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sa douceur : rentretien se finit par vouloir prendre des pierres jtour le lapider.
Continuons. « Je donne, leur dit-il, nna vie de moi-mônne, et personne ne nne la peut ôter*. » Et il s'élève sur cette parole de nouvelles dissensions : « C'est un possédé, disaient les uns, c'est un fol; pourquoi l'écouter davantage? D'autres disaient : Ce ne sont pas là les paroles d'un possédé; un possédé rend-il la vue à un aveugle-né^? » Les contradictions étaient fortes; les défenseurs étaient faibles; et le parti des contradicteurs devint si fort, qu'à la fin il met en croix l'innocence môme. « Ils s'amassent pourtant autour de lui; » et avec une bonne foi apparente ils lui disent : « Pourquoi nous faire mourir et nous tenir toujours en suspens? Si vous êtes le Christ, dites-le-nous ouvertement '. » Il le leur avait dit tant de fois, et ses œuvres mêmes parlaient; ce qui lui fait dire : « Je vous le dis, et vous ne me croyez pas; » et quand je me tairais, « les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi *. » Ils ne l'en croient pas, et ils en reviennent à prendre des pierres pour le lapider : tant ii était né pour essuyer les contradictions du genre humain.
On le chicanait sur tout : « Pourquoi vos disciples méprisentils nos traditions? Ils se mettent à table sans se laver ^. » Voici une chicane bien plus étrange. « Cet homme ne vient pas de Dieu : il fait des miracles et il guérit les malades le jour du sabbat*^. » Ils n'eussent « pas craint le jour du sabbat de retirer d'un fossé leur âne ou leur bœuf "^ : » mais guérir le jour du sabbat une fille d'Abraham, et la délivrer du malin esprit dont elle était opprimée, c'est un crime abominable. Faut-il s'étonner si on contredit sa doctrine et ses mystères, puisqu'on trouve mauvais jusqu'à ses miracles et à ses bienfaits?
XnV ÉLÉVATION.
d'od naissent ces contradictions
Vous êtes d'en bas, et je suis d'en haut® : » je viens apprendre aux hommes des choses hautes qui les passent; et les hommes superbes ne veulent pas s'humilier pour les recevoir.
1 Joan., X, 18. — 2 Ibid., 19-21. — 3 lôid., 24. — ^ Ibid., 25, 3t. ^ Malih., XV, 2. — 6 Joan., ix IG. — "'Luc, xiv,3-25. — 8 Joan. viii., 3,
XVIIl" SEMAINE. — Xlir ÉLÉVATION. 291
« Vous êtes du monde, et je ne suis pas du monde * : » Vous êtes charnels et sensuels; et ce que je vous annonce qui est spirituel, ne peut entrer dans votre esprit. 11 faut que je vous régénère, que je vous renouvelle, que je vous refonde, car « ce qui est né de la chair est chair*, » et on n'est spirituel qu'en renaissant et en renonçant à sa première vie.
« La lumière est venue au monde; et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. » Car « celui qui fait mal hait la lumière ; et il ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient manifestées 3. »
Voilà trois paroles du Fils de Dieu, qui contiennent trois raisons pour lesquelles les hommes n'ont pu le souffrir. Ils sont superbes, et ils ne veulent pas s'humilier pt)ur recevoir les sublimités qu'il leur annonce : ils sont charnels et sensuels, et ils ne veulent pas se dépouiller de leurs sens pour entrer dans les choses spirituelles où il les veut faire entrer : ils sont vicieux et corrompus, et ils ne peuvent souffrir d'être repris par la vérité.
« Vous me voulez faire mourir, dit le Sauveur, parce que ma parole ne prend point en vous et n'y trouve point d'entrée *. « Ainsi elle vous révolte, parce que vous ne pouvez y entrer. Comme jamais il n'y eut de vérité ni plus haute, ni plus spirituelle, ni plus convaincante et plus vivement reprenante que celle de Jésus-Christ, il n'y eut jamais aussi une plus grande révolte ni une plus grande contradiction. C'est pourquoi il en faut venir jusqu'à la détruire, jusqu'à faire mourir celui qui l'annonce. « Vous cherchez à me faire mourir, moi qui suis un homme qui vous dis la vérité. » Voilà le sujet de voire haine: « Vous ne connaissez pas mon langage. » Pourquoi? « parce que vous ne pouvez pas seulement écouter ma parole ^ : » elle vous est insupportable, parce qu'elle est vive, convaincante, irrépréhensible.
C'est la grande contradiction que souffre Jésus : les hommes se révoltent contre lui, parce qu'ils ne veulent pas se convertir, s'humilier, se mortifier, combattre leurs cupidités et leurs passions. Ils aimeront quelquefois ses vérités qui sont belles en elles-mêmes: quand elles se tournent en jugement, en ré-
» Joan., viii, 23. — 2 Ibid., iir, 6.— 3 Ibid, 19 50. — * lbid.,\m, 37. ~ 6 jbid., 40, 42.
préhension, en correction, ils se révoltent contre lui et contre les prédicateurs qui prêchent les vérités fortes ; et contre les supérieurs, contre les amis qui nous mettent nos défauts devant les yeux, et qui troublent le faux repos d'une mauvaise conscience. C'est de ce côlé-là plus que de tous les autres que Jésus-Christ est « en butte aux contradictions, » et cet endroit est pour lui le plus sensible.
xiv« Elévation.