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ROLE DE LA RATE DANS LA FORMATION DES (.LOBULES ROUGES

Les recherches de M. Malassez sur ce sujet ont été exposées dans différentes communications à la Société de Biologie et dans le cours de 1885-86 au Collège de France.

M. Malassez croit que la rate est un organe formateur de globules rouges;

(1) Dans un récent travail sur la moelle des os, M. le professeur Renaut, de Lyon, se rallie partiellement aux opinions ci-dessus formulées de Malassez.

ces éléments se formeraient aux dépens de cellules hémoglobiques semblables à celles de la moelle des os et qui se trouvent dans la rate en dehors des vaisseaux.

Alors que la rate entre en activité, ses vaisseaux se dilatent et, en même temps que l'organe augmente de volume, il prend une coloration rouge plus vive que sa coloration normale. Roy a constaté que la rate présente des mouvements de systole et de diastole séparés par des intervalles de une à deux minutes; cet organe présente, en outre, une augmentation de volume pendant la digestion, le nombre de globules qu'elle forme alors, compense la dilution du sang par les matériaux que les veines mesaraïques absorbent dans l'intestin.

M. Malassez a étudié le sang de la veine splénique et y a trouvé les formes de passage entre le bourgeon protoplasmique détaché de la cellule hémoglobique et le globule rouge parfait.

En outre, une série d'expériences instituées avec M. Picard lui ont prouvé que la section des nerfs de la rate augmentait le volume de la portion énervée et que le sang qui sortait de la portion énervée contenait une plus grande quantité d'hématies que celui provenant de la portion de la rate dont les nerfs avaient été respectés.

On savait déjà que le système vasculaire de la rate formait des départements indépendants, lorsque Cl. Bernard démontra, en 1859, que ces départements étaient innervés par des nerfs distincts.

Eu coupant les nerfs de la portion inférieure de la rate d'un chien, et en replaçant l'organe dans le ventre de l'animal, on trouve par la numération des globules du sang qui sort de l'organe :

Côté sain. Côté énervé.

1 heure après l'opération 4.140.000 i. 980. 000 11/2 — — 6.300.000 9.600.000

Il y a donc eu après la section des nerfs une augmentation du nombre des globules dans le sang qui sortait des deux portions de la rate; mais cette augmentation a été plus considérable dans le sang provenant de la partie énervée de l'organe.

On pouvait expliquer ce phénomène soit par une concentration du sang de la

sur la transformation de certaines cellules de la moelle en globules rouges. {Lyon médical, 1885-86).

L'objection la plus grave, à notre avis, que l'on puisse faire aux consciencieuses recherches de M. Malassez, c'est la difficulté de comprendre le mode de pénétration dans le torrent circulatoire de ces hématies nées en dehors des vaisseaux... Les phénomènes d'activité vitale des globules rouges se rapportent surtout à leur avidité pour l'oxygène qu'ils fixent temporairement, mais leur diapédèse hors des vaisseaux n'a rien de comparable à celle des globules blancs qui, grâce à leurs mouvements amiboïdes, se frayent facilement un chemin entre les cellules cndothéliales. On ne conçoit guère que les hématies douées d'une vitalité beaucoup moindre, pénètrent ainsi, constamment de dehors en dedans, dans les vaisseaux capillaires.

veine spléniqiic, soit en considérant la rate comme un magasr^in de réserve des globules qui s'y arrêteraient tout formés, soit enfin en voyant dans ce viscère un organe formateur des globules rouges.

{^ Concentration du sang. — Cette hypothèse n'expliquerait pas pourquoi la rate se décolore et de brun violacé devient rosée. En outre, les lymphatiques qui sortent du viscère devraient être plus gros, et il n'en est pas ainsi; enfin la dilatation des vaisseaux devrait produire, si la rate n'était pas un organe hématopoiétique, le même résultat que dans la peau, c'est-à-dire une diminution du nombre des globules rouges.

2° Magasin de réserve. — Si la rate était un mngasin de réserve des globules, le sang contenu dans la portion de tissu énervée devrait être pins pauvre en globules que celui de la portion non énervée, ces éléments ayant été versés dans le sang; or, l'expérimentation montre, au contraire, que la portion énervée est plus riche en globules ; ainsi le sang pris par piqûre de la rate donne :

Côté sain. Côté énervé.

