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MÉTHODES OPTIQUES

(1) On a démontré expérimentalement qu'une impression lumineuse quelconque aussi bien que chaque radiation élémentaire étaient également absorbées dans des solutions d'hémoglobine, au même degré de concentration. De ce principe établi, au dosage optique de l'hémoglobine, il n'y avait qu'un pas. Deux méthodes ont été adoptées : la coloriraétrie et la spectrophotométrie.'

Procédé de Iloppe-Seyler . — Ce fut le premier procédé employé. Il consistait dans deux auges de verre, à faces parallèles rigoureusement semblables, dont l'une contenait une solution titrée d'hémoglobine, et l'autre le sang à analyser dissous dans une quantité donnée d'eau. Il étendait ce mélange d'eau jusqu'à ce que les deux solutions présentassent la même coloration. Cette dernière quantité d'eau étant également connue, permettait de calculer sans peine la proportion d'hémoglobine contenue dans la solution primitive. Outre que l'œil est peu sensible aux variations d'intensité de la couleur rouge, ce procédé présentait encore l'inconvénient sérieux d'exiger l'emploi d'une soluion titrée d'hémoglobine, qu'il est très difficile de se procurer et surtout de conserver.

Procédé dHayem. — C'est le procédé d'Hoppe-Seyler, mais perfectionné. Au lieu d'une solution titrée d'hémoglobine, comme terme de comparaison, Haye m emploie des rondelles de teintes décroissantes, dont chacune représente la coloration d'une solution d'oxyhémoglobine à un titre différent. Ces rondelles .sont successivement glissées sous une auge en verre remplie d'eau distillée, pendant qu'une deuxième auge semblable, remplie de la solution de sang dissous, repose sur une rondelle de papier blanc. Lorsque les deux liquides, vus d'en haut, présentent le même degré de coloration, il suffit de prendre le numéro de la rondelle teinte et de se reporter à l'échelle construite par Hayem.

Procédé de Quincke. — Quincke emploie vingt tubes en verre longs de 8 centimètres, d'un diamètre de 5 millimètres, remplis de solution de picrocarminate de concentration croissante. On compare sur fond blanc.

Procédé de Malassez. — M. Malassez a trouvé, pour doser l'hémoglobine, un procédé rapide et commode. Avec des précautions spéciales, ce savant fait une solution de picrocarminate dans la glycérine phéniquôe étendue de un quart d'eau. C'est sa solution étalon. Elle correspond à la coloration (sous 5 millimètres d'épaisseur) d'un sang à 50 grammes d'oxyhémoglobine étendu de 100 volumes d'eau.

Voici comment Malassez se sert de cette solution : il prend un appareil compofc,é d'une plaque rectangulaire percée de deux trous. Derrière l'un de ces trous, il place la solution étalon renfermée dans un petit cylindre en verre haut de 5 millimètres; derrière l'autre trou, se trouve un prisme ayant un angle d'ouverture de 10°, haut de 75 miUimètres, rempli de la solution sanguine à examiner. On déplace le prisme jusqu'au moment où on arrive à une teinte identique entrd les deux solutions. Il suffit alors de lire sur le prisme la graduation qui indique directement la quantité d'hémoglobine.

Yoici les résultais auxquels est arrivé notre savant maître M. Quinquaud, qui a publié sur le dosage de l'hémoglobine de

Méthodes spectro-photométriqties.

Procédé de Vierordt. — Il faut avoir un spectroscope particulier.

i° La fente mobile est divisée en deux parties égales, indépendantes, obéissant chacune à luie vis micrométrique qui indique en fractions de millimètre la largeur de la fente correspondante ;

2" A l'aide de deux coulisses dont est munie la lunette oculaire, on peut masquer tout le spectre à l'exception de la bande spectrale qu'on veut examiner.

Avec an tel spectroscope, on prend une auge de verre à parois parallèles distantes de 11 millimètres, dont la moitii'' inférieure est occupée par un bloc de verre de 10 millimètres d'épaisseur; de cette façon, le liquide, dans cette moitié, n'a qu'un millimètre d'épaisseur. On fait alors varier la fente inférieure

du spectroscope jusqu'à ce que les deux spectres présentent la même intensité

m lumineuse. La quantité — dont on a réduit la fente inférieure est évidemment

n Y égale au rapport ^f des intensités de la lumière convergente des deux moitiés de

lacuve; mais, déplus, — représente l'intensité de la lumière non absorbée après

le passage à travers une couche de 10 millimètres. En effet, soit I l'intensité de la lumière incidente et c le coefficient d'absorption du milieu, on a pour la moitié supérieure de la cuve :

pour la moitié inférieure 1" = IC* De là

r icii ^^

y 7n Mais nous avons posé plus haut tt,-- — •

fil Donc — =trc'o.

n Bunsen a donné le nom de coefficient d'extinction au logarithme e de cette

valeur.

On démontre par le calcul que le rapport de la concentration C à ce coefficient est une valeur constante pour la môme région spectrale et qu'on a :

c'est ce qu'on appelle le rapport d'absorption.

Si donc A est connu une fois pour toutes, il suffira de déterminer s pour avoir la concentration de la solution.

Autres procédés. — On a modifié et perfectionné ce procédé, sans toutefois en changer le principe, en utilisant les lois de la polarisation.

Ainsi Wollaston laisse à la fente la même largeur, mais il polarise, à l'aide d'un prisme biréfringent, les deux faisceaux qu'il ramène à la même intensité à l'aide d'un nicol.

Nous ne citerons que pour mémoire les noms de Glan, Trannin, Violle et Branly, qui se sont efforcés de rendre le procédé de Vierordt encore plus exact et plus pratique.

longues et consciencieuses recherches qui ont porté sur le sang de divers animaux et sur le sang humain à l'état normal et à l'état pathologique.

Il a présenté les résultats suivants à l'Académie des sciences, en 1873 :

Le chiffre de l'hémoglobine s'élève, chez l'homme sain, à 125 et à 130 grammes pour 1000 grammes de sang.

Chez les ouvriers travaillant dans un air confiné, il diminue et peut tomber à 116 grammes, quelquefois à un chiffre inférieur; de même chez les gens aisés qui restent dans leur appartement une grande partie de la journée. L'air, la lumière, la campagne et l'exercice suffisent pour augmenter ce chiffre de 6 à 8 grammes pour ces derniers.

Il y a moins d'hémoglobine chez l'habitant du midi que chez celui du uord; il y en a aussi moins chez la femme (110 gr., chiffre fréquent) sans état pathologique bien net.

Il y a plus d'hémoglobine chez l'homme de la campagne que chez l'habitant des villes. Les cuisiniers, chauffeurs, mineurs, etc., n'ont jamais le taux normal d'hémoglobine, de même que la femme enceinte et le scrofuleux.

Les variations de Fhémoglobine dans les maladies sont nombreuses. Ainsi :

1° La chlorose et le cancer sont deux maladies qui détruisent l'hémoglobine.

2° La phthisie chronique au début abaisse un peu le chiffre de l'hémoglobine, comme dans le second degré; au troisième, la destruction est très rapide.

3° Dans la phthsie aiguë, on a vu le chiffre tomber à 90, 83 et 80 grammes.

4" Pas d'abaissement dans les quinze premiers jours de la fièvre typhoïde, il ne se montre bien qu'après; or, si on hésite entre une fièvre continue et une phthisie aiguë, on peut, par la quantité d'hémoglobine, distinguer l'une de l'autre maladie. Comme dans la fièvre typhoïde, le chiffre ne descend jamais

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