‹ Elements Metaphysiques de la Doctrine de la VertuChapitre 28 sur 52 · LA 8YMPATH1Z EST EH GBSBEAL DH DEVOIR · texte numérisé non relu

LA 8YMPATH1Z EST EH GBSBEAL DH DEVOIR

La sympathie pour la joie ou la peine d’autrui’ {sijmpatina moralh) est à la vérité le sentiment sensible d’un plaisir ou d’une peine (pouvant justement être appelé esthétique) qui s’attache à l’état de satisfaction ou d’affliction d’autrui , et dont la nature nous a déjà rendus susceptibles. Mais c’est encore un devoir particulier, quoique simplement conditionnel, de se servir de cette sympathie comme d’un moyen en faveur de la bienveillance active que prescrit la raison, et c’est ce devoir que l’on désigne sous le nom dliumaniié {humanUas) : on ne considère pas seulement ici l’homme comme un être raisonnable, mais aussi comme un animal doué de raison. Or l’humanité peut être placée dans le pouvoir et la volonté de se communiquer les uns aux autres ses sentiments {liumanitas practica), ou dans la capacité que npus avons d’éprouver en commun le sentiment du plaisir ou de la peine, que nous donne la nature même {liumanitas æstheiica). [a première est libre {communio senliendi libéra), et elle se fonde sur la raison pratique ; la seconde est nécessaire {communia senliendi necessaria), et elle se communique (comme la chaleur ou les maladies contagieuses), c’est-à-dire qu’elle se répand naturellement panni les hommes

' Mitfreude und Mitteid.

Docnumi D8 LA waïu.

qui vivent les uns à côté des autres. La première seule est obligatoire.

Les stoïciens se faisaient une sublime idée du sage, quand ils lui faisaient dire : Je me souhaite un ami, non pour en être moi-mâme secouru dans la pauvreté, dans la maladie, dans la captivité, etc., mais pour pouvoir lui venir en aide et sauver un homme. Et pourtant ce môme sage se disait à lui-mème, quand il ne pouvait sauver son ami : Qu’est-ce que cela me fait? C’est-à-dire qu’il rejetait la compassion. *

En effet, si un autre souffre et que je me laisse (au moyen de l'imagination^ gagner par sa douleur, que pourtant je ne puis soulager, nous sommes alors deux à en souffrir, quoique (dans la nature) le mal n’atteigne véritablement qu’une personne. Or ce ne peut être un devoir d’augmenter le mal dans le monde, et par conséquent de faire le bien par compassion *, L’espèce de bienfait offensant qu’on appelle la pit/ô ’, et qui exprime une bienveillance pour des êtres indignes, est encore une chose dont les hommes devraient s’abstenir les uns à l’égard des autres; car qui peut se flatter d’être lui-même digne du bonheur?

Mais, quoique ce ne soit pas un devoir en soi de partager la douleur ou la joie d’autrui, c’en est un de prendre une part active * à son sort, et ainsi en définitive c’est au moins un devoir indirect de cultiver en

' MitUidenschafl. — ' Àut Millrid. — * Barmheriigkeil. ‘ TMStigt Theilaehmung. '

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