‹ Élévations poétiques [microforme]Chapitre 6 sur 63 · EN LISANT LES POÉSIES D'HYPPOLITE VIOLEAU · texte numérisé non relu

EN LISANT LES POÉSIES D'HYPPOLITE VIOLEAU

DEPOLLEE TES

Poëme composé en 1870

assique, tout en cultivant un peu les muses, av

du choix d'an état de vie et inc siastique,

Aux dissipations je cherche à me soustraire, M'écartant de la foule et m'abstenant des jeux : Mais on ercit sur mon front voir l’omt

re du mystère, Lorsqu'aux vers du poète,

en un coin solitaire, J'attache mon cœur et mes yeux.

On s'arrête; on s'étonne: et l'on ne peut comprendre

Par quels charmes alors Je puisse être bercé.

De quelques mots railleurs on ne peut se défendre ;

Parfois à mon oreille ils se sont fait entendre ;

Et même on a dit: * L'insensé !

L'insensé, croirait-il imiter du poète

Les chefs-d’œuvre qu'il lit et qu'il adinire tant ? Voudrait-il de la gloire essayer la conquête ? Rôverait-il déjà des lauriers sur sa tête ?

Déjà le triomphe éclatant ?”

Oui, l'envie a parlé : J'en ai la certitude ! Mais moi, je me console et n'en suis pas aigri ; Car je sais que toujours contre la multitude Ceux-là doivent lutter, qui, dans la solitude,

Cachent leur cœur endolori.

, alors que l'auteur, à la fin de son couts ait l'esprit préoccupé linait déjà fortement vers l'état ec lé-

RTS

Je suis trop heureux avec toi !

Car je porte en mon cœur une peine incessante. ...

Que m'importe l'envie où la méchanceté ?

J'ai besoin de nourrir mon âne lanigaissante :

Tes prières, tes chants, muse compatissante, Ah! voilà ma félicité.

Je les aime, ces chants, rayonnants de wénie,

Inspirés par le ciel et faits pour Jéhova,

Pleins de foi, de vert, de tendresse intinie,

Sublimes de douceur, de grâce et d'harmonie. . Que de charmes j'ai trouvés là !

Si nobles sont tes vers, si chrétienne ta lyre !

O poète chéri, que je te comprends bien !

Ta muse me ranime et m'excite et m'inspire ;

Je pleure de tes pleurs ; avec toi Je soupire ; Mon cœur est un écho du tien !

Ta vie est malheureuse, et la mienne y ressemble ;

Hélas ! j'ai comme toi des jours si tourn.entés !

Mais lorsque je te lis, bien souvent il me semble

Que mes propres chagrins, avec les tiens ensemble, Par ta lyre ont été chantés.

Ainsi le cœur de l’homme est donc toujours le même :

Partout fait pour gémir, et partout gémissant,. Au chemin de la vie, infortune suprême,

Il se heurte à des maux d’une amertume extrême Qui le déchirent en passant,

rs

C'est alors qu'inspiré, son cri se fait entendre ; Il tressaille, il palpite, il frémit de douleur : O langage sucré, mystérieux et tendre! .

Heureux qui suit remplir la tâche de bien rendre Ces transports lyriques du cœur !

Comme chante, sur l'onde, au milieu du silence, Un cygne au cri plaintif, mélancolique et doux, Ïl saisira la harpe, et mû par la souffrance, Il chantern, Seigneur, avec magniticence,

Et ces chants-là seront pour vous,

Il semble défaillir quand su lyre attendrie Ne se prête qu'aux pleurs et qu'aux gémissements ; Mais il est ferme encore; il s'encouruge et prie ; Il nous montre les Cieux, l'éternelle patrie, Où finiront tous les tourments.

Aimer... prier.... chanter. ... voilà bien le poète ! Voilà sa mission... Violeau, te voilà.

Non, ta douleur à toi n'a pas été muette ; Car un ange t'a dit, voix pieuse et discrète : Prends la harpe, ta vie est là !

Ton infortune étrange éveillait ton génie, Et ton cœur était plein de tendresse et d'amour : La poésie, alors, en longs flots d'harmonie, S'écoula de ton âme ; et ta harpe bénie

Vibre encore de jour en jour.

De jour en jour, ta voix retentit et console ;

Tu relèves l'espoir, le courage abattu....

Comme l'oiseau charmé vers le bosquet s'envole, Ainsi l’on monte aux Cieux, loin du monde frivole, Quand tu nous parles de vertu.

Pourtant, c'est bien en vain qu'en un jour de délire, J'ai cru le feu céleste en mon cœur descendu : Pour des êtres chéris, vers lesquels je soupire,. .. , J'ai voulu comme toi frire vibrer In yre;(*)

Mais je suis resté confondu,

Car je n'ai pu tirer aucun son d'harmonie, Quand je chantais In foi, l'amour et le trépns !

En accords, dites-vous, ln lyre est infinie ;

Oui, mais pour les produire, il vous faut du génie. ,

Que peut celui qui n'en a pas ?

