IMAGES DE DIEU
OU Bonheur facile ici-bas.
Comme on entend, le soir, la brise qui soupire Et qui veut toujours soupirer ;
Comme l’eau qui murmure en un tendre délire Et qui veut toujours murmurer ;
Comme l'oiseau gazouille et l’insecte bourdonne ; Comme l'étoile brille au ciel ;
Comme le beau soleil resplendit et rayonne ; Comme tout chante l'Eternel...
Ainsi mon âme ardente a des élans suprèmes Vers les délices du bonheur...
Qui comblera mon âne en ses désirs extrêmes 2...
Qui pourra contenter mon cœur ?..
Mon cœur avec dégoût regarde les richesses, Les plaisirs et la volupté,
Les gloires, les honneurs, les vaines allégresses D'un monde affolé, transporté. .,.,..,
Le bonheur n’est pas là !.... Le bonheur n’est pas même Dans les plus candides amours ;
Car au sein du foyer domestique où l'on s'aime, On pleure, on soupire toujours... ,
Est-il dans le voyage ?... Est-il dans la science ?.. Est-il enfin dans l'amitié ?....
Non!. . Je trouve partout la fatale impuissance
Qui fait l’objet de ma pitié !
Mon Dieu, puisque mon âme est d'essence divine, Elle est faite pour le divin...
C'est done votre beauté, seule, qui me fascine, Comme l'ange et le séraphin....
Les bienheureux, au Ciel, contemplent sans nuages Votre face qui les ravit Ici, dans l'univers, on n’a que des images De votre incomparable esprit...
Eh! bien, plus votre image est belle, immense et pure, Plus elle a d'attraits pour mon cœur...
Et quand je vous vois là, présent dans lu nature, Je palpite, enfin, de bonheur !
Laissez-moi, vains soucis de la terre et du monde, Jouir de ces reflets de Dieu...
Mon bonheur est de voir l’immensité profonde, L'infini du firmament bleu,
L'étoile et le soleil, la lune et les nuages, Les mirages de l'horizon,
L'aurore et le couchant, les forêts, les bocages, Les fleurs, les ruisseaux, le œazon,
Les montagnes, les mers, les vallons et les plaines, Les papillons et les oiseaux...
Mon Dieu, de vos grandeurs et beautés souveraines Voilà les reflets les plus beaux!
Vous tous qui gémissez, à pauvres de la terre, Soyez done heureux avec moi.
Pour ces transports d'amour, de bi FE salutaire,
Tout homme est riche Comme un roi.
C'est gratuitement que le Bon Dieu nous Tant d'i images de sa beanté,
Dans cet éclat livin, qui sous nos yeux rayonne, Se trouve In félicité.
Pour Dieu si ravissant que notre cœur s'embrase ! Car rien qu'à regarder le ciel,
On pourrait ici-bas défaillir en extase,
Devant les traits de l'Eternel !
Mais ce bonheur terrestre est lui- -même une image Du bonheur que l’on goûte aux Cieux,
Lorsque Dieu nous fait voir son auguste visage Et «es ray ns délicieux...
Oh ! qu'il fera done bon dans l'inetfable empire De l'ineffable Majesté,
Puisque cet univers, où le divin transpire, Offre tant de suavité !....
Que j'aie, en attendant, au tien de l’espace, Pour mon regard un coin du Ciel,
Et je m'estime heureux d'un bonheur qui surpasse Tous les biens du monde mort:l !
Dés
en 70
J; me détache, alors, des vanités du monde, Comme un prisonnier de ses fers ;
Et mon âme, plus libre, en amour plus féconde, Imite l'aigle dans les airs :
Elle monte, elle plane, et monte et plane encore, Voulant toujours monter plus haut,
Dans cette immensité, vers le Dieu qu'elle implore, Pour l'aimer enfin sans défaut...
Car si l’on doit, au Ciei, avec Dieu se confondre, Pour ne faire qu'un avec lui,
A ce bonheur divin pourquoi ne pas répondre, Ne pas voler dès aujourd’hui ?
C’est là, dans un repos, dans une paix sublime, Que je perds tous les souvenirs De ce monde cruel, inexorable abîme Des malheureux et des martyrs. ....
Je ne me souviens plus ni de la calomnnie, Ni de l4 haine des méchants, Ni de l’adversité, ni de la maladie, Ni de la mort aux coups tranchants, Ni de la trahison, ni de l'ingratitude, Ni de la perte des amis, Ni de la pauvreté, ni de la solitude, Ni des affronts, ni des ennuis !
Et ue
Cest ià, dans un repos, ‘ans une prix sublime, Que Je sens lu force de Dieu ;
Mon âne ne craint pas, là-haut, d'être victime Des faiblesses de ce bas livu.....
L'erreur serait d'aimer les beuutés que j'adnire Sans y voir Dieu qui les crén:
Malheur à l’insensé que l'être aimable attire Et qui ne voit pas au-delà !....
Si l'on voit Dieu lui-même en ses pures images,
On ne sera Jrunais déçu :
Plus on voit, plus on aime, et plus nos amours sages Nous sont un bonheur abso!u !
Le monde me dira : “ La plus parfaite image Pour nous, de la divinité,
N'est-ce pas l'être humain au sublime visage ?...…. N'est-ce pas l'huinaine beauté ?” ...
Et moi, je lis: Sans doute!... Aussi voilà le piège Où vont tomber tant de mortels...
Avec ses dons brillants, notre esprit fait cortège À tous nos attraits corporels...
Un tel être est si beau qu'on l'aime pour lui-même, Comme s’il était notre fin ;
Et nous cherchons alors notre bonheur suprême Ailleurs que dans l'Etre Divin!
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Le monde me dira : “ Le pouvoir de la vue Ne saurait être si puissant :
Il faut, pour bien jouir de la beauté perçue, La tenir d'un cœur embrassant !”
Et moi, je lui réponds: L'âme est vite blessée Par les émotions du cœur ;
Plus on aime et jouit par l'œil et la pensée, Plus on goûte un noble bonheur !
Oh! qu'il nous soit done doux, en regardant la terre, D'aimer comme l'on aime aux Cieux,
Où dans un océan de divine lumière, On n'aura besoin que des yeux !
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UE de fois, sur un fleuve, nu milieu de mes rêves, &æ Assis dans une barque et le cœur plein d'effroi,
Au gré d'un fort courant, je glisse malgr Sans pouvoir me fixer un instant sur les