‹ [Élev]age des moutons au Canada [microforme]Chapitre 29 sur 62 · ALIMENTS ET ALIMENTATION · texte numérisé non relu

ALIMENTS ET ALIMENTATION

Les aliments principaux, pour les mouton , sont l'herbe des « hamps, et les pâturages de trèfle, en été, et le foin—di préférence le trèfle—et les racin s, en hiver, Quand paturages manquent, en été ou er iutomne, on peut donner avantageus ment des fou rages verts, tels que le blé-d'Inde vw rt, les vesces, la navette. ou les choux; ou encor les vesces où la navette peuvent être données en paturag Pendant l'hive r, les pes de pois bien conservés, ou la paille d'avoine, pourront constituer un partie des fou rages secs, Inais, à moins que l'on ne donne du grain, le troupeau devrait avoir moins une portion par jour de bon fo

Parmi les diverses catégories de racines, rien ne surpusse les navets de Suède, mais les “ Graystones ”, au commencement de l'hivernement, et les x tteraves four: gères, à la fin de l'hiver et au printemps, constituent des rations succulentes très sati faisantes L'ensilage de blé-d'Ind de bonne qualité peut aussi être employé, si les racines manquent, où on peut le donner avec les racines où alternativement avec celles-ci, pendant l'hiver

La culture du foin ordinaire, des herbes à pâturages et des racines destinées à l'alimentation des moutons, ne diffère pas de la méthode employée quand ces plantes sont destinées aux autres catégories de bi SUAUX, Quant aux récoltes spéciales, commu la navette, les vesces, les choux et 1n luzerne, ete, leur culture est facile et peut être

entreprise avec succès sur toute ferme adaptée à l'élevage du mouton.

Trèfle,

De toutes les récoltes fourragères cultivées sur les fermes canadi nnes, le trèfle est de beaucoup la plus importante pour l'éleveur de moutons. Toutes les variétés ordinairement cultivées sont utiles, les trèfles alsike, blane, rouge commun, et la luzerne (à laquelle nous avons consacré un chapitre spécial dans ce bulletin). Leurs feuilles abondantes, leur succulence, les font vivement rechercher, et leur forte teneur en protéine leur donne une valeur nutritive considérable,

Tous les trèfles sont bons pour pâturage, mais quelques précautions sont nécessaires quand on donne les grandes espèces, à l’état vert, quand elles ne sont pas encore mûres, Les moutons prospèrent bien sur le petit trèfle blanc, très répandu dans la plupart des pâturages canadiens, et le broutent de très près.

Le trèfle alsike est plus précieux comme foin que comme récolte de pâturage. Toutefois, les moutons le broutent avec avidité, quand il est jeune et tendre, Le trèfle rouge commun doit constituer la récolte principale, sur toute ferme consacrée spécialement à l'élevage du mouton: il fournit un excellent pâturage, mais quand il est très touffu, ou très suceulent, on fera bien d'user des précautions ordinaires pour éviter la météorisation, Les méthodes préventives indiquées, en parlant de la navette, s’appliquent avec la même force aux pâturages de trèfle.

Tous les trèfles à végétation vigoureuse font un excellent foin pour les moutons. Le foin grossier, trop mûr ou mal fané, a beaucoup moins de valeur que le foin bien fait. Pour les brebis d'élevage, le bon foin de trèfle seul constitue une ration assez riche pour les maintenir en bon état. Pour les jeunes agneaux, les sujets d'élevage ou d'engraissement, où que l’on prépare pour les exposi‘ions, rien ne vaut le bon foin di trèfle. On devrait le donner par petites portions, et souvent, plutôt que par grosses brassées et à intervalles moins fréquents.

