‹ Élie de Saint Gille: chanson de gesteChapitre 40 sur 55 · I. A Acmer. — 2, A Terri. — 3. ^ Gifmer. — 4. ^ Aeltri · texte numérisé non relu

I. A Acmer. — 2, A Terri. — 3. ^ Gifmer. — 4. ^ Aeltri

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de VOUS ; vous êtes des frères de sang, des compagnons d^armes et des camarades. •

Cependant Élie chevaucha seul son chemin, jusqu^à midi, triste et courroucé, et il parla ainsi : « Dieu tout puissant, » dit«il, f regarde-moi, comme seul, pauvre et sans argent, j^abandonne mon pays et ma £a« mille ! Toi, Seigneur, qui ne mentis jamais, père et seigneur de toutes créatures, aie pitié de mon infortune, car je n^ai même pas un écuyer pour me servir. Et main* tenant il me faut supporter peines et travaux, jusqu^à ce que ta grâce me console, comme tu en as décidé pour moi avant ma naissance ! » Quand il eut parlé ainsi, il regarda devant lui sur le chemin, et aperçut, couché à Tombre dMn arbre qui était au bord de la route, un homme dont le corps était percé de trois lances, et il avait au visage une blessure si terrible, qu^on pouvait voir sa cervelle à travers ses sourcils '. Il était étendu sur le visage, et demandait grâce à Dieu, et se frappait la poitrine, car il craignait la mort. Lorsqu'Elie Peut aperçu, il s^appro* cha de lui et lui dit amicalement : « Qui es-tu, chevalier? Dieu te prenne en grâce ! dis^moi, qui est celui qui t'a ainsi blessé et honni ? Je te vengerai certainement, de sorte qu'il n'en peut cire doute, j» Quand le chevalier Tentendit, il répondit en quelques mots^: c Ami, sire chevalier, es-tu prêtre ou clerc, que je puisse me confesser et dire mes péchés? Les gens qui m'ont ainsi traité sont tels^ que s'ils venaient maintenant, ils t'auraient bientôt renversé et honni ^. Mais tu m'as ad juré par le Dieu qui m'a créé, et je veux donc que tu le saches: je suis le fils d'Amauri 4, le valeureux et courageux comte; je suis né à Poitiers ^ ; sire Julien, le duc du pays de Saint-Gilles, est mon proche parent; et maintenant mon

I . C ^ sa brogne ; D sa ventaille.— a. D ajoute : Comment feralsje pour te le raconter? — 3. C bientôt tué et mis a honte.— 4. A Almaren.— 5. A Petersborg.

LA SAGA d'ÉLIE I03

père est de sa suite et préside à ses plaids. Moi, fêtais en France, au service du roi Louis >, quand il fut couronné à Pabbaye de Saint-Denis : il y eut alors grand tournoi de chevaliers montés sur de bons chevaux arabes. Comme nous étions là en joie et en réjouissance, arriva un messager, et il annonça la nouvelle que les païens, avec une armée puissante, étaient arrivés dans le pays. Aussitôt nous fîmes grande hâte, et n^attendîmes aucun secours, mais nous traversâmes sur-le-champ, avec l'armée que nous avions, l'Anjou et le Berri *, et rencontrâmes les païens auprès de la Bretagne; et cette première affaire fut une grande victoire pour nous. La seconde fois, nous leur tuâmes bien mille hommes ^; la troisième fois, comme ils étaient déjà vaincus,presque tous tués, blessés et prisonniers, survint un renfort de quinze mille païens, et ils nous poursuivirent jusqu'à Angers, firent prisonniers Guillaume et Bertran, son parent, Bernard et Ernaud ^ le beau. Ils ont conquis toutes les villes du rivage, et ni jour ni nuit ne cessent d'avancer. Ils comptent prendre et gagner Montpellier ^ et la ville de Saint-Gilles. Le roi m'a parlé et m'a prié de porter ces nouvelles à sire Julien®, son parent. Mais quand j'eus pris congé du roi, les païens aussitôt m'aperçurent, me barrèrent le chemin et me percèrent de quatre blessures, trois au corps et une au visage. Et maintenant je te donne le conseil de te garder 7, car pour moi, ils m'ont tué. » Quand Élie l'entendit, il rit de ses paroles et dit : « C'est un chagrin, pour moi, chevalier, que tu sois mon proche parent; mais, par l'apôtre ^ que vont implorer les pèlerins, je veux, pour l'amour de toi, te venger 4e ces païens; avant ce soir, je pense, je veux de

j, C B D j'étais sous les ordres et au service du roi Louis. — 2. A An^ueo et Berti. — 3.3 D chevaliers, — 4. il Aernald. —

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