‹ [Élev]age des moutons au Canada [microforme]Chapitre 42 sur 62 · TROUPEAUX DE RAPPORT · texte numérisé non relu

TROUPEAUX DE RAPPORT

Les troupeaux métis ont une assez forte proportion de sang mérinos. On se sert de béliers métis Lincoln et Shropshire, mais les cultivateurs les plus avancés s’aper- Ces petits troupeaux donnent généralement un bon nombre d'agneaux. Un cultivateur de Lethbridge a élevé 130 agneaux de 100 brebis. Les clôtures et les coyotes sont les principaux inconvénients dans l'élevage des moutons en petits troupeaux.

L'industrie ovine tend à se développer, sur les fermes de VAlberta. Un certain nombre de cultivateurs du district de Lloydminster firent un voyage, en octobre 1907, pour se procurer des sujets d'élevage. L'un d'eux, M. Burton, un éleveur australien de beaucoup d'expérience, se proposait d'acheter de 50 à 100 brebis d’un an. M. Burton fait toujours une provision abondante de foin, pour l'hiver, et abrite ses moutons dans des hangars ouverts, quand il fait froid. D'après lui, le territoire accidenté de ce district convient de façon indéniable à l'élevage d'été. Il dit être sûr d'obtenir des prix raisonnables pour la viande de mouton et d'agneau dans les petites villes. Cette viande est maintenant presque impossible à trouver.

çoivent que l'emploi des mâles de race pure est plus avantageux.

Si les cultivateurs d’une localité voulaient seulement se mettre ensemble et acheter de 500 à 1,000 brebis, qu'ils garderaient en troupeaux séparés pendant l'hiver et pendant l’agnelage, et qu'ils réuniraient ensuite pour les faire paître, pendant l’été, ils feraient de très beaux profits. Les races de boucherie conviennent beaucoup mieux pour les districts du nord. Les mérinos ne Supportent pas le froid assez bien. Les besoins de l’industrie sont les mêmes que dans l'Ontario,

Les prix actuels sont élevés et le

nombre des sujets d'élevage offerts très faible, Si les prix fléchissent un

peu au sud de la frontière, on pourra peut-être, dans un avenir rapproché, acheter à meilleur marché. Dans l'AI aujourd’hui se procurer des brebis d'un an à moins de $6 par tête, S'ils pouvaient les acheter par charge de wagon, le transport coûterait environ 50 centins par tête, sinon, il coûte #1.00. Avec l'établissement de f Lethbridge et de Edmonton, 1 qualités de laine grossière t

erta, les cultivateurs peuvent

abriques de lainages comme celle de e marché local deviendra beaucoup plus assuré et les ronuveront un écoulement plus facile.

Comme conclusion, disons que les troupeaux industriels ont toujours été et se montrent encore d’un bon rapport, Dans le nord, il faut f

faire provision de nourriture et se munir d’abris, et

ces deux précautions rapporteront même dans le sud. Bientôt,

les cultivateurs seront obligés de poser des clôtures avec des mailles à poulet, ou

quelque genre de clôture en fil de fer plus fort. La demande locale prendra toute la viande et toute la laine à de bons prix. Les cultivateurs qui achètent des brebis

devrai nt se combiner et achatar 2 2} le

; ñgon pour économiser le transport.

qui donneront de meilleurs rendements et

Jn ne devrait acheter que de jeunes brebis,

entraînent moins de risques. Partout où cela est possible, tous les moutons devraient être mis sur le chaume, pour qu'ils soient vigoureux au commencement de l'hiver. ÉLEVAGE DANS LA PRAIRIE (RANCHING)—PÂTURAGES LIBRES.

Dans les districts de prairies, le sol est plutôt see et la chute de pluie faible. L'herbe naturelle de la prairie et des bords accidentés de la rivière est courte et tendre, très goûtée des moutons, et très convenable pour la production de viande d’une bonne saveur.