Luzerne,

Comme récolte fourragère la luzerne gagne en faveur auprès tons, au fur et à mesure qu’elle est mieux connue, Se

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surpasse comme récolte, La luzerne est ferme ment établie d Ontario et dans l'Est

insi que dans la Colombie-Anglaise, et elle tagne rapidement du terrain dans

Alberta, où elle promet de devenir ln principale récolte fovrragère, tout particulière-

commence aussi à la cultiver dans In Saskatchewan et dans le Manitoba et l'on entretient l'espoir

une des principales récoltes fourragères

ent dans les districts secs et irrigués On

qu'elle deviendra un jour de ces provinces Le foin de luzerne destiné aux moutons devrait être récolté avant qu'il ne dur sse; par conséquent, il faudra le couper, autant que possible, vers le moment où il entre en fleurs. Si on lui permet de dépasser cette phase de sa croissance, des fibres ligneuses se produisent, très difficiles à digérer, et qui peuvent causer des désordres dans les organes digestifs de l'animal Il arrive, parfois, que des moutons nourris avec du foin de luzerne trop mûr, meurent des suites de la formation de boul bouchent l'ouverture de l’estomae.

es de fibres qui Ce danger n'existe pas, quand on prend soin de couper la luzerne encore un peu verte, Destinée aux moutons, la luzerne devra done ctre cultivée seule, ou avec une herbe précoce, comme le dactyle pélotonné, Si on la iltive avee une récolte plus tardive, celle-ci devra être coupée trop verte, ou sinon la luzerne sera trop mûre.

Certaines personnes. qui n’ont que peu d'expérience avec la luzerne,

prétendent iu'il est dangereux d'y faire pâturer les moutons, par suite de

sa suceulence excessive ct de sa tendance à causer Ja météorisation.

moutons, M. G. A. Brodie, de Bethesda, Ont.

rages, a ceci à dire en sa faveur:

D'autre part, un grand éleveur de qui a adopté la luzerne pour ses pâtu-

“ Treize années d'expérience avec la luzerne, m'ont ans l'ombre d'un doute, le pâturage le meilleur et le tons, Je considère que c'est un pâturage très

convaincu qu'elle fournit, plus économique, pour les mousain, car je n’ai encore vu aucun inconvénient en résulter, pour aucune catégorie d'animaux. Je n'ai jamais perdu un seul animal pâturant sur de la luzerne. Quand le trèfle rouge s’est introduit d régions, les cultivateurs disaient également qu'il était dangereux d'y faire pâturer les bestiaux, à cause de la météorisation, ete, mais personne, aujourd'hui, ne prévoit ces inconvénients, et je crois qu’il en sera ainsi de la luzerne, quand les éleveurs y seront habitués. Des deux récoltes, je considère la luzerne comme la moins dangereuse. Je ne crains pas d'y mettre mes bestiaux quand elle est humide, où dans quelque état qu'elle soit; j'y mets même les nouveaux animaux, qui n'y sont pas encore habitués. J'ai maintenant 50 acres de luzerne, que j'emploie presque

ans nos

entièrement pour le pâturage, et qui est à présent (10 octobre) aussi succulente qu’au mois de juin, Nulle récolte n’est plus précieuse, comme pâturage où comme foin. foin serait de qualité égale à celui du trèfle rouge, mais moi, supérieur. Il est plus propre que le trèfle, et les bestiaux le m

Pour faire du foin, la luzerne devrait être coupée quar en fleur; on devrait la mettre en très petites veilloches et la laisser se faner de cette manière. De toutes mes récoltes, c’est celle que j'apprécie le plus, elle convient à tous les bestiaux, en pâturage ou en foin. D’après moi, c'est folie de dire qu'il y a danger à la faire paître, car c’est là surtout qu'elle excelle.”

D'après l'analyse, son je suis sûr qu'il est angent de préférence.

id un quart des tiges est

Vesces.

Les vesces, ou la lentille, comme on appelle aussi cette plante, font un excellent fourrage, pour les moutons, soit à l'état vert, soit comme foin. Au noint de

mode de végétation, cette récolte ressemble beaucoup aux pois, et elle demande à peu 111497}

près les mêmes façons culturales. Ses tiges sont plus délicates que les tiges des pois et elles se tiennent mieux, quand on les cultive avec une variété d'avoine à paille raide. Les vesces sont cultivées sur une grande échelle, pour la nourriture des moutons, en Grande-Bretagne, et un peu au Canada. L'auteur de ce bulletin, alors qu'il élevait des moutons, cultivait toujours un petit champ en vesces, mélangées à de l’avoine, et qu’il utilisait, à l’état vert, pour préparer le bétail d'exposition, où dont il faisait du foin, quand le trèfle manquait, Cette plante, qui a des tiges très fines et très feuillues, est très goûtée des moutons et constitue une nourriture riche,

Deux variétés de vesces sont cultivées pour fourrages. La vesce commune est la variété principale cultivée, mais la variété velue a reçu quelque attention en ces dernières années. Celle-ci donne de meilleurs rendements, mais la semence, qu’il a fallu importer jusqu'ici, est très coûteuse, et peu de cultivateurs se soucient de l'essayer.

