‹ Elévations sur les mystèresChapitre 20 sur 229 · PREMIÈRE SEMAINE. — IX° ÉLÉVATION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SEMAINE. — IX° ÉLÉVATION

IX'' ÉLÉVATION

l'amour de dieu méprisé est implacable.

« Parce que vous n'avez pas voulu servir le Seigneur votre Dieu avec plaisir et dans la joie de votre cœur, dans l'abondance de tous biens, vous serez assujetti à un ennemi implacable que le Seigneur enverra sur vous, dans la faim et dans la soif, dans la nudité et dans la disette : et il mettra sur vos têtes un joug de fer dont vous serez accablé * : et com me le Seigneur a pris plaisir de vous bien faire, de vous multiplier, de vous enrichir à pleines mains : ainsi il prendra plaisir de vous perdre, de vous détruire, de vous écraser 3. » Pesez ces paroles : la mesure de vos tourments sera l'amour méprisé.

« Pourquoi criez-vous vainement, et que vous sert de pousser jusqu'au ciel vos plaintes inutiles sous la main qui vous brise? « Votre fraclure est incurable : la gangrène est dans votre plaie, et il n'y a plus de remède : il n'y a plus pour vous de baume ni de ligature. Je vous ai frappé d'un coup d'ennemi 3, » d'une plaie cjuelle : non d'un châtiment paternel pour vous corriger, mais du coup d'une main vengeresse et impitoyable, pour contenter une inexorable justice. « Vos péchés sont devenus durs » par la dureté de votre cœur, par vos habitudes invétérées, par votre inflexibilité dans le mal : et moi aussi, dit le Seigneur, je m'endurcirai sur vous et j'oublierai que je suis Père. Vous implorerez en vain ma miséricorde: poussée à bout par vos ingratitudes : votre insensibilité fait la mienne : « Je vous ai fait ce cruel et insupportable traitement à cause de la multitude de vos crimes et de vos durs péchés *: » à cause de la dureté inflexible de votre cœur rebelle et opiniâtre. « Il est temps que le jugement commence par la maison de Dieu ^. » Amenez-moi Jérusalem : amenez-moi cette âme comblée de tant de grâces : «je la perdrai ; je l'effacerai comme on efface une écriture dont on ne veut pas qu'il reste aucun trait : je passerai et repasserai un stylet de fer sur son visage ^,» et il n'y restera rien de sain et d'entier.

1 Deuter., xxvni, 47, 48. — 2 ibid., 63. — 3 Jerem., xxx, 12-14. — * lôid., 15. — 5 I Petr., iv, 17. — 6 IV lîeQ., xxr, 12, 13.

18 ÉLÉVATIONS SDR LKS MY^TF'RES.

X" ÉLÉVATION

LA SAINTETÉ DE DlliU : DIKU EST LE SAINT d'iSRAEL.

Dieu se délecte particulièrement dans le nom de Saint. Il s'appelle très souvent « le Saint d'Israël * : » il veut que sa sainteté soit le motif, soit le principe de la nôtre: « Soyez saints, parce que je suis saint ^, » dit le Seigneur. Sa sainteté, qui fait la consolation de ses fidèles, fait aussi l'épouvante de ses ennemis. « A qui est-ce que tu t'attaques, « Rabsace insensé : « de qui as-tu blasphémé le nom : contre qui as-tu élevé ta voix et lancé tes regards superbes? Contre le Saint d'Israël. Pendant que tu t'emportais comme un furieux contre moi, ton orgueil est monté jusqu'à mes oreilles ; et voilà que je mettrai un frein à ta bouche, et un cercle de fer à tes narines ; et je te ramènerai au chemin par où tu es venu ^. » Et ailleurs : « Le vagilant et le saint est descendu du ciel * : » c'est un ange, si vous voulez ; quoi qu'il en soit, sa puissance est dans sa sainteté : et la sentence est partie d'en haut, « et il a crié puissamment : Coupez l'arbre, abattez ses branches : il a été ainsi ordonné dans l'assemblée de ceux qui veillent toujours : c'est la sentence des saints, » dont la force est dans leur sainteté. Et après: « Le royaume a été donné au peuple des saints du Très-Haut ^, » parce qu'il est saint et le tout-puissant protecteur de la sainteté. Les païens mêmes savaient sa puissance attachée à la sainteté du nom divin : la reine vint dire au roi Balthazar : « Il y a un homme dans votre royaume qui a en lui-même l'esprit des saints Dieux ^ ; » c'était-à-dire l'esprit de prédiction et d'une efficace divine.

« J'ai vu le Seigneur assis sur un trône élevé et haut, et ce qui était au-dessous de lui remplissait le temple : deux séraphins étaient autour, l'un avait six ailes, et l'autre autant : deux ailes couvraient la face du Seigneur, deux voilaient ses pieds, et les deux autres servaient à voler: et ils criaient l'un à l'autre, et ils disaient : Saint, saint, saint, le Seigneur Dieu des armées ; toute

1 Psal. Lxx, 22; Isa., xii, 6, et alibi. — 2 Levit.^ xi, 44, 45; xix, S, et alibi. — s IV Reg., xix, 22, 28; Isa., xxxvii, 23, 29. — * Dan,, iv, 10, II, H. — e Ibid., VII, 18, 22. — ^Md., v, 10, 11.

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