‹ Elévations poétiquesChapitre 3 sur 58 · DIEU PARLE A NOS PREMIERS PARENTS · texte numérisé non relu

DIEU PARLE A NOS PREMIERS PARENTS

"Adam, père du monde, Eve, première femme.

Vous êtes l'épouse et l'époux. J'ai créé votre corps, et j'ai créé votre âme:

Croissez et multipliez- vous.

Votre âme est un esprit fait à ma ressemblance. Pour me voir, m'aimer, me gagner:

De la création vous avez la science:

Vous êtes des rois pour régner.

Sur tous les animaux, les oiseaux, les poissons, Jouissez d'un suprême empire;

De toute herbe qui croît possédez les moissons : Voyez l'univers vous sourire.

(tardez- vous seulement de ce fruit défendu.

Unique épreuve et sacrifice; Fruit du bien et du mal, tout exprès suspendu

Pour les besoins de ma justice.

Adam, pourquoi t'enfuir ?.., Viens, hors de ta retraite:

Viens comparaître devant moi.

Femme volage, et toi, serpent, perfide bête.

Venez ici subir ma loi.

Serpent, je te maudis; tu ramperas sur terre;

Tu seras un objet d'horreur.

Femme, tu gémiras quand tu deviendras mère:

Tu te tordras dans la douleur.

Homme, je te condamne au travail, à la peine.

A la maladie, à la mort : La terre, devant toi, d'épines sera pleine;

La poussière sera' ton sort.

Courage, cependant: dans la suite des âges, Viendra pour vous un Rédempteur :

Heureux les pénitents, humbles d'esprit et sages Qui croiront à ce Dieu Sauveur -!

J'établirai la haine, une haine implacable,

Entre la femme et le démon :

Vous la verrez poser sur la bête exécrable

Son invulnérable talon.

Jusqu'au jour où le Christ en ouvrira Ll* porte, Le Ciel sera fermé pour vous:

Mais vous viendrez alors, en triomphale escorte, Partager la gloire avec nous".

"Caïn, vil meurtrier, qu'as-tu fait de ton frère ?

Voici le cadavre d'Abel î Son sang, encore chaud, s'imbibe dans la terre . . .

Voilà ton acte criminel !

Ce sang crie à mon coeur et demande vengeance

Assassin, tu seras maudit !

N'attends plus sur la terre aucune jouissance.

Aucune richesse, aucun fruit.

Malheureux, détesté, banni de tes semblables.

Tu seras pauvre et vagabond; De ton crime, partout, en traits abominables.

Tu porteras le signe au front.

Si l'on veut te tuer pour abréger ta peine.

J'arrêterai le bras vengeur; Et tant que tu vivras, monstre à la face humaine,

Tu promèneras ton horreur !"

Erudiniini

Qui n'a pas entendu cette grande parole Dont frémit encor l'univers ? . . .

O langage de Dieu ! . . . la nature frivole N'est plus rien avec ses concerts !

Admiramini et obshtpescife

Quelle est cett€ terreur qui s'empare du monde ?. . .

On n'entend plus le moindre bruit . . .

Tout se tait, dans les.cieux, sur la terre et sur Fonde,

Même les clameurs de la nuit.

Incrédules, debout! c'est le temps de vous rendre:

Le prodige va s'accomplir !

Au ciel levez les yeux : Dieu va se faire entendre :

Vous allez enfin tressaillir !

Vox de cœlis dicens.

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