‹ Éléments figurés du sang, anatomie et physiologieChapitre 14 sur 36 · ÉLÉMENTS FIGURÉS DU SAX(i · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS FIGURÉS DU SAX(i

même. Il somblc qu'elles se soient frayé un passage à travers la déchirure d'une enveloppe plus résistante.

L'existence de cette partie extérieure plus résistante du globule est facile à vérifier chez les urodèles oii on voit parfois la substance hémog"lobique centrale comme refoulée aux extrémités du grand axe des hématies comme dans un bissac plissé par TelTet de sa double charge.

D'après Adison, en observant les hématies dans un liquide très compliqué que nous ne décrirons pas ici, on les voit se déformer, mais en même temps émettre des prolongements hyalins qui se montrent animés de mouvements variés. Ces prolongements sont plus ou moins nombreux; on en compte deux ou trois par hématie, quelquefois un seul. Ils sont terminés par une extrémité arrondie paraissant formée par un jet de la substance intérieure de l'hématie sortie à travers sa surface par un orifice qui aurait joué le rôle de fdière pour la substance intérieure. Ces expansions des globules sont extrêmement minces, mesurantmoins de 1/2 à 1/4 de tx de diamètre et et ayant de 7 à 8 jx de long. Parfois ces prolongements sont plus considérables, mesurent 1 a de diamètre et peuvent atteindre jusqu'à 20 ,«• de long. Ils sont animés d'un mouvement ondulatoire qui rappelle celui de certaines bactéries. Il n'est pas exceptionnel que ces prolongements se détachent et que leurs mouvements continuent.

Comme autre argument invoqué en faveur de l'existence d'une membrane, on peut encore citer le suivant. Quand les hématies après la mort se trouvent accumulées dans les vaisseaux et qu'on plonge les tissus dans l'alcool, celles-ci se décolorent, l'hémoglobine se dissout. Toujours est-il que si après un temps plus ou moins long, on fait des coupes des vaisseaux, ils se montrent remplis d'hématies incolores devenues sphériques avec un contour très distinct. De là une apparence cellulouse du calibre du vaisseau, produite par les limites réciproques des globules ainsi altérés.

Ces apparences ne sont cependant pas décisives en faveur d'une enveloppe. On peut bien admettre que la partie la plus excentrique du globule est formée par une substance homogène plus condensée que la partie centrale probablement par le fait de son contact avec les milieux ambiants. Mais cette zone extérieure n'offre aucun des caractères d'une véritable membrane ni d'une véritable paroi. Il est absolument impossible de la mettre en évidence par un réactif quelconque pouvant la distinguer du corps même de Télément. On a remarqué que quand on fait sortir par une violence le noyau du corps des hématies qui en sont pourvues, la place où s'est faite l'issue ne laisse aucune trace. La substance hémoglobique s'est ressoudée à elle-même. M. Pouchet donne d'autres raisons empruntées à l'anatomie comparée et que nous ne reproduirons pas ici : il conclut en disant qu'il est fréquent de voir dans l'économie une seule et même substance présenter des états de densité très différents, par gradation et sans qu'il soit rationnelni même possible d'établir une distinction spécifique entre les deux substances.

Protoplasma. — Le protoplasma des hématies des ovipares offre une teinte jaunâtre un peu variable. D'après M. Sappey, sa consistance est molle, pulpeuse. Il est homogène si on ne le soumet à l'action d'aucun réactif. La coloration de ce protoplasma est due à l'hémoglobine, et la coloration et la réfrangibilité augmentent et diminuent simultanément avec la proportion plus ou moins grande d'hémoglobine.

Les hématies, sans changer de volume, sont plus ou moins riches en hémoglobine. Rien n'est plus facile à constater que ce fait sur le sang des batraciens en voie de régénération. On y voit, en effet, un grand nombre de globules elliptiques, nucléés, incolores ou à peu près Ce sont les hématoblastes de Yulpian. La coloration générale du sang est évidemment en rapport avec la coloration individuelle des globules rQuges. Welcker admettait qu^'il existe un rapport constant entre la couleur du sang et

sa richesse en globules rouges. Il en avait conclu qu'on pouvait inférer de la couleur le nombre des hématies, et réciproquement. C'est là une erreur. Johann Duncan indique pour la première fois, en 1867, la distinction qu'il faut faire dans la teneur du globule en hémoglobine. Il avait observé trois malades chlorotiques, dont le sang avait à peu près autant de globules que celui des individus sains, tandis que la coloration générale du sang était beaucoup plus faible. Il en conclut que chez ces malades les globules étaient beaucoup moins colorés (1).

