ORIGINES, EVOLUTION ET CARACTERISTIQUES
Il existe un grand nombre de variétés de moutons domestiques, et toutes descendent, sans doute, d’un même type. La domestication de cette catégorie d'animaux date presque du commencement de la race humaine; le deuxième fils d'Adam fut le premier pasteur, En se dispersant dans les différentes parties du monde, les membres de la famille humaine emmenèrent avec eux des moutons, et, sous les conditions diverses dans lesquelles ces animaux se perpétuèrent, ils formèrent diverses races, douées chacune de qualités et de caractéristiques essentiellement différentes. Avec le perfectionnement des méthodes agricoles, les moutons, de même que les autres animaux de la forme, furent élevés pour des buts spéciaux. Cet élevage s’effectuant simultanément dans diverses parties de l’Europe et de l'Asie, il était naturel que des variétés à caractéristiques toutes différentes fussent créées. Il est probable que le mouton domestique actuel a été produit par la domestication de plusieurs races dans diverses parties du monde; les singularités et les qualités de chacune ayant été développées, par la sélection, jusqu’à ce que l’on ait obtenu un type plus ou moins parfait. Le nombre de nos races reconnues s’est aussi, sans doute, accru par le croisement d'espèces distinctes,
A l'exception du mérinos, dont on ne trouve que quelques troupeaux dans les provinces du Nord-Ouest, les principales races de moutons existant au Canada proviennent de la Grande-Bretagne. Elles rentrent dans la catégorie des races à laine longue et à laine moyenne. Le mérinos, sous ses diverses formes, est classé dans la catégorie des laines fines.
Il existe, dans les Iles Britanniques, plus de vingt races, dans un état de pureté plus où moins grand, et dont voici les principales:
Black Face, Herdwick, Gray, Lonk, Devon, Longwood, Exmoor, Welsh, Cheviot, Suffolk, Leicester, Cotswold, Oxford, Shropshire, Hampshire, Southdown, et Dorset.
Seules, les huit dernières sont plus ou moins répandues au Canada, On trouve aussi un petit nombre de Suffolk et de Cheviot, mais ces deux variétés n’augmentent pas de facon appréciable,
Les Lincoln, les Leicester et les Cotswold, appartiennent aux variétés à laine longue, et les Oxford, les Shropshire, Dorset, Hampshire et Southdown rentrent dans la catégorie des espèces à laine moyenne, la longueur de la toison diminuant avec la race, dans l’ordre énuméré. La toison du Cheviot, de même que celle du Suffolk, sont de longueur moyenne, mais la première est la plus longue des deux. Ces deux espèces sont donc classées avec les variétés à laine moyenne.
Leicester.
La race Leicester est la plus ancienne des races de mouton à laine longue. Elle paraît avoir peuplé le comté de Leicester, en Angleterre, et les comtés voisins, même avant 1660. A cette époque, ces districts, connus sous le nom de Midland, étaient déjà réputés pour la qualité de leurs moutons. Ceux-ci avaient, paraît-il, une forte
1 une eareasse allongée et une toison lourde et forte. Ils étaient lents à se développer et à s’engraisser. Il est généraiement admis qu’ils furent utilisés par
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Bakewell se mit à améliorer les troupeaux de son district vers l’année 1755, u environ. 11 reconnut, et c’est là son principal mérite, que les propriétés des ascenants peuvent être transmises à leur progéniture, jusqu’à ce qu’il en résulte un type xé. Il avait aussi, à un haut degré, la faculté de discerner, d’après la forme extéieure et le caractère de l’animal, si celui-ci possédait les qualités qu’il désirait perétuer. Il établissait une différence entre la taille et la qualité, et c’est surtout de ce ernier point qu'il s’occupait, quand il achetait des aniraaux d'élevage. Afin de xer de façon permanente les qualités qu’il désirait dans son troupeau, il eut recours l'élevage consanguin presque jusqu’à un degré incestueux. Bakewell recherchait vant tout une plus grande symétrie de formes, une plus grande aptitude à l’engraisement et un développement plus rapide, une plus faible proportion d'os et de graisse, ft un développement plus considérable des parties du corps qui avaient le plus de raleur pour le boucher. Sans doute, ces caractères furent obtenus, mais d’autres “également de grande importance avaient été négligés: la force de la constitution, la fécondité, la quantité et la qualité de la laine. En ces dernières années, les éleveurs de Leicester sont parvenus à corriger ces défauts.
On admet aujourd'hui que nulle race ne possède un tour de poitrine plus consi- 2 dérable que la race Leicester. On ne saurait non plus accuser les EEE d’aujour- E hui de stérilité, car on voit souvent des mères donner naissance à trois petits, et il rest pas rare, dans les troupeaux bien tenus, de constater des augmentations de 100 i 175 pour 100. Quels qu’aient pu être les défauts de la toison des Leicester de Bakewell, ces défauts ont depuis longtemps été corrigés Cans les troupeaux bien tenus. Règle générale, les bons spécimens de la race sont parfaitement recouverts sur toutes : les parties du corps, excepté la cête et les jambes. La laine se distingue aussi par sa } longueur et sa densité excessive, et nulle autre ne la surpasse en lustre.
Désireux de propager aussi rapidement que possible la race qu’il avait améliorée, M. Bakewell loua systématiquement les béliers de son troupeau, durant la saison de la lutte, aux cultivateurs du district. Ceux-ci furent lents à protiter de cette occasion et tout ce que M. Bakewell put obtenir pour le service de ses béliers, pendant une saison, fut 17/6 pour chacun. Cependant, telle fut l'amélioration effectuée par ces croisements, qu’en peu d'années la demande augmenta dans une si grande proportion que les prix s’élevèrent jusqu’à 100 guinées par tête, et au cours de la saison de 1789, on dit que la somme payée pour les services des béliers de M. Bakewell se monta à six milles guinées,
Le mouton Leicester, après avoir été amélioré par M. Bakewell, vers la fin du XVIIIème siècle, était un mouton à face blanche, sans cornes, très apte à la produetion de la viande, à cou court et épais, dos large et horizontal, poitrine épaisse et profonde, profonds quartiers de derrière et fine ossature. La toison mesurait de T à 8 pouces de longueur; la laine en était quelque peu grossière et se terminait par une courte boucle.
A la mort de Bakewell, un nommé Culley commença à employer le bélier Leicester de Dishley sur la race Teeswater. Celle-ci avait alors une haute réputation pour sa longue laine. Les sujets provenant de ce croisement ont formé, paraît-il, la race Border-Leicester, mais vu la proximité du centre de la race Cheviot, on peut raisonnablement supposer qu’au début de la race Leicester, le sang des voisins à face blanche a été introduit dans un bon nombre des meilleurs troupeaux. Les béliers Border-Leicester devinrent bientôt aussi populaires que les béliers Bakewell. et on paya jusqu’à 100 guinées pour les services d'un seul anima:, pour la saison. A partir de ce moment jusqu’à l'heure actuelle, le Border-Leicester a conservé une haute réputation comme race productrice de viande et de laine. Le Leicester Bakewell, plus tard connu sous le nom du Leicester anglais, fut perpétué à l’état pur, et on en fait
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