Les moutons diffèrent grandement de ceux élevés dans les provinces de l'Est, Les sujets de souche, venus principalement des Etats voisins de l'Union Américaine, du Montana surtout, ont beaucoup de sang mérinos. Ces animaux donnent naturellement un faible rendement de viande, mais de fortes toisons. Au cours de ces dernières années, des mâles Down et d’autres à longue laine ont été introduits, dans le but d'augmenter le poids de la carcasse. Les troupeaux des prairies varient en nombre, de 2,090 à 20,000 têtes, et paissent toute l’année, sous les soins de bergers, en bandes de 2,000 à 4,000 têtes. En hiver, on les laisse eux-mêmes chercher leur nourriture, et ils peuvent généralement le faire, avee un peu d’aide de la part du berger; mais si la neige devient trop épaisse ou si le dessus se durcit, on emploie une charrue à neige pour découvrir l'herbe, ou encore on donne une petite portion de foin et d’avoine, jusqu’à ce que le Chinook fasse disparaître la neige qui recouvre la terre. Autrefois, on ne faisait aucune provision de fourrage pour l'hiver; aussi, quand le temps restait froid pendant un mois ou deux et que la neige était épaisse, les sujets faibles du troupeau, et surtout les vieilles brebis et les agneaux, mouraient en grand nombre. On s'attendait toujours à une perte de deux ou trois pour cent, pendant l'hiver: mais parfois, quand aucune provision n'avait été faite pour nourrir perdant une période froide, cette perte atteignait 25 pour 100.

Autrefois, l’agnelage se faisait sur la prairie, durant les mois d’avril et de mai, souvent sans abri. Dans ces conditions, on sauvait généralement de 70 à 80 pour 100 des agneaux; mais, dans les saisons rigoureuses, l'augmentation ne dépassait pas 40 à 50 pour 100.

Les éleveurs, de nos jours, ont appris par expérience la nécessité de se munir d’une provision plus ou moins considérable de fourrage, et presque tous ont, aujourd’hui, des abris pour protéger leurs troupeaux, quand la chose est nécessaire. Les meilleurs éleveurs mettent généralement de 25 à 40 tonnes de foin de côté, pour chaque millier de moutons, outre une bonne provision qui sert à entretenir la vigueur de leur brebis ou de leurs agneaux, avant l’arrivée de l'hiver.

AGNELAGE,

Pendant la saison de l’agnelage, le berger est bien occupé. Il peut avoir soin de 500 à 2,000 brebis. La nuit, les brebis sont renfermées dans un hangar ou dans un corrall, et un garde de nuit ramasse tous les agneaux qui naissent et leur donne les soins nécessaires. Dès qu’une brebis a mis bas et dès qu’elle a eu le temps de donner les premiers soins à son agneau, tous deux sont placés dans le compartiment d’un chariot spécial. Quand ce chariot est rempli, on le conduit à la bergerie, où les brebis et les agneaux sont placés dans de petites loges; là, un autre berger encourage les agneaux à téter, prend soin des sujets faibles et donne aux brebis de l’eau et de la nourriture. Une brebis qui refuse de s’occuper de son agneau est placée dans une loge si étroite qu’elle ne peut s'éloigner ou éviter son rejeton affamé. Au bout de quelques heures, elle consent généralement à en prendre soin. Le jour suivant, ces brebis sont mises dehors, par petits groupes, et elles restent dehors jusqu’à ce qu’elles aient pris l'habitude de retrouver leurs agneaux dans la foule. À mesure que les agneaux avancent en âge, les brebis sont rassemblées par groupes plus nombreux, et, vers l'âge de six mois, on les rassemble toutes en un même troupeau. Dans l'intervalle, les agneaux ont eu ja queue coupée et ils ont été châtrés—opération trop négligée par un grand nombre d’éleveurs d’autres parties du Canada.

La production de la laine est une branche importante de l'industrie ovine des prairies. La prairie est le seul endroit au Canada où l'on puisse se procurer des quantités considérables de laine fine, et c’est à la prairie que la plupart des fabricants de draps de l'Est s'adressent pour leur fourniture. Il y a quelques années, la laine était plus fine qu'aujourd'hui, par suite de la prédominance du sang mérinos. Les mâles Down et à longue laine récemment employés pour augmenter le rendement de la viande, ont naturellement amené un changement dans le caractère de la toison. Celle-ci devient de plus en plus grossière à chaque nouveau croisement de types de boucherie

Page 1