1 heure après l'opération. . 5.630.000 6.410.000

Les résultats concordent si l'on cherche le nombre des globules par rapport au poids du tissu. Les nerfs ayant été sectionnés depuis une heure, MM. Maassez et Picard ont trouvé :

Côté sain Côté énervé

ire expérience. . . 3.466.000 par milligr. de tissu 4.592.000 2e expérience. . . 4.350.000 — 5.413 000

Tout ceci paraissant démontrer le rôle formateur de globules de la rate,. MM. Malassez et Picard ont cherché la quantité de fer contenue dans cet organe pendant les expériences, et ont trouvé que, quatre heures après la section des nerfs, le côté sain contenait 365 milligrammes de fer par 100 grammes de tissu splénique, alors que le côté énervé n'en contenait plus que 72 milligrammes; évidemment ce fer avait servi à la formation des globules. 11 fallait savoir quelle était la forme de ce fer, et pour cela Malassez et Picard ont fait passer par les vaisseaux spléniques de 15 à 30 litres d'eau salée à 7 pour 1000, jusqu'à ce que l'on ne trouvât plus dans l'eau qui sortait par les veines aucun globule rouge; puis ils ont fait passer de l'eau commune qui dissout l'hémoglobine et ils ont pu constater cette substance dans l'eau qui avait traversé le tissu.

Les résultats fournis par l'examen du sang des animaux dératés depuis quelque temps ont été diversement exposés par les ditférents auteurs. Sur deux chiens, M. Malassez a pu constater une diminution du nombre des globules du sang, l'augmentation de volume de ces éléments, fait déjà vu par Robin, et une diminution de la quantité d'hémoglobine contenue dans les globules. Les autres organes formateurs de globules suppléent peu à peu la rate et la séparation se fait dans une période de temps variant de quelques mois à plusieurs années, le nombre des globules devenant normal bien avant que ces éléments aient repris leur charge normale d'hémoglobine.

Il y a là une anémie particuUère différente de celle qui est due à la simple

hémorrhagie produite par l'acte opératoire, et M, Malassez s'en est assuré par des expériences de contrôle.

M. le professeur Bcclard a dosé à l'état sec, dans les divers sangs du cheval, la quantité de globules rouges relativement au plasma {Arcfi. gén. de méd.j 1848).

Nous croyons devoir reproduire ici ses résultats :

Sang de cheval (Béclard); globules rouges dose's à Vétat sec.

Sang de l'artère carotide d'un cheval 132.31 p. 1000

— de la veine jugulaire du môme 122.94 —

— de la veine jugulaire d'un'cheval entier, vieux et usé. 128.44 —

— de la veine splénique du même 113.53 —

— de la veine jugulaire d'un cheval vigoureux, entier,

âgé de 15 ans 119.39 —

— de la veine splénique du même 109.99 —

— delà veine jugulaire d'un cheval vieux et usé, à jeun

depuis 24 heures 128.44

— de la veine porte du même 128.40 —

— de la veine jugulaire d'un cheval vigoureux, tué par

accident, à jeun depuis 8 heures 119.39 —

— de la veine porte du même 136.41 —

Kiihne admet que la rate sert à la destruction des globules rouges, bien loin

de croire, avec Malassez, qu'elle soit un foyer de génération des hématies. D'après Malassez, le nombre des globules rouges du sang artériel chez le chien, dans l'artère splénique, est à celui des globules de la veine splénique comme 100 est à 111 sur l'animal à jeun, et comme 100 est à 121 sur l'animal en digestion. Les données de Malassez sont en contradiction avec celles obtenues par les procédés précis de Béclard, qui note que le sang de la veine splénique ne contient que 109.99 de globules rouges à l'état sec, tandis que celui de la veine jugulaire en contient 119.39.

D'après ces procédés indirects, il faut conclure qu'il n'y a pas encore de certitude sur la rate dans l'hématopoièse. (Voir Ch. Robin, Traite' des humeursy. p. 141 et suiv.)

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