‹ Elévations à Dieu sur tous les mystères de la religion chrétienne [microform]Chapitre 21 sur 38 · KLÉVATIONS SUR LES PROPHÉTIES · texte numérisé non relu

KLÉVATIONS SUR LES PROPHÉTIES

P' i^Llfv. Les proplicties sous les patriarches.

Encore que les prophéties éclatent principalement depuis ie temps de David, elles ont une plus haute origine. Nousles avons vues sous Adam, nous les avons vues sous Abraham , ïsaac et Jacob, « dans celte bénite semence en qui la béné- » diclionsedevoitrépandre sur toutes les nations de la terre^». Mais de ces trois patriarches avec qui l'alliance avoit été faite, le dernier étoit réservé pour en développer tout le secret par ces paroles: « Le sceptre », le gouvernement, la magistrature, « ne sera point ôîé de Juda'' » : sa tribu, qui sera un jour le seul royaume où la loi et les promesses seront accomplies, ne cessera point de vivre selon ses lois, et d'avoir ses « gouver- » neurs » et ses magistrats légitimes, qui sortiront" de sa race » jusqu'à ce que vienne celui qui doit être envoyé » ; selon une autre leçon qui revient au même sens : ci en qui Taccomplisse- « ment des promesses est réservé; et il sera l'attente », l'espérance, le libérateur » de tous les peuples»: quatre lignes, où est renfermée toute l'histoire du peuple de Dieu jusqu'à Jésus-Christ. Le caractère particulier qui en devoit marquer le temps étoit la chute du royaume judaïque destitué de son propre gouvernement, et la suite nécessaire de la venue du Christ étoit marquée par la concurrence de la réprobation des Juifs,

' 1 rfeb. IX. 24. IV. 11. — = II). !v. il. —" Gen. xii. 3. XSII. IS. — ' Ib XL IX. 10.

SUR IMS .MYSTÈUKS. 1G9

avec rétablissement de son empire parmi tous les peuples de l'univers.

Il adresse la prophétie à Juda. Ccst à lui qu'il se rcstreinl quand il veut parler du Christ fulur; et ce Christ, que nons savions déjà qui devoit sortir d'Abraham , d'Isaac et de Jacob, nous est désigné comme devant être le fruit de la tribu de Juda. Nous verrons ensuite que dans la tribu de Juda, David est choisi pour en cire le père, afin que Jésus, fils de David, auteur de la famille royale ; fds de Juda qui est toujours à la tête du peuple de Dieu ; fils d'Abraham, en qui avoit commencé Falliance; pour encore remonter plus haut, fils de Sem, béni au dessus de ses deux autres frères, recueillit en lui par la plus belle de toutes les successions, tous les litres de distinction et de bénédiction qui avoient jamais été, et sortît du plus pur et du plus beau sang qui fût au monde.

Jésus ! que Jacob a vu en mourant dans l'extrémité de sa vieillesse, avec une vue défaillante, puisse venir votre règne, et puissions-nous augmenter le nombre de vos sujets véritables par notre sincère obéissance !

IF ÉLÉV- La pi-opliéiie de Moïse.

Quoique tout l'état de Moïse et de la loi soit prophétique dans son fond, comme -on a vu, il y a encore sur Jésus- Christ une prophétie spéciale de Moïse ; et la voici : « Dieu » vous suscitera un prophète comme moi, de votre nation, et » du milieu de vos frères : vous l'écouterez ' ». C'est un prophète particulier que Dieu promet à son peuple un prophète « comme moi » , dit Moïse : un prophète « semblable à » moi », comme il ajoute dans la suite; c'est-à-dire, un prophète législateur. Car, au reste, il est écrit des autres prophètes : « qu'il ne s'en est jamais élevé comme Moïse ^». Josué , qui lui succéda dans le gouvernement du peuple de Dieu, étoit beaucoup au dessous de lui, non-seulement en prodiges et en puissance, mais encoro en dignité: «ayant » reçu l'esprit de sagesse, parce que Moïse avoit mis les mains » sur lui ". On lui obéissoit donc, non pas comme à un légis-

' Dciit. XVIII. 15. 18. 20. - = Ib. XXXiv. - ' Ib. 9.

1 70 Kii:vArïO>.s

lateur, mais sur des faits particuliers. Il n'en '^st pas ainsi de ce prophète que Moïse annonce comme devant lui être semblable. Il dit de lui- : « Vous récouferez » : qui est aussi la même chose que le Père éternel a dit de son Christ : « Celui-ci est mon fils bicn-aimé : écoutez-le ' ».

