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COMMENT S'EMPARER DES MOUTONS

Il est surprenant de voir combien peu d'éleveurs de moutons savent attraper c« animaux et les conduire, Le vieux bâton de berger d'autrefois, si humain et si utile,

ne se voit plus que sur un très petit nombre de fermes canadiennes. Ce bâton a encore sa place dans la plupart des troupeaux anglais, et, de concert avec un chien intelligent, permet au berger de saisir et de conduire les moutons facilement et sans rudesse,

Rien n’est plus pénible à l'amateur de moutons, que de voir la manière rude et même brutale dont ont manie ces animaux dociles et timides, sur ln plupart des fermes où l’on pratique leur élevage. A côté des troupeaux de race pure, dont on prend autant de soin et que l’on traite avee autant de douceur que le cheval de la famille ou la vache favorite, combien y a-t-il de troupeaux où les moutons sont poussés, saisis, tirés et conduits, généralement, de la façon la plus inhumaine. Quand on divise le troupeau, ou qu’on sépare un individu des autres, on entasse généralement le troupeau dans un

in, et les victimes sont saisies, l’une après l’autre, par la toison, et tirées, ruant et se débattant, jusqu'au point de sortie, A la plupart des éleveurs ou des ouvriers de la ferme, la toison paraît être la prise naturelle. Or, si l’on se rendait bien compte de Ja torture infligée à un mouton quand on le saisit par sa laine, beaucoup, sans doute, chercheraient une meilleure méthode. L'examen de la viande d’un mouton venant d'être abattu, et que l’on a soulevé par sa laine, révèle des parties enflammées et congestionnées, ressemblant à de vives meurtrissures, à tous les endroits où l’on a tiré sur sa laine. Cette inflammation a pour cause la rupture des vaisseaux sanguins, et les douleurs qu’elle occasionne causent nécessairement un arrêt dans l’engraissement de l'animal, sinon une perte de poids réelle. Outre cet inconvénient, dans l'animal qui atement, la viande est endommagée à un degré plus ou moins

grand, suivant la brutalité que l’on a montré.

On doit saisir un mouton par la jambe de derrière ou par la tête. Si l’on est dans une loge close où les moutons sont serrés les uns contre les autres, c’est une chose bien facile, que de saisir par la tête l'animal que l’on a choisi, et de le tenir ferme jusqu’à ce que les autres se soient éloignés, laissant un passage par lequel on pourra l'emmener, Si l’on se trouve dans une loge où une cour plus grande, on pourra saisir le mouton par la jambe de derrière, juste au-dessus du jarret, comme l'indique la figure 43. C’est là qu'un bâton de berger bien fait est d’une grande utilité. Avec ce bâton, (figure 47) qui a généralement une poignée de 6 ou 7 pieds de long, on peut approcher assez près des ioutons pour les saisir, sans toutefois leur donner l’idée de plonger en avant, pour se sauver, Une fois l'articulation du jarret saisie, on tire l'animal en urrière, jusqu'à ce qu'on puisse facilement le prendre par le cou, Quand on attrape un mouton de cette manière, le troupeau n’est pas aussi alarmé que quand on s’y précipite pour saisir un individu.

Pour conduire un mouton qu'il vient d'attraper, le berger doit placer sa main gauche sous la mâchoire inférieure. Si l'animal plonge en avant, il pourra le saisir doucement, par la laine, sur la joue opposée, tandis que la main droite saisira la queue ou le moignon qui reste. Un mouton, dans cette position, marche invariablement droit devant lui, dans la direction où le conduit la personne qui en a soin. Il ne ressent aucun mal ni frayeur, et se laisse conduire avec facilité.

On traite souvent aussi cruellement les moutons que l’on transporte d’un endroit à un autre, et surtout quand on les conduit au marché. Peu d'éleveurs, à part ceux qui ont des moutons de race pure, tiennent, sur leur ferme, une voiture à moutons bien aménagée. Il arrive done que, pour transporter les moutons, on leur attache les jambes et on les jette dans une voiture ou dans un traîneau, pour les cahoter jusqu’à leur destination. L'incommodité et les meurtrissures qui en résultent sont souvent graves, et constituent une cruauté tout à fait inutile.

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