L'oiseau brave les airs d'un vol fort et rapide ;

Il joue avec le vent et n'est Jamais tombé :

Mais l'oisillon craintif, impuissant et timide,

Ne peut voler si haut, car son aile est pertide. ... Voilà pourquoi j'ai succombé,

Nocher présomptuenx, j'ai fait ninsi naufrage ;

Quittant le bord, j'ai vu ma nacelle sombrer,

Mais qu'importe ? Aujourd'hui je retrouve courage... ,

Le beau temps, sur les flots, ne suit.il pas l'orage ?,... | Je ne veux pas désespérer.

Aux rayons du soleil le printemps se ranime :

Plus doux sont les zéphirs : plus dorés sont les jours...

Et moi qui me nourris du poète sublime,

De mes enivrements je resterais victime !.... Incapable, infirme toujours !.….

————— mme miens ——————à

(*) Allusion à Ja pièce précédente : Une nuit sur la tombe de ma

mére,

Oh! non; car Dieu lui-même éclairera mon À:

Dieu vers qui je reviens avec tout mon Amour, Je consacre nu Seigneur et mn v J'attendrai done de lui e

Chunter et prier tour à tour.

Tous les hymnes, les chants, accords à ma lyre,

Seront à vous, pour vous, 6 Maitre souverain. À mes efforts, Dieu bon, tu duigneras sourire : Je veux tout recevoir de tu mi un qui m'attire,

Et tout rapporter duns tu main.

On ne me verra pus, ingrat et sacrilège,

Renier Dieu, le Christ, l'E slise et la vertu,

Car je me souviendrni de mes jours de collège ;

Toujours ; Je combattrni l'enfer qi! ui nous assiège, Pour que Satan soit abattu.

‘ Infâmes scéléruts, que le Ciel vous confonde ! Qu'il maudisse à jamais votre malignité !”,,., Voilà mon cri de guerre à cette race immonde, À tous ces mécréants qui traversent le :10nde

En ÿ préchant l'iniquité.

Pareil à ce nocher. — lorsqu'éclate l'orage, Lorsque mugit sur mer l'ouragan furieux, — Qui, debout dans sa barque, et fort de son courage, Sauve les naufragés et les mène au rivage, .., Je sauverai les malheureux.

Barde et prêtre, j'irai, dans l'ardeur qui m'anime, Sur la mer de ce monde, au milieu des humains : Eclairé par le sort dont li lipie est victime,

Je saurai leur crier, en leur montrant l'abime

Où s'engloutissent les monduins :

ie et ma flamme :

*# que mon cœur réclame :

* Prenez garde, mortels voyez ce gouffre immense : N'ullez pas y périr dans votre imiquité :

Au large! au large! au large! avec persévérance, Et vous irez tout droit le cœur plein d'espérance,

Au port de la félicité.”

Mais que dis-je, 6 mon Dicu ! Quelle est cette chimère ? Quel est ce rêve fou, ce désir criminel ?

Je ne suis que néant, que misère et poussière ; Comme un ver abhorré, je rampe sur la terre...

Et je chanteruis pour le Ciel !

Qui te louera, Seigneur, d'une voix presqu'éteinte ? À plus digne que moi ce bonheur est permis.

Je t'adore, à mon Dieu !—je t'adore avec crainte ; Que je vive où je meure, à ta volonté sainte

Je veux être toujours soumis,

Poète ou non, je suis quelle est ma destinée :

Mu destinée, à moi, c'est de t'aimer, Seigneur !

Ma vie est-elle heureuse, est-elle infortunée,

Qu'importe ?—à te servir mon âme est entrainée : Là seulement est mon bonheur.

Seigneur, tu vois l'encens, dans une urne embaumée, S'élever dans les airs et monter jusqu'à toi : Puissent monter ainsi ma prière entlammée Et les brûlants soupirs de mon âme charmée,

Pleine d'amour, pleine de foi!

Que je t'aime, Seigneur, et te serve sans cesse ; Que je trouve en toi seul ma joie et mes plaisirs ; Veille sur tous mes pas ; protée ma jeunesse ;

Sois mon consolateur dans mes jours de tristesse ; Voilà mon Dieu, tous mes désirs !

ALLEGRESSES DE NOEL:

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De ce Christ SUEPISSANE Nos HIAUX et nos essttre Venus aussi tressaillez enfin!

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(y otre Cienr etitl tes Votre ste Ltenrsiri Eclate en frissons de bonheur

Pressaillez et venez, ang ilques | unir

Dons un flot de lumière er tonnez i De cet Enfant piein de douceur ‘

Vous tous, humbles berwers répandus dans la plaine,

Tressaillez: vos troupeaux resteront [à sans peine :

Venez à la crèche et voyez !

Vers l'Etoile qui brille nécourez, à rois Mages : Î : « A l'Enfant danx létable hpportez Vis honiugren <

Prosternez-vous ot ticssuillez !

OU peuples, tressnillez d'espérance et de joie : Cet adorable Enfant nous ouvrira lu voie Qui mène au royaume éternel !

Vous même tressaillez, Ô grand Dieu, notre Père :

Grâce à l'Enfant béni, victime salutaire, Vous pourrez peupler votre Ciel !

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