Pour la cuiture des vesces, le sol doit être propre, riche, et bien ameubli, On peut semer la graine en rangs ou à la volée. La quantité à semer pour fourrages verts ou pour foin, est d’environ trois chopines de vesces et quatre chopines d’avoine, à l’acre.

Les vesces sont prêtes à donner, comme nourriture, aussitôt après que la récolte commence à fleurir, et avant que la graine commence à môûrir. Employées comme fourrage vert, on peut les charroyer au râtelier ou les répandre sur le sol du pâturage immédiatement après la coupe, ou, si l’on préfère les laisser faner en andins, pendant quelques heures. Le foin de vesces se fait à peu près de la même manière que le foin de trèfle ou de mil.

On peut faire pâturer les vesces par les moutons, mais cette méthode est peu économique, car une bonne partie de Ja : ‘colte est détruite par le piétinement des animaux.

Navette,

La navette est une des nou res les plus précieuses, pour les moutons; ils en sont très voraces, et elle produit des gains rapides, chez les sujets d'élevage ou chez ceux d’engraissement, Sa culture est facile, et, quand on lui donne les soins voulus, elle rapporte abondamment.

La meilleure variété de navette—même la seule cultivée pour l'alimentation des moutons—est la “ Dwarf Essex”. Cette espèce produit des feuilles en abondance et ne porte pas de graines la première année.

On cultive la navette de la même manière que les navets ou les autres plantesracines, avec cette seule exception qu'on ne l’éclaircit pas dans les rangs, Elle peut être semée à la volée, mais à moins que le sol ne soit propre et riche, elle réussit mieux quand elle est semée en rangs, qui permettent les binages.

De même que les navets, la navette ne donne son maximum que sur un sol riche en humus; plus il y a d'humus, plus la végétation est vigoureuse et meilleure est la qualité du foin. Les vieux pâturages, bien ameublis, font un excellent terrain pour la navette, et si on peut leur appliquer une couche de fumier de ferme, cela n’en vaudra que mieux, Semée sur un sol pauvre, la navette est sujette à causer de gros désappointements; il est done important de bien fumer et de bien préparer la terre sur Jaquelle on se propose de la cultiver.

La navette ne demande pas à être semée tôt, mais il est bon de préparer la terre, pour y mettre la graine aussitôt qu'on le désire, après que le terrain est bien réchaufté, au printemps. On peut semer, vers l'époque des semailles du blé-d'Inde, et jusqu'à la fin de juillet, Les rangs—quand on sème en rangs devraient être espacés de 28 à 30 pouces, et la cuantité de semence fraîche, à l’arpent, sera de deux livres, environ. Quand on sème à la volée sur terre riche et Propre, on pourra mettre 3 livres de semence à l’arpent. Celui qui écrit ces lignes a obtenu de bons résultats en semant sur billons, mais d'autres prétendent que la culture à plat donne des résultats tout aussi bons, Les binages fréquents sont tout aussi nécessaires À la navette qu'aux navets eu aux pommes de terre.

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Quelques-uns recommandent de semer la navette dans un champ de blé-d’Inde, au moment où le dernier binage est effectué, et d'autres la sèment dans l’avoine, en enfouissant la semence à la herse, quand les tiges d'avoine ont 2 à 3 pouces de hauteur. On fera bien de s’assurer de la valeur de ces procédés, par des essais sur une petite échelle, avant de les entreprendre en grande culture, Une saison à végétation luxuriante suivie par un temps pluvieux, au moment de la moisson, pourra causer beaucoup d’ennuis et d’incommodités, si la navette a été semée avec l’avoine. On obtient, sans aucun doute, une meilleure récolte quand la navette occupe seule 1

a terre et qu’on peut lui donner les binages voulus.

