PAYS A BESOIN DE MOUTONS
Le mode d'exploitation généralement suivi dans cette province, et qui consiste à eultiver la plus grande surfac: possible de terre avee le moins possible de maind'œuvre, les grands champs ouverts, le battage insouciant, la fertilité naturelle du
fout ceci a contribué à la dissémination des mauvaises herbes, et, aujourd’hui, des districts entiers sont infestés. Pour remettre ces terrains en état de produire des récoltes avantageuses, il faudra beaucoup de soin et d'habileté. La superficie cultivée devra être réduite et des méthodes plus systématiques de culture devront être adoptées. Sous ce rapport, les moutons, judicieusement employés, rendraient de grands services,
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et à peu de frais, car ils mangent presque toutes les sortes de mauvaises herbes, et, en ce faisant, ils tassent le sol et le laissent dans un état idéal pour la culture. Ils consommeraient"aussi, pour les convertir en viande, les milliers de minots de graines de mauvaises herbes et de criblure actuellement perdues pour le cultivateur, En outre, lies graines de mauvaises herbes qui passert par l'appareil digestif d’un mouton ne germent pas.
Une industrie importante ayant pour but l’engraissement des moutons avec les criblures de blé, a pris naissance aux centres à élévateurs, comme Moosejaw, Brandon et Port-Arthur. A ce dernier point, des centaines de tonnes de criblures s'accumulent et des milliers de moutons sont nourris, chaque hiver. Ces moutons proviennent des pâturages de l'Ouest; ce sont principalement des métis mérinos, peut-être avec quelques croisements de Down. On les écoule après 100 jours d’engraissement sur une ration presque exclusive de criblures. Ils sont vendus à Winnipeg et à Toronto.
Le marché de Winnipeg est alimenté principalement par les pâturages de l'Ouest, car la production de viande de la province n’est pas égale à la demande locale. On fait aussi venir du mouton gelé des provinces maritimes. Pendant les premier six mois de 1907, plus de 8,000 moutons ont été reçus aux abattoirs de Winnipeg. Les prix payés atteignaient une moyenne de $7.25 par tête, environ.
D’après ce que nous venons de dire, il est évident qu’au Manitoba l'élevage des moutons est une industrie de rapport. Un système de culture différent s'impose, de
* toute nécessité, sinon les mauvaises herbes et la mauvaise culture du sol ruineront des districts entiers. L'adoption d'une rotation comprenant des herbes et du trèfle devra faire partie du nouveau système, Cette rotation entraînera l'emploi de clôtures; les clôtures à mailles de fil de fer coûtent trop cher; il faudra avoir recours à une sorte de clôture également efficace et moins cher, et on finira sûrement par en trouver une. Cette sorte de clôture trouvée, on pourra employer les moutons, qui aideront puissamment à nettoyer la terre. Ils n’exigent ni une forte mise de fonds, ni des bâtiments coûteux; ils ne demandent que peu de main-d'œuvre, sont pen sujets aux maladies, et leurs produits trouvent un écoulement prompt et avantageux.
De toutes les nombreuses races gardées dans la province, le Shropshire est probablement le plus en faveur, en raison de la densité de s4 toison, de son aptitude à l’engraissement et de ses qualités générales. Toutefois, fait intéressant à noter, c’est que, depuis plusieurs années, les groupes les plus attrayants, sinon les plus nombreux, aux grandes expositions de la province, étaient composés de Leicester,
Les rapports des éleveurs de moutons de la province indiquent clairement que la demande de moutons pour la boucherie, et de sujets de race pure pour la reproduction, a beaucoup augmenté au cours de ces quelques dernières années.
De 1996 à 1898, les agneaux de boucherie rapportaient environ 34 cts par livre, et les moutons un peu moins. En 1899, on payait, au point d'expédition, 4 centins pour les agneaux et 34 centins pour les brebis. L'année suivante, le prix avait augmenté d'un demi-centin, et, depuis 1901, les cours ont été de 44 centins à 5 centins la livre, pour les moutons et les agneaux à point pour la boucherie.
Gaant aux ventes de sujets de race pure, les éleveurs rapportent que, de 1895 à 1900, les agneaux béliers obtennient de $5 à $10 par tête et les bons antenais de #15 à $25 chacun; les bonnes brebis valaient de $10 à $15 chacune. Vers 1903, les prix subirent une hausse: ils atteignirent cette même année #16 pour les agneaux gris, et de #20 à $40 pour les antenais de l’un ou l’autre sexe. Ces cours se sont maintenus et ont même été parfois dépassés. D'autre part, la demande a été si active, en 1907, qu’elle n’a pu être satisfaite. Les cours que nous venons de donner se rapportent aux Leicester. Quelques.éleveurs de Shropshire et d'Oxford rapportent des prix légèrement plus élevés, et une vive demande locale pour de bons sujets.
Saskatchewan.
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L'élevage du mouton a fait peu de progrès, dans ja 0 15 dernières années. Un bon nombre de ceux qui gerdaient de petits troup
les premiers jours de la colonie, s'en sont débarrassés depuis, Ce n'est pas que les ovins ne réussissaient pas bien, mais be aucoup de causes d'ordres divers ont contribué à l'abandon de cette industrie. Parmi ces causes, mentionnons les pertes considérables causées par les loups et les coyotes, et les prix élevés de la clôture, les cultivateurs ne pouvant disposer de l'argent nécessaire pour acheter des clôtures à mailles de fil de fer, Enfin, la viande et la laine étaient à bas prix, tandis que le blé se vendait bien.
