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ÉLÉMENTS FIGURÉS DU SANG CHEZ LES LWERTÉBRÉS

ET LES YERTÉBRÉS

L'étude morphologique comparative des éléments figurés du sang chez les invertébrés et les vertébrés est de nature à nous donner des renseignements précieux sur leur type structural général et sur les liens qui unissent les globules blancs aux globules rouges; aussi avons-nous cru devoir entrer dans quelques développements sur ce sujet.

La plupart de nos documents sont empruntés à la Mono- (jmpJàe de notre savant maître M. le professeur Sappey.

Chez tous les animaux, le nombre des globules croit à mesure que l'organisme se .perfectionne.

Vers. — Le sang des vers est généralement rouge (Cuvier) ; mais cela n'est pas constant.

C\\QzV Aphrodite hérissée, le sang est blanc (de Blainville); il est jaunâtre chez les Poii/noés (M. Edwards); il est incolore ou jaunâtre chez les Pliyllodacés ; il est vert chez la Sabelle (M. Edwards) et chez d'autres Annélides (DujardinJ ; il est incolore chez les Planaires, les Nermettes, etc. (M. Edwards) (1).

Le principe colorant du sang* est d'ailleurs dissous dans le plasma et n'appartient pas aux globules (M. Edwards et de

(1) Cette note sur la répartition de l'hémoglobine chez les invertébrés est due à l'obligeance de M. Raphaël Blanchard.

Les animaux que Lamarck devait caractériser si excellemment eu leur donnant le nom de vertébrés, ont entre eux d'étroites affinités, qui n'avaient point échappé à l'œil sagace de Linné : le principal caractère sur lequel le naturaliste suédois s'appuyait pour les réunir les uns aux autres était la présence d'un sang rouge, caractère que Cuvier lui-même invoqua plus tard dans sa première classification.

On pouvait attribuer quelque valeur à un semblable caractère, à l'époque où l'anatomie comparée n'existait point encore : il ne présente plus aujourd'hui qu'un intérêt tout secondaire, et les progrès de la science ont mis hors de doute non seulement qu'il n'est point particulier aux vertébrés, mais que même il ne se rencontre point chez tous les animaux de ce groupe. En effet, l'amphioxus, qui est le vertébré le plus inférieur, a un liquide nourricier parfaitement incolore.

Les tuniciers eux-mêmes, qu'on peut, avec certains zoologistes, 'rattacher à l'embranchement des vertébrés, dans lequel ils [représenteraient un type dégradé, possèdent rarement de l'hémoglobine, bien que la présence de cette matière colorante ait été nettement démontrée dans le sang de certaines espèces.

On connaît, d'autre part, un grand nombre d'invertébrés dont le sang est teinté en rouge par l'hémoglobine. Ces animaux n'appartiennent à aucun groupe en particulier, mais se rencontrent çà et là, au milieu d'espèces à sang incolore, sans qu'on puisse indiquer encore la raison physiologique de cette intéressante particularité.

Les zoologistes avaient depuis longtemps remarqué la coloration rouge du sang de certains invertébrés ; ils soupçonnaient bien que cette teinte spéciale était due à l'existence de l'hémoglobine, mais c'est seulement en 1867 que le professeur Nawrocki, de Varsovie, à la suite d'études spectroscopiques et d'analyses chimiques, vint donner de ce fait la première démonstration.

Parmi les insectes, l'hémoglobine a été signalée par RoUett (*) dans le « ver de vase », c'est-à-dire dans la larve d'un diptère, le chironomus plumosiis; MM. R. Blanchard et P. Regnard ont pu vérifier l'exactitude de cette observation.

(*) Rollett, Zur Kenntniss dcr Verbreitung des Hxmatin. Sitzungsber. der Wiener Akad. der Wiss., XLIV, p. 615-630, 1861.

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