Dans des conditions ordinaires, la navette est en état d’être utilisée, environ deux mois après les semailles, Quand on la donne trop tôt, il peut en résulter de graves désordres digestifs, sous forme de diarrhée ou de météorisation. Quand elle a complété son développement, elle demeure fraîche et croquante pendant plusieurs semaines, sous des conditions normales de température, mais passé ce temps, elle devient plus ou moins fibreuse ou ligneuse, et alors les animaux ne l'aiment pas autant.

On fait généralement pâturer la navette, mais, comme fourrage vert, elle est extrêmement précieuse, Une portion de navette, donnée tous les jours à un troupeau de brebis sur un pâturage qui dépérit, aide beaucoup les animaux à se maintenir en bon état. Tous les moutons peuvent pâturer sur la navette. Elle convient très bien aux agneaux, après le sevrage. Elle convient également pour donner de la vigueur aux sujets d'élevage, avant la saison de la lutte.

Quand on fait pâturer la navette, il ÿ a certaines précautions à observer. Les outons ne devraient jamais être mis à jeun sur un pâturage de cette plante, à moins qu'ils n’y soient bien habitués. On ne devrait pas non plus la leur donner encore humide de pluie ou de rosée, ou de gelée. L’oubli de ces précautions peut causer de craves désordres dûs à la diarrhée, ou à la météorisaiion, et la mort même peut résulter d'une inflammution des intestins.

I est bon de donner aux moutons qui paissent sur la navette, un pâturage d'herbe auquel ils puissent avoir accès, de temps à autre. L'auteur de ce bulletin avait l'habitude, quand la saison des gelées blanches était arrivée, de retirer les moutons du champ de navette, le soir, jusqu’à ce que la récolte soit entièrement sèche, ou presque sèche, le matin suivant. B aucoup d’éleveurs négligent cette précaution; ils prétendent qu’il ne saurait plus y avoir de danger une fois que les moutons sont habitués à la navette. Une portion d'avoine et de son, donnée chaque matin, contribue largement à prévenir les mauvais résultats. Des éleveurs d'expérience ont constaté qu’une distribution irrégulière de sel augmente beaucoup le danger d'accidents. Un éleveur qui perdait des moutons après chaque distribution de sel, supprima complètement ces pertes en cessant cette distribution, tant que les moutons restèrent sur un pâturage de navette.

On estime qu’un acre de navette, pâturé par 40 têtes d'agneaux vigoureux, recevant en même temps une ration journalière et modérée de grain, produira 400 livres de viande.

Comme récolte fourragère, la navette donne aussi d'excellents résultats. Dès que les plantes sont bien développées, on peut les faucher avec une faucille ou une faux à gerbes pour les porter au troupeau, soit dans un enclos, soit au pâturage. La navette semée en mai devrait être prête à couper et à donner en juillet, et elle rendra au moins encore une coupe, pendant l’automne. On ne devrait pas la ouper plus bas qu’à quatre pouces du sol, et les tiges qui resteront produiront un bon regain de feuilles. Pourvu que l’on n’en donne pas une quantité exagérée, il y a peu de risque à donner la navette, comme fourrage vert, aux moutons.

La météorisation est l'affection la plus commune dans l'alimentation à la navette. Dès qu’elle est constatée, l'animal affecté devrait immédiatement être retiré du pâturage. Un remède très simple et très usité est l’eau salée, donnée en potion. Une chopine d’une solution concentrée, dans laquelle tout le sel est dissous, corstitur une dose pour un mouton adulte. On peut aussi employer de l’ammoniaque arômatioue en

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ne Cüilierée à Soupe, dans une chopine d'eau chaude, donnera généralement

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du soulagement. Si le cas est si avancé que le sujet est étendu à terre, et si l'abdomen est très dilaté, il faudra alors percer celui-ci, au point où l'enflure est la plus prononcée, Avec un troquart et une canule. Toutefcis, si l’on n'a pas la confiance nécessaire dans son habileté chirurgicale, pour faire cott opération très simple, il peut être bon, si la guérison paraît improbable, d'adopter le remède sanctionné par l'usage, c’est-à-dire de tuer l'animal, pour pouvoir l'utiliser,

Choux.

