PREMIÈRE SEMAINE. — VIII'' ÉLÉVATION
t-il?» Cette femme ne sera-t-elle pas souillée et abominable? « Et iioi, » âme pécheresse, « tu t'es livrée à tous les amants. » Ce n'est pas moi qui t'avais quittée: non, je suis un époux fidèle et qui jamais ne fais divorce de moi-môme : c'est toi, âme 1 nfidèle, qui m'as abandonné et t'es donnée non pas à un seul amant, mais à mille et mille corrupteurs. « Reviens toutefois à moi, dit le Seigneur, et je te recevrai *. Regarde de tous côtés, » et tant que ta vue se pourra étendre, tu ne verras que des marques de tes infamies. « En quel lieu ne t'es-tu pas prostituée, » âme impudique et livrée à tous les désirs de ton cœur? «Tu étais comme exposée dans les chemins publics, » et il n'y avait créature aucune qui ne captivât ton cœur. Te répéterai-je tes vengeances, tes envies, tes haines secrètes, ton ambition à laquelle tu sacrifiais tout, tes amours impures et désordonnées? « Toute la terre a été souillée de tes prostitutions et de tes malices. Tu as le front d'une impudique : tu n'as pas rougi de tes excès. Reviens donc du moins dorénavant : appelle-moi ton Père, » ton Époux « et le conducteur de ta virginité. Pourquoi veux-tu toujours t'éloigner de moi comme une femme courroucée, et veux-tu persister dans ton injuste colère? Tu as dis que tu ferais mal, tu t'en es vantée, et tu l'as fait, et tu l'as pu 2. » Je t'ai abandonnée à tes voies : « Reviens, infidèle, et je ne détournerai pas mes yeux de toi, parce que je suis le Saint, dit le Seigneur; et ma colère ne sera pas éternelle. Connais seulement ton iniquité et que tu as prévariqué contre le Seigneur. 11 n'y a point d'arbre feuillu dans la forêt qui ne soit témoin de ta honte : » il n'y a point de vain plaisir qui ne t'ait déçue, « et tu ne m'as point écouté, dit le Seigneur. Convertissez-vous, enfants rebelles; convertissez-vous ^ » et revenez à la maison paternelle, enfants prodigues*; on vous rendra votre première robe: on célébrera un festin pour votre retour: toute la maison sera en joie; et votre père, touché d'une tendresse particulière, s'excusera envers les justes qui ne l'ont jamais quitté, en leur disant : « Vous êtes toujours avec moi; mais il faut que je me réjouisse, parce <]ue votre frère était mort, et il est ressuscité : il était perdu, et il a été retrouvé^. » Réjouissez-voîis avec moi et avec tout le c\e\ qui fait une fête de la conversion des pécheurs, et « conçoit une joie plus grande pour le retour d'un seul que pour la persévé-
i Jerem., m, 1. — 2 Ibid., 2, 3, 4, 5. — 3 Ibid., in, 12-14. — • Luc, iv, 22, 23 et scqq. - » Ihid., 31, 32.
rance de quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pus besoin do pénitence ^ »
« Kcvenez donc, enfants désobéissants; » revenez, épouses infidèles, (( parce que je suis votre Époux 2. fc^st-ce ma volonté que l'impie périsse, et non pas qu'il se convertisse et qu'il vive? Convertissez-vous, faites pénitence, et votre pécbé ne vous tournera pas à ruine : éloignez de vous toutes vos prévarications et vos désobéissances, et faites-vous un cœur nouveau et un nouvel esprit. Et pourquoi voulez-vous mourir, enfants d'Israël, » pendant que moi, moi que vous avez offensé, je veux votre vie? « Non, je ne veux pas la mort du pécheur, dit le Seigneur Dieu : revenez et vivez 2. »
« C'est moi, c'est moi-même qui efface vos iniquités pour l'amour de moi-même » et pour contenter ma bonté : « et je ne me ressouviendrai plus de vos péchés. Seulement, souvenez-vous de moi: entrons en jugement l'un avec l'autre: «je veux bien me rabaisser jusque-là : « Plaidez votre cause : avez-vous de quoi justifier vos ingratitudes *, « après que je vous ai pardonné tant de fois? « Jacob, souvenez-vous-en, ne m'oubliez pas : j'ai effacé comme un nuage vos iniquités : j'ai dissipé vos péchés » comme le soleil dissipe un brouillard : pécheurs, « retournez à moi, parce que je vous ai rachetés. 0 cieux, chantez ses louanges : terre, faites retentir vos louanges d'une extrémité à l'autre : montagnes, portez vos cantiques jusqu'aux nues, parce que le Seigneur a fait miséricorde ^. Autant que le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant a-t-il exalté et affermi ses miséricordes : autant que le levant est loin du couchant, autant a-t-il éloigné de nous nos iniquités : comme un père a pitié de ses enfans, ainsi Dieu a eu pitié de nous, parce qu'il connaît » nos faiblesses et « de quelle masse nous sommes pétris. Nous ne sommes que boue et poussière : nos jours s'en vont comme une herbe et tombent comme une fleur : et notre âme, » plus fragile encore que notre corps, « n'a point de consistance *. »
» Luc, 6, 7. — 2 Jerem.y m, 14. — 3 Ezech., xviii, 23, 30-32. — ♦ Ibid., xLiii, 25, 2C. — 6 Isa., xliv, 21-23. — 6 Psal. en, ll-lô.