‹ Elévations sur les mystèresChapitre 185 sur 229 · MONDE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

MONDE JÉSUS-CHRIST

Souvenons-nous que la préparation des voies a été mise en deux choses: dans la prédication de la pénitence,. et dans la désignation de la personne de Jésus-Christ. Nous avons vu !a première: passons à la seconde.

^aint Jean annonce aux Juifs plusieurs choses de Jésus-Christ : la première, qu'il allait venir; la seconde, qu'il était déjà au milieu d'eux sans être connu ; la troisième, qui il était et quelle était sa puissance.

Pour expliquer ce troisième point, il fallait que Jean commençât à se dépriser lui-même : « Je ne suis pas, disait-il, celui que vous croyez: il en vient un après moi, qui est plus puissant que moi et dont je ne suis pas digne de porter ni de délier les souliers *. »

Ce n'était pas assez de parler ainsi en général: il explique en quoi consistait cette prééminence de Jésus-Christ. Il la fait consister, premièrement, dans son éternelle préexistence: « Celui, dit-il, qui est venu après moi, a été mis devant moi, a été fait mon supérieur 2, » parce qu'il était devant moi de toute éternité. Il était, et ce qu'il était avant Jean de toute éternité, a été cause de l'avantage qu'il devait avoir sur lui dans le temps, et de ce qu'il a été fait son supérieur. La prééminence de Jésus-Christ consiste, en second lieu, dans sa plénitude: «Il est plein ^ », car tout est en lui et il est la source de la grâce: ainsi elle regorge de sa plénitude ; la grâce se multiplie en nous sans mesure : une grâce en attire une autre: la grâce de la prière attire celle de l'action : la grâce de la patience attire celle de la consolation : la grâce qui nous rend fidèles dans les moments, attire celle de la persévérance ; la grâce de cette vie attire celle de l'autre. « Moïse a donné la loi* » qui était stérile, et ne consistait qu'en

* Acf., xiK, 25; Matth., ni, 11 ; Marc, i, 7 ; Luc, m, 16 ; Joan., i, 27. ^^Joan., I, 15, 24. — 3 Ibid., i, H. — * Jbid., 17.

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