Les choux ont longtemps été employés pour lalimentation du mouton. Cette récolte, de culture facile, donne des rendements abondants et produit un excellent fourrage, depuis le commencement de l’automne jusqu'en décembre,

On cultive les choux de la même manière que les racines où la navette; la terre devrait être ameublie et fumée l'automne précédent, On sème Ja graine au printemps, quand le sol est prêt et que la température est favorable à Ja végétation. Les semis se font à peu près à la même date que ceux de carottes et de betteraves. On sème en rangs, à 30 pouces d'espacement., sur sol bien ameubli, Dès que les plantes font leur apparition au-dessus du sol, les binages doivent commencer, et quand la deuxième feuille a paru, on éclaircit de façon à laisser 18 pouces, d’une plante à l’autre, dans les rangs. Les binages fréquents, au cours de la saison, assureront une croissance rapide et un rendement abondant d'excellente nourriture. Sur sol riche, avee une variété À grand rendement, on peut compter sur une récolte de 18 à 20 tonnes, à l’acre.

La récolte est prête pour les animaux qaund les pommes sont bien formées et qu'elles sont devenues fermes. On peut laisser les choux dans le champ jusqu’au moment de l'arrachage des navets. A ce moment, on devra les emmagasiner dans un hangar ou dans une excavation suffisamment protégée contre les fortes gelées, mais assez bien ventilée pour empêcher la fermentation.

Les choux peuvent être donné: au pâturage, où au hangar, dans des mangeoires, Les moutons consommeront les pommes données entières, mais il est préférable de les diviser en fragments relativement petits afin qu'ils puissent être mangés plus facilement. Pour donner de la variété à Ja ation, pour fournir une nourriture riche et succulente, les choux occupent une place importante, sur une ferme à moutons.

Navets.

Dans beaucoup de pays où l'élevage du mouton se pratique avec le plus grand succès, les navets sont considérés aussi indispensables que l'herbe elle-même, En Grande-Bretagne, ils constituent une partie importante de la ration des troupeaux, depuis le moment où la récolte est prête à être utilisée, en automne, jusqu’à celui où

l'herbe arrive, le printemps suivant, On les donne en quantités presque illimitées, aux

moutons à l’engrais comme à ceux d'élevage, et ils sont aussi considérés comme indis-

pensables dans la ration pour les brebis portières. La grande majorité des éleveurs Canadiens emploient également des navets. L'excellence d’un grand nombre de troupeaux de race pure, d’où proviennent les sujets primés aux expositions internationales, est due largement à l'emploi généreux de nourriture suceulente, et nulle récolte fourragère n’est plus généralement employée que les navets, pendant l'hiver, Outre leu valeur nutritive, les navets exercent aussi un effet merveilleux sur les organes digestifs et le système général de l'animal.

Les jeunes agneaux nés en hiver où au début du printemps profitent beaucoup d'une ration généreuse de navets finement hachés, jusqu'au moment où l'herbe arrive, Non seulement leur croissance en est stimulée. mais leurs mères sont soulagées de bien de s ennuis.

Avant l'agnelage, on devra limiter la ration de navets ou autres racines données aux brebis. Une quantité de quatre à cinq livres par jour fera beaucoup de bien, mais si l’on dépasse cette quantité, on est exposé à avoir des agneaux mous, de taille anormale,

et manquant de vigueur. Après l’agnelawe la + navets pourra être graduelle-

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ment augmentée jusqu’à deux ou trois portions par jour, accompagnées, naturellement, ne quantité suffisante de bonne nourriture sèche. Les navets tiennent les brebis en bon état de vigueur et favorisent la lactation. Aux moutons d'engrais ou d'élevage, les navets peuvent être donnés en grande intité, avec une ration de grain convenable et des fourrages comme le foin de trèfle les pesats de pois. Les navets favorisent b aucoup la croissance des jeunes sujets

élevage, de même que celle des animaux à l’engrais. Une bonne méthode de préparer les navets, est de les couper en tranches, au ven d'une machine à hacher ordinaire, ou de les réduire en pulpe. Les navets ccrasés peuvent être mélangés avec de la paille coupée, ce qui rend celle-ci plus savou-

Betteraves fourragères,

Dans les localités mieux adaptées à la culture des betteraves fourragères qu’à celle s navets, ces racines peuvent être employées, dans une certaine mesure, pour lalientation des moutons, pourvu que l’on observe certaines précautions,

