‹ Elévations sur les mystèresChapitre 151 sur 229 · BEUREUSE RENCONTRE DE SIMÉON ET DR JÉSUS · texte numérisé non relu

BEUREUSE RENCONTRE DE SIMÉON ET DR JÉSUS

11 vint en esprit au temple au moment que le père et la mère de Jésus l'y portaient, selon la coutume prescrite par la loi ^. » Heureuse rencontre, mais qui n'est pas fortuite ; heureuse rencontre de venir au temple au moment que Joseph et Marie y portaient l'enfant! C'est pour cela que les anciens Pères grecs ont appelé ce mystère « la rencontre. » Mais la rencontre parmi les hommes paraît au dehors comme un effet du hasard : il n'y a point de hasard : tout est gouverné par une sagesse dontl'infinie capacité embrasse jusqu'aux moindres circonstances. Mais surtout l'heureuse rencontre de Siméon avec Jésus porté dans le temple par ses parents, est dirigée par un ordre spécial de Dieu. Dieu détermina le moment où l'on se devait rencontrer. Par quel esprit Jésus vint-il au temple? S'il est écrit que « le Saint Esprit le mena dans le désert *, n ne doit-on pas dire de même que le Saint-Esprit le mena dans le temple, qu'il y mena aussi Joseph et Marie? Voici donc l heureuse rencontre conduite par ie Saint-Esprit : le même Esprit qui mena au temple Joseph,

*I Cor., XV, 28. — 2 Ilebr., xii, 22. — 3 Luc, ii, 27. — * Ibid.,iw, 1.

Marie et Jùsus, y mena aussi Sim(^on. Il cherchait Jésus : mais pliilôl et premièrement Jésus le cherchait, et voulait encore plus se donner à lui que Siméon ne voulait le recevoir.

Mettons-nous donc en état d'être menés par le môme Esprit qui mène Joseph, qui mène Marie, qui mène Jésus; et pour cela dépouillons-nous de notre propre esprit : car ceux qui sont conduits par leur esprit propre ne peuvent pas être conduits par l'Esprit de Dieu et de Jésus- Christ.

Mais qu'est-ce que cet esprit propre? Apprenons aie connaître. Cet esprit propre consiste dans la recherche de ses avantages : et l'esprit de Jésus-Christ consiste aussi à se réjouir des avantages, si l'on peut ainsi parler, et de la gloire de Dieu en Jésus- Christ.

« Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je retourne à mon Père, parce que mon Père est plus grand que moi * ; » et que retourner à lui, c'est retourner à ma naturelle et originaire grandeur : c'est là se réjouir de la gloire et des avantages de Jésus-Christ. D'autres sont dévots dans la maladie, dans les grandes affaires du monde, afin qu'elles réussissent. Que de messes, que de prières, que de billets dans les sacristies, pour engager Dieu dans leurs intérêts et le faire servir à leur ambition I Ceux-là n'entrent pas au temple dans l'esprit de Jésus- Christ, et ne l'y rencontrent pas. Laissons là ces dévots grossiers : en voici de plus spirituels. Ce sont les apôtres qui semblent se réjouir en Jésus-Christ môme; et qui, touchés de sa douce conversation, ne peuvent se résoudre à le voir partir. Ce sont de faibles amis qui aiment leur joie plus que la gloire de celui qu'ils aiment. Ils quitteront l'oraison, pour peu qu'elle cesse à leur apporter ces délectations sensibles. Ce sont ceux que Jésus- Christ appelle « disciples pour un temps, qui reçoivent d'abord la parole avec joie, mais à la première tentation l'abandonnent 2. » La vérité ne les règle pas, mais leur goût passager et spirituel.

Que dirons-nous de ceux qui viennent dire au Sauveur avec un mélange de joie sensible et humaine : « Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en votre nom ^. » Ils semblent se réjouir de la gloire de Notre-Seigneur, au nom duquel ils rap-

» Joan.y XIV, 28. — * luc.^ viii, 13. — 3 Ibid.^ x, 17.

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