TROUPEAUX DE RACE PURE
L'industrie ovine de la province donne lieu à deux branches d'exploitation plus o: moins distinctes: l'élevage des animaux de race pure, pour la reproduction, et la production d’agneaux et de moutons pour le marché. Dès les débuts de l’industrie, la première de ces branches a toujours occupé une place importante, De fait, il n’existe pas d’endroit, dans l'Amérique du Nord, où l'on élève de meilleurs moutons des types à boucherie, que dans l'Ontario. Les concour internationaux en fournissent chaque année la preuve, A la Pan-American de Buffalo, en 1901, et à l'exposition internationale de bétail tenue à Chicago, les exposants d'Ontario ont remporté, chaque année, des championnats et de nombreux prix pour des animaux élevés sur leurs fermes. Toutes les races—Shropshire, Oxford, S uthdown, Cotswold, Lincoln, Leicester et Dorset ont leur part dans ce triomphe annuel bien digne d'être envié par les éleveurs de n'importe quel pays, surtout quand on considère la différence énorme de territoire et de capitaux.
Une évaluation soigneuse place le nombre de moutons de race pure, dans la province, à 19,545 têtes, ninei réparties: Southdown, 600: Oxford, 4,000: Shropshire, 6,000; Dorset, 350; Cotswold, 2,000: Leiceste r, 6,000; Lincoln, 490; Hampshire, 120; Suffolk, 75 têtes.
Les Etats-Unis constituent le marché principal pour les moutons de l'Ontario Pendant un demi-siècle, les éleveurs de LL République se sont adressés à l'Ontario pour se procurer les béliers destinés à l'amélioration de leurs troupeaux. L’admission en franchise des animaux de race pure, enregistrés dans les livres de généalogie des Etats-Unis, a maintenu un flot continnel de sujets de souche venant des troupeaux de l'éleveur de l'Ontario. Il n'est même pas improbable que les troupeaux industriels de la province n’aient souffert de cette cause. Les grands éleveurs, avec leurs yeux constamment tournés vers le sud et l’ouest, ent négligé de créer une demande locale pour les béliers, si bien qu’un grand nombre de troupeaux, dans les districts reculés, se servent encore de mâles métis. Il est fort à désirer, dans l'intérêt des deux catégories d'éleveurs, que le marché local pour les mâles de race pure, soit exploité et développé.
Les réponses que nous ont faites de grands éleveurs auxquels nous nous étions adressés pour avoir des renseignements à ce sujet, indiquent qu’une très grande proportion des agneaux mâles et femelles de chaque saison vont aux Etats-Unis. On prétend que cette proportion varie de 60 à 90 pour 100, et un éleveur important dit qu'il s’en vend 50 de l’autre eôté de la frontière contre 1 au pays. Les Shropshire et les races à longue laine vont principalement aux Etats de l'Ouest, les Southdown au Kentucky et autres Etats du centre, et les Dorset aux Etats de l'Est. Beaucoup d'éleveurs d'Oxford disent avoir une bonne demande de la part des propriétaires des troupeaux métis canadiens,