Pour certaines raisons, probablement par suite de la grande quantité de sucre présente dans les betteraves, ces racines, données en quantités abondantes, affectent les rognons et autres organes des moutons. Ceci se produit surtout au début de l'hiver;

faudra done éviter, jusqu’à l’approche du printemps, de donner une forte portion de betterave aux sujets d'élevage. Quelques livres par jour pourront être données, avec

avantage, à défaut de navets. A mesure que le printemps approche, le danger disparaît craduellement, et, en avril, on peut donner les betteraves généreusement,

Pour la fin du printemps, les betteraves sont préférées aux navets par beaucoup de bons éleveurs, parce qu’elles se conservent extrêmement bien. Elles gardent toute leur saveur et leur fermeté, même jusqu’à l'approche des temps chauds, quand elles sont mises sous abris convenables. Beaucoup d'éleveurs, en Grande-Bretagne ou au Canada, qui emploient principalement les navets, réservent une cave remplie de betteraves © Globe ”, pour le mois de mai, et il n’est pas rare de voir ces racines former une partie le la ration journalière des moutons d'exposition, même jusqu’à la mi-juin. La préparation des betteraves pour l'alimentation est la même que pour les navets.

Blé-d'Inde (maïs).

Le blé-d'Inde est très employé, dans l'alimentation des ovins. Nul grain ne joue un rôle plus important dans l’engraissement des moutons et des agneaux, dans les districts où l’on pratique sa culture. Comme fourrage vert, à l’automne, le blé-d’inde vert est excellent, et l’ensilage de blé-d’Inde occupe une place sur la ferme à moutons.

Le blé-d’Inde ne doit pas être donné seul, sauf en très petite quantité, ajouté à une ration de foin ou de racines. Les moutons qui ne reçoivent que du blé-d’Inde perdent l'appétit et souffrent de désordres digestifs. A la station du Michigan, le blél'Inde donné avec les racines et du foin, produisit un gain hebdomadaire, par tête, de 24 livres. Un mélange de blé-d'Inde et d'avoine donna des résultats à peu près emblables.

À la même station, des agneaux*nourris pendant 15 semaines avec du foin et du blé-d'Inde, donnèrent un gain moyen hebdomadaire de moins de une livre par tête. À la station du Minnesota, des agneaux soumis, pendant 12 semaines, à une ration de foin et de blé-d’Inde concassé, firent un gain moyen hebdomadaire de 1.73 livres par tête. Le blé-d’Inde devrait toujours être donné en mélange avec d'autres grains. Dans un essai d'alimentation qui comprenait, outre du foin, un mélange de blé-d’Inde et de pois, de blé-d’Inde et d'avoine, de blé-d’Inde, de pois et d'avoine, et de blé-d’Inde seul, le blé-d’'Inde donna les plus mauvais résultats de tous les grains employés. Les gains hebdomadaires moyens furent les suivants: Blé-d’Inde, 2.6 livres: blé-d’'Inde et ivoine, 2.7; blé-d'Inde et pois, 3.15. Un mélange de pois, d'avoine et de blé-d’Inde, en

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de 2.3 livres. Si l’on avait ajouté à cette dernière ration quelque nourriture suceu-

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lente, comme les navets et les betteraves, avec une petite proportion de tourteaux de lin, on aurait obtenu une ration d’engraissement idéale.

Pendant la saison où les pâturages commencent à faire défaut, à l'automne, une portion journalière de blé-d’Inde vert aide à maintenir le troupeau en bon état, On devra passer le blé-d'Inde au hachoir et le donner dans une mangeoire. Une petite quantité de son mélangée au fourrage ajoutera à sa saveur et à ses qualités nutritives.

Ensilage de blé-d’Inde.

