DIEU PARLE A NOS PREMIERS PARENTS
" Adam, père du monde, Eve, première femme,
Vous êtes l'épouse et l'époux.
J'ai créé votre corps, et j'ai créé votre âme :
Croissez et multipliez- vous.
Votre âme est un esprit fait à ma ressemblance, Pour me voir, m'aimer, me gagner ;
De la création vous avez la science ; Vous êtes des rois pour régner.
Sur tous les animaux, les oiseaux, les poissons, Jouissez d'un suprême empire ;
De toute herbe qui croît possédez les moissons Voyez l'univers vous sourire.
Gardez-vous seulement de ce fruit défendu, Unique épreuve et sacrifice ;
Fruit du bien et du mal, tout exprès suspendu Pour les besoins de ma justice.
Adam, pourquoi t'enfuir ?... Viens, hors de ta retraite ;
Viens comparaître devant moi.
Femme volage, et toi, serpent, perfide bête,
Venez ici subir ma loi.
Serpent, je te maudis ; tu ramperas sur terre ;
Tu seras un objet d'horreur.
Femme, tu gémiras quand tu deviendras mère ;
Tu te tordras dans la douleur.
Homme, je te condamne au travail, à la peine,
A la maladie, à la mort ; La terre, devant toi, d'épines sera pleine ;
La poussière sera ton sort.
Courage, cependant ; dans la suite des âges, Viendra pour vous un Rédempteur :
Heureux les pénitents, humbles d'esprit et sages Qui croiront à ce Dieu Sauveur !
J'établirai la haine, une haine implacable,
Entre la femme et le démon :
Vous la verrez poser sur la bête exécrable
Son invulnérable talon.
Jusqu'au jour où le Christ en ouvrira la porte».
Le Ciel sera fermé pour vous ; Mais vous viendrez alors, en triomphale escorte,
Partager la gloire avec nous."
" Caïn, vil meurtrier, qu'as-tu fait de ton frère ?. ..
Voici le cadavre d'Abel !
Son sang, encore chaud, s'imbibe dans la terre . .
Voilà ton acte criminel !
Ce sang crie à mon cœur et demande vengeance ::
Assassin, tu seras maudit !
N'attends plus sur la terre aucune jouissance,.
Aucune richesse, aucun fruit.
Malheureux, détesté, banni de tes semblables,
Tu seras pauvre et vagabond ; De ton crime, partout, en traits abominables,
Tu porteras le signe au 'front.
Si l'on veut te tuer pour abréger ta peine,
J'arrêterai le bras vengeur ; Et tant que tu vivras, monstre à la face humaine,
Tu promèneras ton horreur ! "
Erudimini
Qui n'a pas entendu cette grande parole
Dont frémit encor l'univers ?. . .
O langage de Dieu !. . . la nature frivole
N'est plus rien avec ses concerts !
Admiramini et obstupescite
Quelle est cette terreur qui s'empare du monde ?
On n'entend plus le moindre bruit. . .
Tout se tait, dans les cieux, sur la terre et sur l'onde,
Même les clameurs de la nuit.
Incrédules, debout ! c'est le temps de vous rendre :
Le prodige va s'accomplir !
Au ciel levez les yeux : Dieu va se faire entendre :
Vous allez enfin tressaillir !
Vox de cœlis dicens.
(dieu parle a foé.)
" Noé, je t'aime encore, et j'aime ta famille : Vous trouvez grâce auprès de moi.
Pendant qu'autour de vous l'iniquité fourmille, Vous avez conservé la foi.
Voici que je regrette, avec honte et colère,
D'avoir créé l'humanité.
Mais je vais la punir ; je vais purger la terre
De sa hideuse impiété.
Bientôt, je vais ouvrir les sources des abîmes
Et les cataractes du ciel :
Tout sera submergé, jusqu'aux plus hautes cîmes,
Dans un déluge universel.
Tu survivras, toi seul, et ta famille pure, Pour refonder l'humanité. . . .
Construisez-vous une arche : en voici la mesure, La force et la capacité.
A l'œuvre ! — fallut-il pour faire un tel navire, Y travailler plus de cent ans,
Et reprocher en vain aux peuples en délire Leurs crimes pendant tout ce temps.
Tu prendras avec toi, pour en sauver l'espèce, Des couples d'animaux divers.
Dès que sonnera l'heure, entrez avec vitesse Et séparez- vous des pervers ! "
" C'en est fait, le déluge a vengé ma justice : Le genre humain est abattu ....
Noé, sors de cette arche ; offre ton sacrifice : Je me complais dans ta vertu.
Croissez, multipliez, et remplissez la terre ;
Fondez un genre humain nouveau ; Après un tel exemple à jamais salutaire,
Il me faut un monde plus beau.
Et voici qu'avec vous je veux faire alliance ;
J'en fais le serment solennel Comme signe d'amour, de pitié, de clémence,
Je vous donne mon arc-en-ciel.
Je ne détruirai plus l'homme par le déluge. . . .
Occupez-donc la terre en paix :
Je serai comme un Père, et non plus comme un Juge,
Et vous connaîtrez mes bienfaits."
ErudiiiÀni.
Qui n'a pas entendu cette grande parole
Dont frémit encor l'univers ?
O langage de Dieu !. . . .la nature frivole
N'est plus rien avec ses concerts !
Admiramini et obstupescite.
Quelle est terreur qui s'empare du monde ?. ..
On n'entend plus le moindre bruit. ..
Tout se tait, dans les cieux, sur la terre et sur l'onde,
Même les clameurs de la nuit !
Incrédules, debout ! — c'est le temps de vous rendre :
Le prodige va s'accomplir !
Au ciel levez les yeux : Dieu va se faire entendre :
Vous allez enfin tressaillir !
Vox de cœlis dicens.