupe de sculptures à la gloire de Louis XV, disparues avec cette gloire.
Mais, tandis que une forme intérieure cintrée, comme un cirque ou une abside, donne logiquement lieu à une façade convexe, ces combinaisons de façades concaves ne vont jamais sans de graves difficultés de plans; encore, la difficulté ne serait rien, mais l'incommodité est inévitable avec des biais forcés, des salles qui ne peuvent être régulières, des enfilades impossibles. C'est donc un motif qu'il ne faut aborder qu'à bon escient, lorsqu'un intérêt supérieur d'aspect le commande, et lorsque dans cette compensation de sacrifices qu'est toujours la composition, il apparaît avec évidence que c'est la commodité et l'effet intérieur qui doivent être subordonnés à l'aspect de la façade.
Les biais sont aussi une difficulté fréquente dans les villes. Ces biais ou ces obliquités peuvent résulter d'une volonté de composition, et produire ainsi des mouvements de façades soit convexes, comme au château de Caprarole, soit concaves
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comme à la place Vendôme ou à la place Richelieu à Bordeaux, que je vous ai déjà montrées. Mais le plus souvent ils résultent du tracé des voies publiques et de la forme irréguliére
des terrains. Dans presque arrive comme à Paris qu'on voies qui relient en droite traversant comme au hasard tés différemment. Aussi, nos
toutes les villes anciennes il perce après coup de grandes ligne des points déterminés, des quartiers autrefois orienrues se coupent sous des
Fig. 1878. — Hôtel de Ville de Rennes.
angles très divers. S'ils sont peu différents de l'angle droit, le biais ne se juge guère. Le biais obtus est celui qui choque le moins : ainsi, on trouve tout naturel l'angle de deux façades d'un édifice polygonal. Mais l'angle aigu est désagréable, et devient même impossible s'il est trop fermé. Alors, il faut recourir au pan coupé ou à des arrangements spéciaux de motifs d'angle,
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auxquels a souvent conduit aussi la pratique des pans coupés à l'angle de nos rues même perpendiculaires entre elles.
Vous savez que, en pareil cas, on a de nos jours singulièrement abusé de la rotonde; cela n'empêche pas qu'il n'y en ait
des exemples remarquables d'étude : ainsi la rotonde de la Bibliothèque nationale, à l'angle des rues de Richelieu et des Petits-Champs (fig.
1879), et plus anciennement le Pavillon de Hanovre, boulevard des Italiens, malheureusement défiguré. Ce motif de rotonde est fréquent encore dans les anciens hôtels pour des salons en saillie, par exemple celui du Palais de la Lésion d'hon-
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Fig. 1879. — Rotonde de la Bibliothèque nationale.
neur sur le quai d Orsay.
Cela rentre d'ailleurs dans l'étude des édifices circulaires ou polygonaux.
Je ne reviendrai pas sur les façades à silhouettes si prononcées des églises, des coupoles, flèches, clochers, etc. Il me faudrait tout recommencer si je devais vous parler de tout ce qui motive des façades d'un caractère spécial.
Mais vous avez peut-être fait une remarque : dans ce chapitre des façades, je vous ai beaucoup parlé de plans: c'est dans l'ordre, et cela vous confirme une fois de plus la solidarité et l'unité des études architecturales.