MANQUE D'UNIFORMITÉ
Comparée aux produits des pays spécialement consacrés à l'élevage du mouton, et où le climat n’est jamais rigoureux, la luine canadienne présente des défauts qui
font le désespoir formité des races se retrouve dans le caractère de la laine. Pour le manufacturier d'une étoffe spéciale, auquel il faut une grande quantité de laine de la même catégorie, c'est un grand inconvénient. Il se voit contraint d'acheter des lots plus ou moins mélangés et de les faire réassortir à la fabrique par ses ouvriers. Ce défaut existera jusqu’à ce que nos troupeaux de moutons soient développés au point de donner à notre commerce de laine une importance suffisante pour justifier une meilleure classification et un meilleur soin du produit. La comparaison de notre récolte de laine canadienne avec celle de la Grande-Bretagne fera ressortir l’insignifiance de la première; nos troupeaux rendent 12,000,000 de livres de laine tondue et un peu plus de 1,000,000 de livres de laine tirée et ceux de la Grande-Bretagne, un pays relativement de faible étendue, 130,000,000 de livres auxquelles s'ajoutent chaque année 700,000,000 de livres
de tous les agents et manufacturiers, Le manque général d’uni-
linporté 3 Dur ces quantités réunies, 543,000,000 de livres sont utilisées en Grande- Bretagne, et le reste, 316,000,000 de livres sont exportécs. L'industrie de Ja laine en Grande-Bretagne est une industrie bien définie, de première importance, et qui commande l'attention du manufacturier et de l’éleveur. Telle est l’organisation des ventes de luine à Londres, que l’on peut se procurer la qualité que l’on désire sur échantillon envoyé par la poste ou sur un examen personnel des marchandises offertes. Les
divers lots sont classés et catalogués au cours des ventes. Des coupures sont faites daus les balles pour permettre aux acheteurs d'examiner la qualité de la marchandise l'avant-midi précédant la vente. Les ventes sont effectuées l'après-midi, et les achats peuvent être faits intelligemment en consultant le catalogue marqué dans la matinée Plutôt que de s’embarrasser des laines canadiennes, de classement toujours difficile, quelques-uns de nos grands manufacturiers achètent, aux ventes de Londres, les
qualités exactes dont ils ont besoin.