‹ Éléments et théorie de l'architecture; cours professé à l'Ecole nationale et spéciale des beaux-artsChapitre 33 sur 82 · C-C, circulatioiu commodes · texte numérisé non relu

C-C, circulatioiu commodes

les salles de musée — quelle qu'en soit d'ailleurs la destination, peuvent se ramener à deux groupes : celles où il faut du recul, celles où il n'en faut pas, La disposition dépendra essentiellement de la nature des objets exposés : dans le premier cas, c'est l'aspect qu'on veut voir d'abord, c'est l'impression d'ensemble ;,i.av/»>H^ qu'on veut ressentir, sauf à étudier ensuite les moyens : tel est avant tout le tableau et la statue ; mais tel sera aussi le meuble, ^j^ l'armure, la tapisserie, etc., etc. Dans le second cas, il s'agit ou

de regarder de petits objets, bijoux, porcelaines, ivoires, etc.,fou • ^ d'analyser des objets qui valent par l'emploi de leurs organes, tels que les instruments de physique, des modèles d'outillages, etc.

Voilà donc la considération qui doit d'abord vous guider dans votre composition. Il y en a une seconde plus importante encore, c'est celle de l'éclairage; nous y viendrons plus loin, y^'

Pour l'instant, continuons à chercher quelles seront les conditions communes aux divers Musées, avant d'entrer dans les différences spécifiques.

Je n'insisterai pas sur la facilité et la simplicité des moyens d'accès : (cela reviendrait à dire une fois de plus qu'on ne saurait [jamais trop mettre d'ordre dans une composition.)

Mais je veux appeler votre attention sur le caractère commun aux diverses salles de musée bien comprises. Là, l'architecture et la décoration n'ont pas d'autre raison d'être que de faire valoir les objets exposés; l'architecture ne doit pas être une cause de distraction pour le visiteur.

Est-ce à dire que je regrette la beauté de certaines salles du Louvre ou du Palais Pitti par exemple? Nullement, mais quand je vois des tableaux de je ne sais quel peintre dans la chambre de Henri II au Louvre, je ne les regarde pas, je ne m'aperçois

LES ÉDIFICES d'iNSTRUCTION PUBLIQUE 33 I

de leur présence que pour les maudire de m'avoir gêné dans mon admiration pour cette magnifique pièce, et je sors de là ignorant de qui sont ces malheureuses peintures, ignorant si elles valent quelque chose ou non, parce que la chambre de - - Henri II est trop belle, et que le seul musée qu'on pîîîsse y admettre, c'est elle-même, et que tout ce qu'on y peut placer '' ne peut que nuire à la beauté d'une œuvre d'art incomparable.

De même lorsque pour la première fois j'ai visité le Musée du Palais Pitti à Florence, j'en suis ressorti n'ayant vu ni un tableau, ni une statue : la magnifique décoration de ces salles avait retenu toute mon attention : et encore je voudrais que ces salles fussent débarrassées de tableaux, car elles méritent à elles seules d'être vues pour elles-mêmes, avec les parois prévues pour supporter leurs voûtes que seules nous voyons aujourd'hui.

Mais, je le répète, ce sont là des salles qui n'ont pas été ■ créées pour des musées, pas plus que les grands salons de Versailles, d'où, fort heureusement, on est à peu prés arrivé à enlever les tableaux dont les avait encombrés un zélé barbare. La }^y vérité, c'est qu'une salle de musée est une salle dont les murs seront cachés; dès lors, non seulement il est inutile de les décorer de motifs d'architecture dont l'effet serait perdu, mais ces motifs — colonnes, pilastres, panneaux, etc. — tronqués «^.-^'^"^ par les cadres, les vitrines, les objets exposés feraient le plus déplorable effet. Et ce n'est pas l'architecture seule qui en souffrirait, ce sont aussi les objets exposés, ceux pour lesquels est fait le musée. Comment juger des contours d'une statue par exemple, si elle se détache sur un fond composé de toutes sortes de saillies, de compartiments, de marbres divers, d'arcades, en un mot de lignes et de colorations qui viendront au hasard ' contrarier les aspects de ces contours ?

Non, il faut que le visiteur ne soit pas distrait par l'architecture, il faut que la décoration ou tout au moins l'intérêt de la salle de musée soit dans les objets exposés. La décoration, toujours sobre d'ailleurs, doit commencer au-dessus seulement. En?' d'autres termes, la salle de musée comportera d'abord des parois /' tranquilles, des grands plans verticaux, soit qu'ils servent de ^'•'^ fonds perspectifs, soit qu'ils forment adossements; la décoration sera réservée à la partie supérieure, aux plafonds et aux voûtes.^ Aussi verrez-vous souvent dans les salles des musées les -^ j^^ parois verticales en tons unis ou presque unis, puis au haut une frise décorée et une corniche plus ou moins ornée; enfin le plafond ou la voûte reposant sur cette corniche, mais sans ^^f-^'^ Retombées sur des motifs verticaux. Les voûtes seront de préfé-

■[ rencè en berceau et en arc de cloître; si elles présentent des*-'-**^"** ""^^ combinaisons de pénétrations, voûtes d'arêtes, pendentifs, les/*""-^ retombées seront plutôt des consoles ou des culs-de-lampe. "^ Ainsi, au Louvre, le salon carré, la salle des Sept cheminées, les salles des antiques pour la plupart sont voûtées en " ' ' arc de cloître; tandis que dans la partie qu'on appelle Musée Charles X, au milieu des colonnes et des pilastres, on ne peut exposer que de petits objets de vitrines. Le programme du Louvre est assez vaste pour comporter ces variétés. Mais en général la régie s'impose des parois unies et d'aspect tranquille et reposé.

Toute régie cependant a ses exceptions. Les exceptions ici seront de deux sortes : elles seront motivées par la nature particulière des objets exposés, ou encore par ce fait que le musée ne sera pas exclusivement un musée.

Il est évident que si dans une salle de musée on doit exposer seulement de petits objets, très délicats, qui doivent presque être regardés àlajoupe, en tous cas de très près, l'exposition

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