IV* SEMAINE. — PREMIÈRE ÉLÉVATION
chanterai vos merveilles en leur présence '; » et je m'unirai en foi et en vérité à cette immense multitude des habitants de votre saint temple, de vos adorateurs perpétuels dans le sanctuaire de votre gloire.
0 Dieu, qui avez daigné nous révéler que vous les avez faits en si grand nombre, vous avez bien vouKi nous apprendre encor<î que vous les avez distribués en neuf chœurs ; et votre Ecriture qui ne ment jamais et ne dit rien d'inutile, a nommé « des anges, des archanges, des vertus, des dominations, des principautés, des puissances, des trônes, des chérubins, des séraphins^. )) Qui entreprendra d'expliquer ces noms augustes, ou ou de dire les propriétés et les excellences de ces belles créatures? Trop content d'oser les nommer avec votre Écriture toujours véritable, je n'ose me jeter dans celte haute contemplation de leurs perfections; et tout ce que j'aperçois, c'est que parmi ces bienheureux esprits, les séraphins, qui sont les plus sublimes et que vous mettez à la tête de tous les célestes escadrons le plus près de vous n'osent pourtant lever les yeux jusqu'à votre face. Votre prophète qui leur a donné six ailes, pour signifier la hauteur de leurs pensées, leur en donne « deux pour les mettre devant votre face : deux pour les mettre devant vos pieds^. » Tout est également grand en votre nature et ce qu'on appelle la face et ce qu'on appelle les pieds, il n'y a rien en vous qui ne soit incompréhensible. Les esprits les plus épurés ne peuvent soutenir la splendeur de votre visage : s'il y a quelque endroit en vous par où vous sembhez vous rapprocher d'eux davantage, et qu'on puisse par cette raison appeler vos pieds, ils le couvrent encore de leurs ailes et n'osent le regarder. De six ailes, ils en emploient quatre à se cacher à eux-mêmes votre impénétrable et inaccessible lumière, et adorer l'incompréhensibilité de votre être : et il ne leur reste que « deux ailes pour voltiger*, si on l'ose dire, autour de vous, sans pouvoir jamais entrer dans vos profondeurs, ni sonder cet abîme immense de perfection, devant lequel ils battent à peine des ailes tremblantes et ne peuvent presque se soutenir devant vous.
0 Dieu, je vous adore avec eux; et n'osant mêler mes lèvres
1 Psal. cxxxvii, 1. — 2 jfjïd., xc, 11; cm, 4; Matth., xviii, 10; I ThessaL, iv, IG ;Ephes., i, 21; Coloss.^ i, 16; /sa., vi, 2; xxxvii, 16. — 3 Ibid.y VI, 2. — * Ibid.
impures avec ces bouches immortelles qui font retentir vos louanges dans tout le ciel, j'attends qu'un de ces célestes esprits me vienne toucher du feu des charbons qui brûlent devant votre autel. Quelle grandeur me monlrez-vous dans ces esprits purifiants, et vous me montrez cependant que ces esprits qui me purifient, sont si petits devant vous I