Au cours de ces quatre ou cinq dernières années, un grand nombre de cultivateurs ont manifesté le désir de se remettre à l'élevage du mouton; à en juger par les demandes de brebis d'élevage, un bon nombre ont mis cette idée à exécution.
Cette industrie, dans la Saskatchewan, est conduite à peu près de la même manière que dans l'Alberta.
Il y a très peu de troupeaux de moutons de race pure, dans la Saskatchewan, 8 ou 10 au plus, appartenant aux races Leicester, Cotswold, Shropshire et Oxford troupeaux sont encore peu nombreux et n’augme ntent pas rapidement, Les bons
Ces
agneaux mâles rapportent de #15 à #25, mais les fi melles sont peu demandées, car il ne se forme pas de troupeaux, Dans les troupeaux de race pure, la plupart des agneaux naissent en mars; ils demandent à être tenus sous abri tout Je printemps; la mère doit être bien nourrie et doit pouvoir prendre beaucoup d'exercice. Tout mouton de race pure que l’on se propose d'exposer en été ou en automne, devrait être tondu au printemps. Cependant, dans l'Ouest, beaucoup de moutons sont exposés avec la totalité ou la plus grande partie de leur ancienne toison.
Le nombre des cultivateurs qui gardent des moutons métis ordinaires est très restreint par rapport à l'étendue de la province. Les troupeaux varient d’une douzaine à plusieurs centaines de têtes. Tout dépend de la localité, des € litions environnantes, et de la méthode d'alimentation pendant les quatre mois que la terre est en culture. Plusieurs cultivateurs mettent leurs troupeaux ensemble et emploient un jeune garçon où un homme pour en prendre soin, sur la prairie, à quelque distance des habitations. Le berger dort dans un: cabane temporaire, On fait un grand corrall, dans lequel on renferme les moutons pendant la nuit.
D'autres cultivateurs tiennent leurs troupeaux, pendant l'été, duns un pâturage entouré de clôtures. Quand un cultivateur a un gr..nd troupeau de plusieurs centaines de têtes, qu’il peut disposer d’une grande étendue de terrain, et employer un jeune garçon où un homme pour en prendre soin pendant le jour et les ramener, le soir, dans un enclos où un corrall, il réussit bien: mais peu de troupeaux sont assez nombreux pour ce mode d'exploitation. Sur une ferme en culture, il est avantageux de cultiver de la navette sur jachère d'été. On peut labourer la terre dès que les semis de céréales sont terminés, et semer quatre livres de graine de navette avec un quart de minot de grain quelconque. On peut se servir de la semeuse ordinaire, pour cette opération, La navette sera prête pour pâturage à la première semaine d'août. au moment où la pâture ordinaire commence à se dessécher. I] faudra avoir soin de ne pas y mettre de moutons quand elle est humide, car ceux-ci sont très sujets à la météorisation.
Une fois le battage de la récolte de grain terminé, on Inisse généralement les moutons courir au large, Ils trouvent une abondante nourriture sur les chaumes et les jachères d'été. Si les loups les inquiètent, il faudra les surveiller et les ramener toujours près des hat itations, le soir.
ALIMENTATION D'IHIVER,
La nourriture d'hiver comprend de la paille d'avoine, des gerbes d'avoine, et du foin, si l’on en a. Qu lques cultivateurs donnent une portion de grain, au printemps, On devrait s'attacher à tenir toujours les moutons vigoureux, et on devra veiller à ce que la bergerie ne soit pas trop chaude.
Dans certains troupeaux, la mise bas commence au mois de mars. C’est une très grande erreur que de faire venir les agneaux si tôt. Quand la température est rigoureuse et le printemps tardif, il est presque impossible de tenir en vie des agneaux
qui viennent de naître, On 4 54 le façon à ce qu'aucun agneau ne
vienne au monde avant le 23 avril. Un agneau né dans ja première moitié du mois de
mai vaudra beaucoup plus, à la fin d'octobre, qu'un agneau du commencement de mars. Si les brebis sont en bon état, si la température est modérée, la nourriture abondante, et si l'on donne tous les soins nécessaires, on pourra généralement sauver de 90 à 100 pour 100 des agneaux, Dans un troupeau nombreux, les jumeaux ne sont pas avantageux. La castration et l’amputation de la queue devraient être effectuées quand les agneaux ont de quatre à six semaines, Les opinions diffèrent sur la manière d'opérer la castration. La méthode presque universellement employée, ici, est de couper le bout du scrotum avec un couteau bien tranchant et de tirer les testicules avec les dents, Si celui qui opère est habile, la bergerie propre, et si les agneaux ne souffrent pas de la chaleur, il n’y a que peu ou point de pertes. Beaucoup dépend de l’état des moutons et de la température. La tonte devrait commencer vers le 10 juin; c’est la meilleure époque pour cette opération. On ne lave pas la laine à dos, dans la Saskatchewan, Il n'y a aucun avantage à le faire Quelques cultivateurs ont des machines à tondre, mais l'emploi des ciseaux est plus général; peu savent s’en servir comme il faut.