‹ Elévations sur les mystèresChapitre 155 sur 229 · CONTRADICTIONS · texte numérisé non relu

CONTRADICTIONS

« Cet enfant que vous voyez est pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs dans Israël*. » C'est ce qu'opère tout ce qui est haut et ce qui est simple tout ensemble. On ne peut altein-

' Fsal. viir, 2, 5 ; Psal. xxx, 10. — 2 Apoc.^xVf 4.-3 Apec, viii, 1. — ^ Luc, 11,34.

XVIll* SEMAINE. — XII° ÉLÉVATION. 289

dre à sa hauteur : on dédaigne sa simplicité : ou bien on le veut atteindre par soi-môme; et on ne peut, et on se trouble, et on se perd dans son orgueil. Mais les humbles cœurs entrent dans les profondeurs de Dieu sans s'émouvoir, et, éloignés du monde et de ses pensées, ils trouvent la vie dans la hauteur des œuvres de Dieu.

« Et il sera en butte aux contradictions des hommes*. » Siméon est inspiré de parler à fond à Marie, qui plus que personne a ces oreilles intérieures où le Verbe se fait entendre. Ouvrons l'Évangile, et surtout celui de saint Jean où le mystère de Jésus- Christ est découvert plus à fond : c'est le plus purfait commentaire de la parole de Siméon. Écoutons murmurer le peuple. « Les uns disaient : C'est un homme de bien; les autres disaient : Non, il trompe le peuple et abuse de sa crédulité. N'est-ce pas lui qu'ils voulaient faire mourir? Et il prêche, et personne ne lui dit mot : les prêtres auraient-ils connu qu'il est le Christ? Mais on ne saura d'où viendra le Christ, et celui-ci nous savons d'où il est venu 2. Que veut-il dire, qu'on ne peut aller où il va? Irat-il aux gentils dispersés; et s'en rendra-t-il le docteur? Les uns disaient : C'est le Christ; les autres disaient : Le Christ doit-il venir de Galilée? Ne sait-on pas qu'il doit venir de Bethléem? Il y eut donc sur ce sujet une grande dissension ^, » et le voilà « en butte aux contradictions des hommes. »

Poursuivons. Jésus répète encore une fois : « Je m'en vais, et vous ne pouvez venir où je vais. » Où ira-t-il? « Se tuera-t-il lui-môme*, » afin qu'on ne puisse le suivre? Ce n'étaient pas seulement les infidèles et les incrédules qui contredisaient à ses paroles : ceux qui croyaient, mais non pas encore assez à fond, aussitôt qu'ils lui entendirent dire cette parole la plus consolante qu'il ait jamais prononcée : « La vérité vous affranchira, » s'emportèrent jusqu'à oublier leurs captivités si fréquentes, et jusqu'à lui dire : Vous nous traitez d'esclaves : « nous n'avons jamais été dans l'esclavage". » Il leur fait voir leur captivité' sous le péché, dont lui seul pouvait les affranchir : ils ne veulent point s'apaiser; et de discours en discours, pendant que Jésus leur dit la vérité, ils s'emportent jusqu'à lui dire qu'il était «un samaritain et possédé du malin esprit, » sans être touchés de

> Luc.,u, 34.-2 Joan., vu, 12, 2f.-27. — 3 IbU., 35 et seq. — * /6irf., vin, 21, 22. — 5 Ibid., 32-3 i et seq.

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