‹ EleusiniaChapitre 2 sur 14 · PREFACE VII · texte numérisé non relu

PREFACE VII

rituel dans le sens des cérémonies propres au culte du Dionysos mystique.

6° Les Mystères, depuis l'époque où ils s'ouvrent au syncrétisme orphique jusqu'à leur disparition sous l'écroulement général du paganisme, reflètent successivement dans leur théodicée et dans leur eschatologie, les principaux systèmes de la pensée grecque qui reposent sur une conception panthéistique du monde.

7° Cependant le christianisme lui-même emprunte la forme des Mystères et le cérémonial d'Eleusis se perpétue dans certains rites de l'Église victorieuse.

Est-il nécessaire d'ajouter qu'en traitant cette dernière question par une méthode rigoureusement objective, je n'ai entretenu aucune préoccupation de polémique religieuse. Les solutions, auxquelles on arrive concernant la provenance des formes que l'Église a mises au service de ses doctrines, restent indépendantes du point de savoir si ces doctrines sont fondées et même si ces formes sont celles qui répondent le mieux à leur destination. Parlant des cérémonies du mariage, Mgr. Duchesne écrit dans ses Origines du mite chrétien que tout le rite nuptial des Romains, en dehors de ce qui a un caractère nettement païen, comme l'aruspicine et les sacrifices, a été conservé dans la liturgie de l'Église : « Cette sélection, ajoule-t-il, n'est pas isolée. Essentiellement conservatrice en ce genre de choses, l'Église ne modifiait que ce qui était incompatible avec ses croyances1 ». — J'ai déjà eu, dans un autre ouvrage, l'occasion de montrer qu'il en était, à cet égard, des symboles, comme des rites-. Que sont, du reste, les rites, en dehors de la signification sacramentelle qu'ils peuvent revêtir, sinon des symboles en action?

i) L. Duchesne, Origines du culte chrétien, 2e édit., Pans, 1898, p. 419. — Voir aussi, à propos du cierge pascal, même ouvrage, p. 241. 2) La Migration des Si/mboles. Paris, Leroux, 1891.

Page 1