CHAPITRE III
L ESCHATOLOGIE DES MYSTÈRES.
Dans la partie précédente, j'ai essayé de reconstituer le noyau primitif des Mystères. J'ai montré que, à l'origine, il y avait lieu de distinguer l'initiation proprement dite des rites secrets qui visaient l'objet essentiel de l'institution1. Cet objet était de faire réussir les récoltes des familles vouées au culte des grandes déesses éleusiniennes, Ta yirrt -:à wepî -Ù 9ew — par extension, de procurer aux initiés abondance et prospérité. — Or, lorsque fut rédigé l'hymne homérique à Déméter, à la fin du vme ou au commencement du vne siècle avant notre ère, les Mystères nous apparaissent avec un tout autre but : celui d'assurer à leurs adeptes le bonheur dans la vie future. Comment s'est faite cette substitution?
1) Ne pourrait-on voir une allusion à cette distinction, et non une simple redondance poétique, dans le vers 481 de l'hymne homérique à Déméter, où le poète mentionne successivement l'initiation et la participation aux mystères : "0; S' ôcte)^; hpwv, bç t' a^opoç. Il est à remarquer que Platon emploie également deux termes successifs pour désigner le profane : « àiAÛ^-roç xa\ àrÉXsaToç » [Gorgias, 105), à moins que, chez lui, ce ne soit une allusion à la distinction des petits et des grands Mystères. De même encore, Andocide dit à ses juges : « Vous avez été initiés et vous avez contemplé les rites des deux Déesses »
(npoç oà to-jto:; y.s.\i.'!)riafti xa\ âtopâxats xoîv 8eo\v Ta Upa. Orat. Graec., éd. Didot,
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