‹ Élie de Saint Gille; chanson de gesteChapitre 50 sur 72 · M I A SA' LU · texte numérisé non relu

M I A SA' LU

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quement vOtu. Celait Igir en fou CI en téméraire que de

■Yenturer ainti seul et imprudemment contre une grande quantité de païens.

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gisant. Il ■ traversa des forétl et des pli .-ndant Û

longtemps Les païens avancent aussi rapidement que possible avec Leur grande ai mée. Macabre était leurchc Jossé 3 commandait en second. « Seigneurs, i dit Maca; « par ma barbe blanche, Mahomet nous a déjà heureusement aidés, en nous faisant mettre les chrétiens en fuite au milieu même de leur pays et en nous faisant conquérir de grandes richesses. Nous sommes fous si nous négligeons de surveiller nos prises. Nous avons ici en notre pouvoir le duc Guillaume d'Orange et le chevalier Bertran, son parent, un guerrier renommé. Faisons une'chosc qui me vient à l'esprit : envoyons ces gens vers le bord d^ mer et montons sur nos vaisseaux; si les chrétiens s'arment et veulent combattre contre nous, nous sommes mieux gardés sur les vaisseaux que sur terre. » Alors le méchant Malpriant dit : « C'est là pour nous le conseil le plus' raisonnable et le plus convenable : faisons donc ainsi, il est toujours bon de prendre soin de sa sûreté » Ils appelèrent alors Malchabarié et Rodoant ■ de Calabre, Corsaut de Tabarie etGranduse 5d'Orcle, Salatréle faux et Malpriant le perfide 6. Malpriant était le dixième. Dieu fasse honte à sa barbe blanche " ! Ils amenèrent les comtes dans la prairie, les attachèrent et les firent monter sur les mulets, pieds et mains liés, car ils craignaient qu'ils ne'pussent leur échapper, et ils s'éloignèrent alors avec eux de l'armée et marchèrent vers la mer; cinq d'en-

i.CBDÉUc— a. L B D Élie.— ?. .Uosi. — 4.A Rodeant — b. A Grandira. — 6. Cette èmmèratum est fautive ; cf. l'Invod., \ \ \ 7. C B D longue barbe.

tre eux allaient en avant avec les prisonniers pour veiller sur eux. Voilà qu'ils rencontrent Llie, au sortir de la forêt, et il est à croire qu'il rompra sa lance avant de partir. Que Dieu qui a tout en sa garde dans sa miséricorde, le protège ici et partout!

Les cinq princes chevauchent devant les prisonniers; et ils ont lié les chevaliers placés sur les mulets. Guillaume d'Orange soupirait souvent de douleur et d'affliction; il appela Bertran, son parent, et ses autres compagnons : « Amis honorés, » dit il, « vaillants chevaliers, c'est grande pitié pour nous d'être embarqués sur ces vaisseaux et d'aller sur mer avec ces gens maudits : jamais plus nous ne pouvons espérer d'être secourus par aucun homme vivant. Guibourc !, » dit-il, « courtoise dame, je vais bien nVéloigner de toi! Je ne sais plus que dire maintenant; Dieu tout-puissant, je te demande de prendre à jamais nos dmes en grâce ! » « Méchant vaurien, » dit Rodoant, « ces paroles nous déplaisent, que tu appelles à ton aide ta loi et tes faux dieux ! Pour l'amourdc t^n dieu, auquel tu crois, tu vas recevoir de moi un coup dur et pesant ! » Et il leva un gros bâton, et le frappa si fort sur la tête que le sang jaillit partout sur lui. Quand Bernard vit comment il traitait Guillaume, son parent, il hocha la tête et mordit sa barbe : « Vilain chien, » dit-il, « c'est grande pitié que nous soyons enchaînés, et que tu nous frappes! Puisse Dieu m'accorder d'assister à ta honte ! » Comme le païen s'apprêtait 2 à frapper une seconde fois, ils virent derrière une vigne s'avancer Elie, revêtu d'un bon, solide et élégant équipement. Le méchant Rodoant lui parla le premier: « Quelle espèce de chevalier es-tu, » dit-il, « toi qui chevauches ainsi seul ? Tu es un oison et un butor, si tu oses te mesurer à moi ! Je te prendrai ton cheval rapide, ta brogne et ton heaume doré, ton écu, ton épéc

i. A Gibuers. — i. C B D à lui donner un second coup.

»rtcs irec toi. »• Ami,» dit hlie. ■ tu

as parle comme lin entant. Avant de me prendre mon

i, l.i brogae, le heaume et l'cpée, tu éprouve

si grand |ue jan ce tu n'en

(apporté aussi grand. »

(VIII) a Ami, i dit Klic, i tu m'as demandé quelle est ma famille et quel homme je As-tu vu, > dit il, « ce

rand pare près de la p: ai rie ou vous êtes ; Je suis le lils d'un | :e territoire; mon père

est riche en terres et en argent, et il m'a acheté aujourd'hui un équipement de chevalier et m'a donné des armes, et je suis venu jusqu'ici pour m'amuser et essaver mon cheval. Je sais maintenant, par une preuve réelle, que mon cheval est très rapide et que tout homme vivant, désireux de combattre et de se mesurer à d'aut: fût-il le plus noble et le plus brave de tous, trouvera toujours en moi son homme. Je veux savoir de vous, puisque vous êtes armés, où vous avez tait prisonniers que vous traînez derrière vous, à leur M grande honte. Sont-ce des marchands, ou des bourgeois ou des paysans '? » « Non, » dit ce méchant chien 2, t ce sont des vassaux de naissance. L'un d'eux est Guillaume d'Orange : un autre Bertran, le fils de sa sœur, vaillant guerrier et chevalier. Bernard et Ernaud 3. » Quand Elie entendit ces paroles, du plus profond de son cœur il soupira de douleur : oc Que dis-tu, » dit-il, « diable incarné? Est-ce vrai que c'est là sire Guillaume et Bertran, son neveu, Bernard et Ernaud ; . leur compagnon? Chien maudit, c'est bien imprudent à toi d'avoir mis la main sur eux, car, je le jure par la sainte foi que je porte à Dieu, tu auras payé cher tout cela quand nous nous séparerons. » Aussitôt Elie éperonna son cheval rapide, et, quand ils se rencontrèrent, il

i. A rois; omis dans D. — 2. B Rodeanl ; C Rodoant. — 3. ABC omettent ces deux noms. — 4. A Bernald et Arnala.

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