‹ Elévations sur les mystèresChapitre 45 sur 229 · POUR LES NOMMER · texte numérisé non relu

POUR LES NOMMER

Après avoir formé l'homme, Dieu commence à lui faire sentir ce qu'il est dans le monde par deux mémorables circonstances : l'une en lui plantant de sa propre main un jardin délicieux qu'on appelle paradis, où il avait ramassé toutes les beautés de la nature pour servir au plaisir de l'homme, et par là l'élever à Dieu qui le comblait de tant de biens; l'autre en lui amenant tous les animaux comme à celui qui en était le maître, afin de lui faire voir que non seulement toutes les plantes et tous les fruits delà terre étaient à lui, mais encore tous les animaux qui par la nature de leurs mouvements semblaient moins sujets à son empire.

Pour le paradis, Dieu ordonna deux choses à l'homme : l'une « de le cultiver, » et l'autre « de le garder : « c'est-à-dire d'en conserver la beauté ; ce qui revient encore à la culture. Car au reste il n'y avait pas d'ennemi qui pût envahir ce lieu tranquille et saint : Ut operaretur, et custodiret illum *. Dieu apprenait à l'homme, par cette figure, à se garder soi-même et à garder à la fois la place qu'il avait dans le paradis. Pour la culture, ce n'était pas cette culture laborieuse qui a été la peine de notre péché, lorsqu'il a fallu comme arracher dans la sueur de notre front, du sein de la terre, le fruit nécessaire à la conservation de notre vie : la culture donnée à l'homme pour son exercice était cette culture comme curieuse, qui fait cultiver les fruits et les fleurs,

* Gènes,, ii, 15

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