M. Malassez, en combinant les résultats obtenus par la méthode colorimétrique et la numération, est arrivé aux chiffres suivants. Chez un homme sain ayant par millimètre cube 5.000.000 de globules et 0'"^^ 12o d'hémoglobine, la riciiesse d'un globule en hémaglobine serait de 25 millionièmes de millionièmes de gramme, comme nous l'avons déjà dit plus haut.

En empiétant un peu sur la constitution chimique des globules rouges, nous dirons que quand on a extrait des hématies l'hémoglobine, par dissolution, il reste ce que Rollett a appelé le stroma. Ce slronia est très transparent ; on peut le retrouver au microscope. Par des manipulations convenables, Woldridge est parvenu à isoler celte substance, qu'il a trouvée composée de cholestérine, de lecithine, de paraglobuline et d'une albumine unie à une sorte de nucléine ; enfm des traces de chaux et de fer, et peut-être d'acide phosphorique.

Le proloplasma perd son homogénéité si, à l'exemple de

(1) Tous les caractères concernant la couleur, la forme la dimension des globules rouges peuvent être observés directement dans le sang circulant. A l'aide de dispositions très simples, on peut examiner au microscope la circulation capillaire dans le mésentère, dans le poumon particulièrement chez la grenouille, dans la queue du têtard, etc. Nous n'avons pas à insister ici sur le détail de ces observations qui rentrent plutôt dans les phénomènes mécaniques de la circulation capillaire. Nous ferons cependant remarquer qu'il faut choisir de préférence des animaux dont les tissus sont les plus transparents.

II est facile, en se plaçant dans les mêmes conditions que plus haut, de voir que la substance des globules rouges est d'une certaine élasticité, que ses éléments se déforment en traversant les capillaires plus petits qu'eux et qu'ils reprennent ensuite leur diamètre.

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M. le professeur Sappey, on traite les globules par un réactif composé de bichromate de potasse, sulfate de soude, acide acétique et d'une proportion déterminée d'eau distillée. Des granulations paraissent dans son intérieur, nombreuses, serrées, remplissant toute la cavité du globule. Ces granulations sont teintes par l'hémoglobine. L'hémoglobine est précipitée, si on traite les globules par un réactif composé seulement de sulfate de soude et d'acide acétique. On la voit alors s'échapper à travers les parois de l'enveloppe, sous forme d'une fine poussière de couleur bistre, « et les granulations, réduites à leur subs- « tance propre, ne diffèrent pas alors de celles qui forment le (( protoplasma des globules blancs. »

L'hémoglobine, en pénétrant la substance du globule blanc, n'avait donc fait que masquer les granulations; le réactif les a de nouveau mises en lumière.

Noyau. — Le noyau des globules du sang de la grenouille, qu'on examine le plus ordinairement, est allongé, assez régulièrement ovoïde, mais aplati comme le globule lui-même. Il apparaît très distinctement sans aucune coloration et fixe plus fortement les réactifs colorants que le protoplasma. Il semble être central, mais pour M. le professeur Sappey ce ne serait là qu'une apparence : il répondrait à la périphérie. Cet auteur a vu particulièrement dans le sang de la lamproie, puis dans celui des batraciens, des reptiles et des oiseaux que ce noyau était périphérique, absolument comme le noyauMes globules blancs.

Globules rouges des vivipares. — Ces globules sont beaucoup plus petits que les globules des ovipares, aplatis, discoïdes -et biconcaves, comme nous l'avons dit. La cause de leur coloration jaunâtre est la même que pour les globules elliptiques ; nous n'y reviendrons pas. M. le professeur Sappey pense que la différence fondamentale qu'on a voulu établir entre les globules discoïdes et les globules elliptiques, en refusant aux premiers v. 4

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