BETISE DE LA BRUTALITE
Un homme intelligent, patient, méthodique, Avait un cheval magnifique
Dont il savait tirer un labeur précieux, Par des moyens judicieux.
La bête, entre ses mains, était irréprochable
Et d'un caractère admirable.
Un homme différent en fit un jour l'achat.
Avant que son maître approchât.
Le cheval, par instinct, fut pris d'inquiétude.
Il eut un sort beaucoup plus rude.
Nul soin, brutalité, cris, colères, jurons.
Et des grêles de horions !
.A quelque temps de là, notre propriétaire,
Honteux, ne sachant plus que faire, S'en vint trouver l'ancien possesseur du cheval.
"Venez donc voir cet animal, Dit-il; il ne m'est plus, vraiment, d'aucun service ;
Est-ce le mal? Est-ce le vice ?" — "Le mal assurément, lui dit l'autre aussitôt,
Car vous le chargez beaucoup trop; Vous ne lui donnez pas assez de nourriture,
Et votre manière est trop dure;
Puis son harnais le blesse, et ses pieds déchirés Sont à peine à moitié ferrés" !
Un quidam écoutait. Il se mit à sourire, Et ne put s'empêcher de dire:
"Vous avez bien touché ce bourreau que voilà; Rien de plus vrai que tout cela !"
Un parfait serviteur, il faut le reconnaître, Est souvent gâté par son maître.
Aussi bien l'on dira: tel maître, tel servant, Qu'on dit: tel père, tel enfant.
& Ûlnil rt mit