Beaucoup d'éle-eurs emploient l’ensilage dans l'alimentation des moutons. Bien conservée, cette nourriture est mangée avec avidité; elle est savoureuse et nourrissante. Les éleveurs expérimentés n’en donnent jamais plus de trois à quatre livres par jour et par tête. Donné en plus grande quantité, l’ensilage pourrait causer des indigestions sérieuses, Dans ces proportions, l’ensilage donné avec le foin de trèfle forme une excellente ration d'hivernement pour les brebis, et quand on y ajoute une portion de grain, on obtient une ration d’engraissement avantageuse,

A Ja station expérimentale du Wisconsin, on a constaté que l’ensilage de bléd'Inde avait une valeur à peu près égale à celle des betteraves fourragères, pour l’alimentation des brebis qui élèvent leurs agneaux, Les agneaux des brebis auxquelles on donnait des betteraves se développèrent un peu plus vite, mais le prix de revient de l'ensilage n’était pas tout à fait aussi élevé, D'après les essais, aux stations expérimentales, l’ensilage en bon état et les racines ont une valeur nutritive à peu près égale. Ces deux aliments, donnés avec prudence, produisent des résultats semblables : mais, pour la pratique générale, sur la ferme canadienne, nulle nourriture suceulente ue saurait prendre la place des rutabagas; ceux-ci n’offrent aucun risque et ils produisent les meilleurs effets. La qualité du blé-d'Inde diffère souvent, en raison de la variation dans le degré de maturité, et, par conséquent, les résultats obtenus ne sont pas toujours uniformes. Quand il est riche en grain, il est trop échauffant, et quand il n’est pas mûr, il est trop acide pour être facilement digéré et pour être mangé avec avidité. L’ensilage remplace avantageusement les racines quand celles-ci font défaut, ou encore, ces deux aliments peuvent être donnés alternativement, pendant l’hiver.

Pois,

Les pois constituent une récolte très importante, sur toute ferme où l’on élève des moutons. Ils donnent um bon fourrage vert, On peut les distribuer, non battus, aux animaux à l’engrais ; Sous forme de grain, ils sont très précieux mélangés avec l’avoine ; comme fourrage bon marché, pour l'hivernement des brebis, aucune espèce de paille ne vaut les pesats de pois bien conservés.

Cultivés pour fourrage vert, les pois sont fréquemment semés avec de l’avoine et des vesces. Les moutons apprécient beaucoup une nourriture très feuillue et ne laissent dans leur ratelier que les tiges les plus grossières. Un mélange d’un boisseau d’avoine, un boisseau de pois, et un demi-boisseau de vesces, à l’acre, donne un excellent fourrage vert pour Ja stabulation.

Quand on donne des pois mûrs non battus, il faut exercer beaucoup de jugement et de précautions. Donnée en trop grande quantité, cette nourriture peut occasionner des accidents. On devra commencer avec ue petite quantité, bien répartie, afin que les moutons puissent graduellement s’habituer à cet aliment, et on augmentera la ration avec prudence, Pour les moutons à l’engrais ou les brebis laitières, les pois non battus donnent d’excellents résultats.

Il n’y a probablement pas de ration de grains de qualité supérieure à un mélange de une partie de pois (de préférence concassés), deux parties d'avoine et une partie de son de blé. Les principes nutritifs essentiels se trouvent en bon équilibre, dans cette ration; elle est suffisamment légère pour être promptement digérée et elle est très goûtée par le bétail, On pourra en donner de 4 chopine à 1 chopine et demie par jour, suivant la taille de l'animal et le but que l’on se propose,

Un grand nombre de troupeaux de brebis d'élevage reçoivent des pesate de

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machine qui coupe la récolte, et rentrés sans mauvais temps, les pesats qui en résultent sont très appréciés et très nourrissants, Si les brebis sont en bon état, au moment de la mise en hivernement, il leur faudra peu de chose en plus des racines et de bons pesats de pois, jusqu’au moment de l'agnelage. A ce moment, les pesats devront être remplacés graduellement par du foin de trèfle. Les brebis maigres devraient recevoir au moins une portion de foin de trèfle ou une petite quantité d'avoine, en plus des pesats de pois.

Les pesats de pois prennent trop de place pour qu’on puisse les donner au ratelier, et à moins que ces rateliers ne soient très amples et que les barres soient assez espacées pour que les moutons puissent introduire leur tête, il est préférable de distribuer les pesats sur le sol, dans les cours, près des clôtures. Si les pesats sont tassés contre la clôture même, il y aura veu de perte. Quand on donne des pesats de pois ou des fourrages de ce genre, il faudra avoir soin d'empêcher que des fragments ne restent dans la toison des moutons.

Tourteaux de lin.

