DE LA PUISSANCE DU DÉMON SUR LE GENRE HUMAIN
Quand Dieu créa les purs esprits, autant qu'il leur donna de part à son intelligence, autant leur en donna-t-il à son pouvoir : et en les soumettant à sa volonté, il voulut pour l'ordre du monde que les natures corporelles et inférieures fussent soumises à la leur selon les bornes qu'il avait prescrites. Ainsi le monde sensible fut assujetti à sa manière au monde spirituel et intellectuel : et Dieu fit ce pacte avec la nature corporelle, qu'elle serait mue à la volonté des anges, autant que la volonté des anges, en cela conforme à celle de Dieu, la déterminerait à certains effets.
Concevons donc que Dieu, moteur souverain de toute la nature corporelle, ou la meut, ou la contient dans une certaine étendue à la volonté de ses anges. Parmi les esprits bienheureux, il y en a qui sont appelés des vertus, dont il est écrit : « Anges du Seigneur, louez Dieu : louez Dieu, » vous qu'il appelle « ses vertus pu ses puissances ^ ; » et encore : « Anges du Seigneur, bénissez le Seigneur : Vertus du Seigneur, bénissez le Seigneur ^. » C'est
1 Luc, IV, G. — 2 Psal. eu, 20, 21. — 3 Oan., m, bS;Gl — Psal.