Il y a donc deux prophètes d'un caractère particulier : lo ministère de l'un de\oit succéder à celui de l'autre; et il est dit singulièrement de chacun d'eux : « Ecoutez-le » : l'un, médiateur de la loi ancienne; et l'autre, médiateur de la nouvelle : autant différents entre eux que les deux lois qu'ils ont établies. Toutefois il y a entre eux quelque chose do commun : c'est qu'à la tête de chaque loi qui devoit, pour ainsi dire , régner , il y a un prophète par excellence pour chacune : mais le dernier l'est « d'autant plus qu'il est lo » fils » ; au lieu que l'autre « étoit le serviteur ^ » . Celui dont le ministère étoit passager, montre l'autre dont lo ministère étoit éternel : aussi ne lui nomme-t-il point de successeur, et il lui remet pour toujours l'autorité et la prophétie. Que si l'on a écouté Moïse avec une crainte si religieuse ; et si ceux « qui ont violé sa loi ont été punis de mort » sans miséricorde , de quels supplices seront dignes ceux » qui auront foulé aux pieds le Fils de Dieu '» et qui n'auront pas obéi à Jésus ?

Iir ÉLÉV. La prophétie de David.

«Béni soit le nom et le règne de notre père David \ Béni soit aie fils de ce» saint « roi'», par qui nous vient la vie et le salut. Les psaumes de David sont un évangile de Jésus- Christ tourné en chant, en aiïections, en actions de grâces, en pieux desirs. «C'est ici,» disoit Jésus-Christ, «la vie éternelle: de vous » connoîlre , ô Père céleste ! qui êtes le vrai Dieu, et Jésus- •-) Christ , que vous avez envoyé "» . C'est par oiî commencent les psaumes. Le premier montre la félicité de celui qui garde la loi de Dieu ', et ensuite, dès le second, on voit paroîtrc

' Mattb. xvn. 15. — * Heb. m. 3. 5. 6. — ^ Ib. x. 28. 2!). — "Marc. XI. 10. — * Mattb. xxi. 'J. Ps. CXVII. 25. — ^ Joan. XVII. 3. — ' Ps. I. 1. et seq.

StU LES MYSTÈKES. 171

Jésus -Christ: toutes les puissances du monde conjurées conire lui: Dieu qui s'en rit du plus haut des (•icux, etqui, adressantla parole à Jésus-Christ même, le déclare «son Fils qu'il » engendre dans l'éternité ' ». C'est dès le commencement, l'argument de tous les psaumes.

David l'a vu « dans le sein de son père engendré avant l'au- » rore, » avant tous les temps : il avu qu'il seroit « son fils, » et, en même temps «son Seigneur^». Il l'a vu roi souverain : « ré- B gnant par sa beauté, par sa bonne grâce, par sa douceur et » -par sa justice : perçant le cœur de ses ennemis » par une juste vengeance, ou celui de ses amis par un saint amour. Ill'aadorédans « son trône éternel, comme un Dieu, que son M Dieu a sacré par une divine onction ^» : père et protecteur des pauvres, «dont le nom sera honorable devant lui»; puissant auteur « de la bénédiction des gentils consacrés et » sanctifiés en son nom ^; prédicateur d'un » nouveau « pré- » cepte dans la sainte montagne de Sion ' ».

Il a vu toutes les merveilles de sa vie , et toutes les circonstances de sa mort: il en a médité tout le mystère *. Il a maudit en esprit son disciple qui le devoit vendre : et il en a vu « l'apostolat passé en d'autres mains 'a.

« Ses pieds et ses mains percés » avec son corps violemment étendu et suspendu , ont été le cher objet de sa tendresse '. David s'est jeté par la foi entre ses bras amoureusement étendus à un peuple contredisant. « H a goûté le fiel »etle vinaigre*», qu'on lui a donnés dans sa soif. Il voit tout, jusqu'à l'histoire» de seshabits divisés, et de sa robejetéeau » sort '" » . Il est touché des moindres circonstances de sa mort, et n'en peut oublier aucune. Il se réjouit en esprit de lui voir après sa mort « annoncer la vérité aux gentils dans la grande » Eglise" «jOÙtouslespeuples de l'univers dévoient se réunir oii les pauvres comme les riches dévoient être assis à sa table. Enfin ill'a suivi « au plus haut des deux avec des captifs atta-

' Ps. II. 7. — = Je. Cix. 1. 3. 4. 6.7. Matth. XXII. 44.45. — 3 Ps. ïLiv. 3. 4. 5. 6. 7. 8. — « Ib. Lxxi, 1. 4. 14. 19. — = Ib. ii. G. - ^ Ib. XXI et Lxviii. — ' Ib. cvili. 8. Joan. xiir. 18. Act. i. 16. 20 — ' Ps. XXI. 16. 17. 18. 19. — '»7*. Lxviu. 22. Joan. xix. 28. 2D. 30. — '" Ps. i\i. 19. etseq. — "76. S*»-

Page 1