Les tourteaux de lin sont un aliment favori de la majorité des éleveurs de moutons de la Grande-Bretagne et de beaucoup de ceux du Canada, Ce riche sous-produit des fabriques d'huile de lin, appelé gâteau par le berger anglais, convient particulièrement pour finir les moutons et les agneaux que l’on destine à l’exposition ou au marché. C'est une nourriture très savoureuse, très riche en protéine—l’élément qui forme la chair—et surtout une nourriture sûre, Elle est légèrement laxative et exerce une influence salutaire sur les organes digestifs. On peut la donner en mélange avec toutes sortes de grains, mais sa haute teneur en azote la rend particulièrement adaptée pour mélange avec le blé-d’Inde. L'emploi de tourteaux de lin rend les moutons vigoureux et leur permet de faire le maximum de gains es avec la ration qu’ils reçoivent.

Sous forme d'amandes fines, les tourteaux de lin fournissent une excellente nourriture pour les agneaux, particulièrement avant que l'herbe soit prête, au printemps. Donnés en petite quantité, de + de livre à 4 livre par tête, ils sont excellents pour les brebis portières, ou autres moutons hivernés sur nourriture sèche. Pour les agneaux à l’engrais ou pour les sujets d'exposition, on peut en donner avantageusement des quantités plus fortes, Règle générale, on devreit les donner mélangés avec le grain. Ils peuvent former de un dixième à un quart de la ration, selon la valeur commerciale des divers aliments.

Avoine,

Dans l’alimentation des moutons, l’avoine devrait former la base de tous Îles mélanges de grain, et c’est ce qui a lieu généralement. C'est une nourriture savoureuse, très nourrissante, sans danger, et, comme sa culture est facile, on la trouve généralement sur toutes les fermes arables où l’on élève des moutons. Donnée seule, l'avoine remplit presque toutes les conditions que l’on exige d’une ration de grain. Soit dans l'alimentation du bétail d'élevage, l’engraissement pour le marché, ou la préparation des sujets pour l'exposition, l’avoine est, de tous les grains, celui dont l'usage est le plus répandu.

Pour les jeunes agneaux qui commencent à manger, il n’y a pas de meilleur grain que l’avoine moulue séparée de la balle la plus grossière. Au. bout de quelques semaines, les agneaux mangeront la halle comme le reste, et, en général, ils se développent très bien. Pour hâter l’engraissement, un mélange composé d’avoine, de bléd'Inde, de pois concassés et de tourteaux de lin sous forme d'amande, mélangés dans la proportion de 2, 2 et une partie par poids, ne saurait être surpassé. On peut, sans danger, mettre un mélange de cette sorte à la portée des agneaux qui têtent leurs mères. Les brebis portières peuvent recevoir, en toute sûreté, une livre d'avoine par jour, avant l’agnelage, et, après cette époque, on pent augmenter la quantité d’avoine ou du mélange recommandé pour les agneaux, jusqu’à ce qu ‘elles aillent au pâturage.

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après quelque temps, on pourra leur en donner tout ce qu'ils désirent, sans crainte de

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maladie. On obtiendra des gaine plus rapides, si l'on ajoute des pois, du blé-d’Inde, où des tourteaux de lin. Si l’avoine prédomine dans la ration et que le tout soit bien mélangé, on pourra nourrir généreusement Sans Courir grand risque,

Comme fourrage vert, un mélange d'avoine verte, de pois, et de vesces, est très apprécié et très nourrissant. Pour la semence, un mélange de déux parties d'avoine, deux parties de pois, et une partie de vesce, par mesure, semé à raison de trois boisseaux à l’acre, donnera une récolte abondante et très nourrissante, Pour avoir des fourrages en bon état, pendant plusieurs semaines, les semis devraient être faits à intervalie d’une semaine, en commencant aussitôt que possible, au printemps, et en continuant pendant un mois ou plus. Le fourrage pourra être donné au râtelier ou au pâturage, ou même distribué en andins, sur parties élevées, le long des clôtures. Quand les pâturages baissent, quelques semaines d'alimentation au fourrage vert aideront puissamment à maintenir le troupeau en bon état. L'avoine, sous forme de fourrage

est dans son meilleur état quand elle vient d'épier et qu’elle est arrivée à l’état laite IX.

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